Quelle folie

Un film de Diego Governatori

Quelle folie

Un film de Diego Governatori

France - 2018 - 88 min

Aurélien est charmant, mais il est tourmenté. Aurélien est volubile, mais il est solitaire. Aurélien se sent inadapté, mais il a tout compris. Aurélien est autiste. Filmé, il a délié sa parole, libérant un chant d’une intensité prodigieuse, un miroir tendu vers nous.

SORTIE NATIONALE

09 octobre 2019

Sortie à venir

A propos de Quelle Folie

Entrer dans le film c'est tout de suite être pris dans la parole d'Aurélien, d'emblée spectaculaire et saisissante, par laquelle il essaye de formuler son angoisse et ses difficultés à être parmi les autres. Cette parole passionnante est un monde, et dans son effort à donner une forme à l'informe, c'est tout son corps qui semble entrer en tension, secoué, saccadé, toujours en mouvement, comme en cage, et qui vient rythmer et appuyer un monologue fascinant. Ses développements à la fois fous et limpides sont traversés par une nervosité, des grognements, des sursauts, dans une sorte de crise à la fois permise et contenue par la mise en scène de Diego Governatori. Très concentré sur son protagoniste, le film travaille lui aussi à construire une forme à partir du chaos, à rendre sensible et à organiser le tumulte dans un double geste d'accompagnement et d'affrontement.

Et c'est toute la beauté de Quelle Folie que de réussir à faire naître un regard doux et amical tout en faisant exister la confrontation et la violence. Ainsi accueillie, la parole d'Aurélien peut grandir, dépasser les empêchements, et se déployer dans un mouvement de la pensée quasi lyrique. La question de la folie devient alors secondaire, vite dépassée par la force du rythme, des enchaînements d'idées et des mouvements du corps.

Plus tard dans le film, lorsqu'il faut finalement sortir de la parole pour aller au contact des autres, au milieu des hommes qui paraissent eux-mêmes pris de folie, Diego Governatori prend le parti de son protagoniste et fait délirer sa mise en scène, non pas dans la redondance du personnage mais comme en parallèle, en soutien. Alors le film entre dans une démesure, un trop loin surprenant qui embrasse la colère et le débordement, et nous fait désirer l'explosion avant la possibilité d'un apaisement.

Julien Meunier

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