Nuits blanches sur la jetée

Un film de Paul Vecchiali

Nuits blanches sur la jetée

Un film de Paul Vecchiali

France - 2014 - 94 min

Un noctambule se promène chaque nuit sur la jetée du port où il passe une année sabbatique. Il rencontre là une jeune femme qui attend l'homme de sa vie. Quatre nuits, tant réelles que fantasmées, passées avec elle à discourir sur la vie, vont révéler l'amour que cet homme a pour cette femme.

Avec :
Astrid Adverbe , Geneviève Montaigu et Pascal Cervo

Sorti le 28 janvier 2015

Sortie au cinéma - UN SOUPÇON D'AMOUR

UN SOUPÇON D'AMOUR, nouveau film de Paul Vecchiali, sort aujourd'hui au cinéma chez Epicentre Films.


Les cinéastes de l'ACID avaient soutenu en 2014 NUITS BLANCHES SUR LA JETÉE.


SYNOPSIS

Geneviève Garland, une célèbre comédienne, répète « Andromaque » de Racine, avec pour partenaire, son mari André. Elle ressent un malaise profond à interpréter ce personnage et cède son rôle à son amie Isabelle qui est aussi la maîtresse de son époux. Geneviève s'en va avec son fils malade dans son village natal. Elle semble fuir certaines réalités difficiles à admettre.


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Paul Vecchiali


Actualité

À propos de Nuits Blanches sur la jetée

Il est sidérant de voir un cinéaste aussi important et injustement méconnu en France, depuis dix ans, où aucun de ses nouveaux films n'est sorti, trouver une nouvelle première fois à plus de quatre-vingt ans en filmant pour la première fois deux jeunes gens seuls (ou presque) dans tous les plans, avec une unité de temps et de lieu (presque) parfaite. Le "presque" n'est pas émollient, mais témoigne au contraire d'un combat interne : lui, le grand cinéaste du plan-séquence collectif, le seul héritier français de Zurlini, trouve ici comment tendre la mise en scène jusqu'à la pureté et, en même temps, comment prendre tous les risques jusqu'à l'impureté : simplicité ultra-binaire des principes d'un côté (éclairage et netteté: on éclaire qui ?, on floute qui ? – réponse : jamais les deux à la fois), hétérogénéité et élan débridés de l'autre (danse, ruptures des plans de jour, qui cassent tout le système des nuits, mélange dans les dialogues des Nuits blanches et du Sous-Sol, choix des premières prises et des improvisations pour répondre aux accidents sonores du direct). Mais cette lutte interne à la mise en scène ne pourrait passer la rampe sans les deux personnages/acteurs, qui luttent chacun contre l'autre : la théâtralité radieuse et claire de Natacha/Astrid Adverbe lutte contre le mystère sombre et sale de Fédor/Pascal Cervo. Ainsi toutes les luttes du film reconduisent, chacune à leur manière, la lutte de la mise en scène contre elle-même, la lutte de la pureté contre l'impureté. Mais, dernier tour d'écrou, les lignes de force de cette lutte bougent peu à peu. En particulier avec l'histoire de la grand-mère aveugle et de l'opéra de Bizet. Ce n'était donc pas une première fois ? Ils se connaissaient déjà ? C'est lui qui la manipule ou c'est elle qui le manipule ? Qui est pur, qui est impur ? Le spectateur ne sait plus. A son tour de lutter contre ce qu'il entend et voit. D'où un tel bouleversement à la fin, quand il est obligé de rendre brutalement les armes, comprenant d'un coup (de téléphone) que le héros est abandonné pour toujours à sa solitude, et même à sa honte, alors que le film, contrairement à la nouvelle de Dostoïevsky, a laissé espérer crescendo le contraire. Couperet du style et abandon des sentiments : l'équation de Femmes Femmes, de Corps à Cœur, de Once More, etc., on la connaît. Mais pas comme ça. Tout Vecchiali dans une nouvelle première fois ? Oui. La nuit s'en va. Première aube d'un film nocturne. Pascal Cervo est seul sur la jetée. Il se retourne. C'est fini. 

Serge Bozon

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Cinéaste


Paroles de cinéastes

À propos de Nuits blanches sur la jetée

Que furent rares les occasions, ces dernières années (dix, vingt, plus encore ?), de détacher de cette masse vombrissante jusqu'à l'inaudible, que l'on nomme encore cinéma, les quelques films qui nous rappellent comment nos vies ont basculé au détour d'une projection. Le spectacle cinématographique s'est majoritairement paré d'œuvres bien faîtes, aux rondeurs bourgeoises, telles que l'entendait Molière. Entendez des films malins, prompts à polir l'image de formes familières. Nous n'avions pas compris que le cinéma, c'était cela, lorsque nous découvrions Pialat, Rozier, Eustache ou Faraldo, et plus largement Pasolini, Lubitsch, Ray ou Mizoguchi. Tout bonnement parce que le cinéma, ce n'était pas cela. Et nous parvient aujourd'hui Nuits blanches sur la jetée. Et le cinéma redevient gravé dans nos esprits comme un beau rêve qu'on se rappelle longtemps après le réveil (pour reprendre Dostoïevski). Paul Vecchiali a marqué nos vies de cinéphiles, puis celle de passeurs. Nous parlions la même langue, car il n'existe que des langues, comme paradigmatique préalable. Des langues que nous avons parlées, et qui se sont (presque) éteintes, disons pour le plus grand nombre. Or pour celui qui montre les films, comme on montre la lune, cette nouvelle œuvre de Paul Vecchiali, qui en contient tant d'autres en son sein, reconstruit ce champ de l'espace partagé. Projeter dans sa salle Nuits blanches sur la jetée, c'est ainsi redonner sens aux choses, aux actes, à l'idée que nous nous faisions, précisément, de l'image en mouvement. C'est retrouver ce compagnon de randonnée au détour d'un sentier. Les lignes de fuite et les pierres d'achoppements des personnages y sont chorégraphiées avec tant d'intelligence, leur monde intérieur balancés aux quatre vents de la jetée, comme acte dansé, à l'image de ce que souligne Fédor : le monde n'est qu'un rêve vécu de l'intérieur. La musique du duo Catherine Vincent est ainsi le point d'orgue d'une partition subtile où le rythme des dialogues alors rebâtis, du jeu des deux acteurs principaux, du montage, de l'éclairage, parvient à nous plonger dans l'élégant temps d'aimer.

Emmanuel Vigne

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programmateur


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