Des trous dans la tête!

Un film de Guy Maddin

Des trous dans la tête!

Un film de Guy Maddin

Canada, États-Unis - 2006 - 97 min

Guy Maddin passe sa jeunesse en compagnie de sa sœur adolescente, sur l’île mystérieuse dont il héritera un jour. Ils partagent cet endroit avec une horde d’orphelins vivant en communauté dans le phare, qui fait office d’orphelinat. Chacun de leur geste est rigoureusement surveillé par la mère dominatrice et tyrannique de Guy, depuis le sommet du phare, pendant que son père, un scientifique et inventeur, travaille de jour comme de nuit dans le plus grand secret, au sous-sol.
Lorsque de nouveaux parents adoptifs découvrent d’étranges blessures sur la tête de leurs enfants, les jeunes détectives Wendy et Chance Hale – frères et sœurs plus connus sous le nom des « Enfants Lumière » - se rendent sur l’île de Guy pour y mener leur enquête. Guy est en émoi devant Wendy, un premier béguin qui affole ses hormones, alors que sa sœur a le pourpre aux joues, transie d’amour pour Chance, un amour qui ne doit en aucun cas être révélé à Mère.
L’enquête progresse alors que les enfants s’engouffrent dans les ténèbres de la divulgation et de la répression, jusqu’à ce que la situation devienne dangereusement incontrôlable à mesure que les terribles secrets de la famille de Guy sont peu à peu dévoilés…

Avec :
Erik Steffen Maaha , Gretchen Krich , Sullivan Brown , Maya Lawson et Katherine E.Scharhon

Sorti le 24 septembre 2008

À propos des Trous dans la tête!

Guy au pays des merveilles


Plonger en apnée dans la matière inflammable de la pellicule, les yeux grand ouverts, Etre submergé par des flots de lumière, Et puis flotter, flotter encore, se laisser ensorceler par vagues successives, à l'image des chapitres du film, dans l'univers personnel mais référencé du cinéma de Guy Maddin. Depuis un phare cabine de toutes les projections, sur l'île peuplée des fantômes des cinéastes du cinéma muet, j'ai pris la barque de L'Aurore de Murnau, exploré le laboratoire de Frankenstein, adoré le visage de Lillian Gish et avancé dans l'histoire du cinéma avec la voix d'Isabella Rossellini prise dans le ressac des résurgences du passé du cinéaste. J'ai aimé ce retour vers l'enfance où la mémoire réinvente l'autobiographie dans les strates géologiques d'un cinéma des origines. J'ai aimé les réminiscences d'un monde englouti où les orphelins de La Nuit du chasseur cherchent les traces du génie des cinéastes des années 20. J'ai aimé le rythme soutenu d'une caméra enchaînée aux neurones de Guy Maddin, virevoltant dans l'espace de nos chambres noires. J'ai aimé le temps du film, qui déroule, dans la fragmentation de son histoire, un palimpseste où des bulles lumineuses viennent éclore à la surface de l'écran, avec le merveilleux des lanternes magiques. J'ai aimé cette voix-off qui se colle et se décolle de l'image, superposant une logique narrative au surréalisme d'un gant déshabilleur qui retourne forme et fond pour les saisir dans les traits contrastés des gravures sur bois. Quand j'ai quitté ce pays des merveilles avec émotion, regardant s'éloigner, avec les yeux greffés de l'enfant Maddin, les rives nocturnes de la mer cinématographe, j'ai compris qu'avec ce cinéaste, artiste funambule plus que somnambule, le cinéma avait encore un horizon.

Daisy Lamothe

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