LEAVING AMERIKA

Un film de Marie-Pierre Brêtas

LEAVING AMERIKA

Un film de Marie-Pierre Brêtas

France - 2024 - 117 min

Un matin, mon ami Derrick m’appelle depuis Miami : il m’annonce qu’il veut quitter les États-Unis. Il vient de laisser son appartement et dort dans sa voiture. A presque 50 ans, il est épuisé de se débattre dans le labyrinthe ultralibéral et raciste des États-Unis. Il a décidé de quitter son pays. Avant, il veut solder les démons de son passé. Dans une Amérique au bord du gouffre, nous entreprenons ensemble un voyage vers ces lieux qui ghettoïsent, vers les violences qu'il s'était juré d'esquiver - les siennes comme celles affrontées - mais aussi vers des territoires de solidarité , de souci de l'autre. En bref, vers des espaces où l'on se confronte à ce que veut dire grandir et se construire en tant qu'homme noir avec et malgré les entraves d'un système pensé pour écraser.

SORTIE NATIONALE

28 octobre 2026

Sortie à venir

À PROPOS DE LEAVING AMERIKA

LIVING CINEMA

La route de Leaving Amerika est bordée des stigmates d'une Amérique qui marque la vie de son personnage, Derrick. « Lui un noir », loin du cinéma de Jean Rouch, mais près d'une Amérique blanche et à l'affût de son moindre faux pas. Le film de Marie-Pierre Brêtas partage et témoigne d'un cheminement ; du parking de ce supermarché où il dort dans sa voiture à cette rue où une partie de sa vie a basculée. 


La beauté du film réside dans la convocation des fragments de cette vie brisée puis, reconstruite. Leaving Amerika est un film en mouvement dont la figure tutélaire est le travelling. Non sans évoquer le mythique  Route One/USA de Robert Kramer, Derrick et Marie-Pierre revisitent la famille, les ami.es… La route file, les souvenirs et les rencontres affluent, les récits se déploient jusqu'à l'ouverture de cartons d'affaires sauvées et abîmées dans ce garde-meuble symptôme d'une vie fragmentée.


La force du récit vient enfin dans la finalité du voyage. Derrick éloigne la menace de cette Amérique et trouve son petit coin, « un endroit cool, tranquille à l'écart de la rue », à Cuba. Magnifique mouvement à rebours de cette terre natale et destructrice, dans un pays à ce jour et à son tour en partie asphyxié par la Great America. Le film fait apparaitre un destin sauvé par l'espoir et la force de l'amitié, et ouvre la route d'un partage magnifié par le talent du cinéma de son autrice.

Philippe Petit

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Cinéaste


Paroles de cinéastes

À propos de Leaving Amerika

Une histoire d'amitié, un geste d'amour à fleur de peau


Marie-Pierre Brêtas et Derrick Johnson se sont rencontrés par hasard sur une plage de New York il y a plus de trente ans. Aujourd'hui, elle prend la route à ses côtés et construit, à partir de ce voyage, un récit.


Le geste de cinéma tient dans cette décision : accompagner son ami, partager avec lui un bout de vie, dans l'idée d'envisager un futur désirable. Le déplacement devient le dispositif du film — de Miami à New York, Johnson City, Ithaca, puis La Havane, chaque étape ravivant un épisode du passé. Marie-Pierre dialogue, relance, écoute : chaque lieu noue davantage la mémoire, l'amitié et la recherche d'un vivre mieux. Filmer un ami, c'est accepter que la caméra soit prise dans la relation, et laisser peu à peu remonter le récit de cette amitié dans la construction commune d'un regard sur le monde.


S'y dessine autant le portrait de Derrick que celui de leur lien, traversé par les violents éclats d'une société fracturée et raciste. Ce qui se joue dans ce beau film, c'est la recherche d'un sens et d'un apaisement ; la destination du voyage n'est pas vraiment une promesse, seulement l'endroit où quelque chose peut recommencer.

Pierre-Alexandre Nicaise

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Le Cratère, Toulouse


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