À propos de Rives

Damien
Manivel

Cinéaste

Chiara
Malta

Cinéaste

Rives est un film de science-fiction. Un film qui fait peur. Et pourtant rien n'éclate, nous ne sommes pas dans un monde différent du nôtre, il n'y a pas vraiment de risque : d'où vient alors cette menace qui pèse constamment sur les images ? Pourquoi se sent-on si étranger face au connu ? Raymond Carver, en parlant de l'écriture, disait qu'il trouvait toujours bon qu'un sentiment de menace, même léger, soit présent dans une fiction. Cela permet de mettre à distance son objet, de le faire craindre, de le faire connaître différemment. Autrement dit : la perception des choses, leur connaissance, est une histoire de perspective. Rives bouleverse nos perspectives sur la ville et ses moments mécaniques et ordinaires. On y voit trois trajets humains au sein d'une journée comme une autre. Et cela devient extra-ordinaire. C'est une pure affaire de regard, une expérience essentiellement cinématographique. Deux adultes et un enfant, seuls, traversent Paris du matin au soir. Ils ne se croisent pas, ils ne se connaissent pas. Ce sont des étrangers : étrangers les uns aux autres, étrangers à l'espace inconfortable et dangereux, étrangers au temps lorsqu'ils s'absentent ou s'extraient du rythme contraignant de la ville. C'est ainsi que Rives bouleverse tous repères et coordonnées existentielles. Le sentiment de familiarité et d'appartenance est réinterrogé ; on ne reconnaît plus les espaces, on doute du temps. C'est là que se situe sa menace. Dans le film, chaque instant devient alors crucial : un pas de plus dans la vie, un pas de plus vers la mort.

Damien Manivel

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Cinéaste


Chiara Malta

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Cinéaste


Publié le lundi 11 septembre 2017
Mis à jour le lundi 13 novembre 2017

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Rives

Un film de Armel Hostiou

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