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La Duchesse de Varsovie

Un film de Joseph Morder

La Duchesse de Varsovie

Un film de Joseph Morder

France - 2014 - 86 min

Valentin est un jeune peintre qui vit dans le monde imaginaire de ses tableaux.

Lorsqu’il retrouve sa grand-mère Nina, une émigrée juive polonaise dont il se sent très proche, il lui confie son manque d’inspiration et sa solitude.

Au fil de ces quelques jours passés ensemble dans un Paris rêvé, Valentin exprime de plus en plus le besoin de connaître le passé que Nina a toujours cherché à dissimuler...

Avec :
Alexandra Stewart et Andy Gillet

Sorti le 25 février 2015

Sortie non communiquée

À propos de La Duchesse de Varsovie

Dans un Paris fait de toiles peintes, Valentin un jeune peintre en manque d'inspiration retrouve sa grand-mère Nina. Ces retrouvailles sont pour ces deux complices, l'occasion de promenades prétextes à confidences feutrées. Pourtant Nina garde toujours en elle un secret. Le secret de la duchesse de Varsovie. Secret qu'elle finira par dévoiler au cours de sa dernière longue nuit parisienne. C'est une histoire que finalement Valentin connaissait, comme nous la connaissons. Mais il fallait pour elle la formuler et pour nous tous une fois de plus l'entendre. Cette terrifiante litanie, mille fois ressassée, va obscurcir les décors en trompe-l'oeil, bousculer les figurants de papier mâché et replonger pleinement Valentin dans la vraie vie et dans sa vocation d'artiste.

Ébouriffé et simpliste, chaleureux et glacé ce film ovni est la somme de toute l'œuvre d'un cinéaste atypique, trop méconnu : Joseph Morder. On y retrouve intact son goût pour le romanesque hollywoodien, son talent de conteur de sagas traversant frontières et générations, son sens de l'image entre kitch baroque et classicisme empesé et bien sûr et surtout son immense amour du cinéma. En effet ses clins d'œil au 7ème art sont multiples. Georges Méliès, Douglas Sirk, Jacques Demy ou Vincente Minelli ne sont jamais bien loin. Point culminant de ces références une projection, à effet miroir, d'un film muet dont les deux actrices sont les seules réelles partenaires de Nina/Alexandra Stewart et Valentin/Andy Gilet. Autant de grands écarts cinématographiques qui loin de déstabiliser son film lui donnent paradoxalement un souffle calme et tranquille entre rêve et poésie. Un souffle qui permet à La duchesse de Varsovie de prendre son envol vers d'autres sagas romanesques en laissant derrière elle son lourd et déchirant secret, un petit fils réconcilié avec la vie et des spectateurs sous le charme d'un cinéma redécouvert !

Claude Duty

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Cinéaste


Paroles de cinéastes

À propos de La Duchesse de Varsovie

À la question de savoir quelle est la juste distance pour dire la guerre, l'horreur, la Shoah, les cinéastes ont tenté de répondre de multiples manières : de la rigueur des entretiens au long cours de Claude Lanzmann au rire de Chaplin ou Benigni, en passant par l'animation d'Ari Folmann. Joseph Morder a choisi les toiles peintes et les protagonistes de carton-pâte.  

Dès la première séquence, voici le spectateur transporté dans un Paris enchanté, irréel. Deux êtres de chair badinent, sourient, et s'ils sont mélancoliques, c'est sur un arrière-fond coloré et une bande son joyeusement citadine. Le monde réel existe si peu que le spectateur se sent hors du temps, hors du quotidien.  

Lorsque apparaît le cahier sur la table, vrai cahier des Mémoires de la mère de Joseph Morder, il se charge de tout le poids de la réalité. L'horreur existe, elle peut même être racontée par une survivante. La dignité magnifique d'Alexandra Stewart emplit alors tout l'écran. Plus besoin de décors, d'illusions poétiques, la parole seule suffit. Le film est là, déjà terminé, quand commence pour le spectateur la sensation qu'il n'en aura jamais fini de cette indicible parole. 

Buny Gallorini

 - 

Programmatrice


ABC Toulouse
Paroles de programmateurs

Joseph Morder: «La Duchesse de Varsovie, c’est aussi un hommage aux origines du cinématographe»

Présenté en avant-première le 24 février, «La Duchesse de Varsovie» est un des films les plus ambitieux de Joseph Morder.



D’origine polonaise, né dans les Antilles en 1949, Joseph Morder est un cinéaste français très prolifique avec pas moins de 1000 films à son actif. Depuis plus de 40 ans, il construit son journal filmé en super-8 et est également l’un des premiers à avoir réalisé un film entièrement tourné avec un téléphone portable (J’aimerais partager le printemps avec vous, 2007).

Pour son dernier film, La Duchesse de Varsovie, il retrouve une actrice icône de la Nouvelle Vague, Alexandra Stewart (qu’il avait fait jouer dans El Cantor en 2005), grand-mère qui porte un lourd secret et Andy Gillet qui a déjà tourné avec Eric Rohmer ( Les Amours d’Astrée et de Céladon) et Zabou Breitman (L’Homme de sa vie).

L’originalité de La Duchesse de Varsovie, et sa poésie, résident dans l’utilisation de décors entièrement peints (par Juliette Schwartz), d’immenses toiles d’un Paris fantasmé, tel que Joseph Morder, adolescent, le découvrait dans les comédies musicales de Vincente Minnelli (Un Américain à Paris, Gigi).

Dans l’interview qu’il a accordée à Yagg, Joseph Morder explique les origines de ce projet, né de son histoire personnelle et de son amour du cinéma.

[«La Duchesse de Varsovie»: interview de Joseph Morder->http://www.dailymotion.com/video/x2hoihi_la-duchesse-de-varsovie-interview-de-joseph-morder-par-yagg_shortfilms?syndication=112212]


Christophe Martet - YAGG


21/02/2015



Critique : La Duchesse de Varsovie

Seul et sans inspiration, un jeune peintre retrouve sa grand-mère, une émigrée juive polonaise dont il aimerait mieux connaître le passé. Mais cette dernière résiste, comme si le ghetto de Varsovie s'était effacé de sa mémoire. Hanté par la déportation, mais aussi par les comédies musicales hollywoodiennes, Joseph Morder réalise ici une œuvre aussi singulière que surprenante et contrastée, avec seulement deux acteurs que l'on voit évoluer dans un Paris rêvé, fait de carton-pâte et de dessins bariolés. Cet univers irréel, tressé à des conversations titillant les caprices de la mémoire, finit par nous emporter dans les replis d'une histoire bien réelle, et gagne en émotion jusqu'à la séquence finale, bouleversante.

Alexis Campion - LE JOURNAL DU DIMANCHE


22/02/2015

Le Casting du mois

JULIETTE SCHWARTZ


Peintre des décors de La Duchesse de Varsovie



Le vétéran Joseph Morder est hyperactif mais méconnu du grand public. Ce coup-ci, il recrée un Paris Suranné, jouant avec des décors peints qui vont jusqu'à donner l'illusion du mouvement de l'eau des fontaines ou d'un soleil couchant. Une prouesse que Minnelli n'aurait pas reniée.

SO FILM


Février 2015

Critique : La Duchesse de Varsovie

Dans le registre de la stylisation poussée à son paroxysme, ce film rejoint les chefs-d’œuvre d'artifice

que sont Coup de coeur, de Coppola, Smoking/ No Smoking, de Resnais ou Dogville, de von Trier. Ici, ce sont les retrouvailles entre une grand-mère au passé douloureux et son petit-fils en plein spleen existentiel que Morder met en scène dans des décors entièrement peints et qu'il transcende grâce à une réalisation qui tutoie la splendeur...

Bernard Achour - PREMIERE


Février 2015

La Duchesse de Varsovie : équation à deux inconnus

Dans le long métrage de Joseph Morder, un jeune peintre dépressif cherche à connaître l'histoire de sa grand-mère juive polonaise rescapée des camps. Un film original qui sait mettre l'émotion à distance.





Joseph Morder

est un cinéaste vraiment atypique. Il est rare qu'il signe un long métrage de fiction au format habituel des sorties en salle, comme La Duchesse de Varsovie. Mais il réalise de nombreux courts et moyens-métrages, documentaires, autofictions, films expérimentaux, et, depuis 1967, il tient un journal cinématographique.



Né à Trinité-et-Tobago en 1949, ce «Juif tropical», comme il s'est nommé lui-même il y a longtemps dans une de ses œuvres d'autofiction, a grandi en Amérique latine avant de venir s'installer en France. Il a une passion pour la comédie musicale hollywoodienne de la grande époque et le culte du souvenir de sa famille polonaise, tragiquement marquée par la Shoah. Ces deux éléments décisifs de sa personnalité, assez contradictoires, se retrouvent dans La Duchesse de Varsovie.



Alexandra Stewart et Andy Gillet

sont les seuls personnages réels de l'histoire. Elle interprète Nina, femme du monde élégante et spirituelle, qu'on imagine voyageant avec désinvolture de capitale en capitale. Lui, c'est Valentin, son petit-fils, jeune artiste peintre parisien en proie à la dépression, incapable de créer. Ils se retrouvent dans un Paris de carton-pâte, isolés dans leur silence et leurs secrets. Ils forment un couple évanescent et tendre, qui va se poser çà et là dans les appartements, dans les cafés, sur les ponts. Leur relation est charmante, mais Valentin sent bien qu'il y a des trous dans son histoire, des pans entiers de passé qui lui échappent. N'est-ce pas là l'origine de ce vide qu'il sent en lui et qui l'empêche de peindre? Peu à peu, la confidence s'approfondit, et Nina, survivante des camps d'extermination, finit par sortir de son long silence.



«Un Paris fantasmé»





Pourquoi évoquer cette tragédie dans des décors entièrement peints? Morder raconte l'histoire de sa mère, qu'il avait déjà traitée sous forme de documentaire. Mais en même temps, dit-il, «j'avais envie de situer le film dans un Paris fantasmé, celui que je voyais enfant dans les comédies musicales hollywoodiennes».



Ce cadre de toiles peintes, ces personnages dessinés ont la prégnance d'un rêve qui est aussi enfermement, solitude sans remède. Les compositions de Chloé Cambournac ont beaucoup de charme. Et, lors du long monologue final, la parole grave de Nina prend une force plus grande encore d'être prononcée au milieu de ce vide irréel, sans âme qui vive. Pourtant, cela n'empêche pas le film d'être plein de grâce et de légèreté. L'équation n'était pas facile à résoudre.



Et puis, il y a le duo Alexandra Stewart-Andy Gillet, joliment accordé. Andy Gillet a été le Céladon du dernier film de Rohmer (qui avait lui-même utilisé des toiles peintes dans L'Anglaise et le Duc). Et la belle Alexandra Stewart est toujours souveraine. Cela fait quelques excellentes raisons d'apprécier ce film original, qui tient pudiquement l'émotion à distance, mais la garde intacte.



Marie-Noëlle Tranchant - LE FIGARO



24/02/2015

«La Duchesse de Varsovie», tous à toile

Joseph Morder met à nu les ressorts héréditaires de l’indicible. Sur fond de décors peints.



«On se croirait dans un film, c’est magnifique.» Au regard du dispositif de La Duchesse de Varsovie et de ce que contemple alors le personnage éponyme qui la prononce, la réplique est pleine de malice : une vue de Notre-Dame de Paris, de la Seine et de ses ponts, réduite à un paysage aux reliefs de gouache, brossés à vives touches impressionnistes. Dans cette nouvelle tentative d’inoculer ses préoccupations de toujours à un territoire de fiction, le cinéaste aux mille films revendiqués, connu surtout pour ses documentaires et autres journaux filmés, Joseph Morder, fixe les déambulations de deux corps funambules, en fragile équilibre sur le fil d’un dispositif qui peut lointainement évoquer celui de l’Anglaise et le Duc d’Eric Rohmer.

Soient deux acteurs en tout et pour tout pour habiter le plan, qui vont et viennent devant l’écran de toiles peintes, où se mêlent décors et personnages subalternes, dotés seulement d’une voix, figures impassibles et bidimensionnelles auxquelles les protagonistes ne se privent pourtant pas d’adresser la parole, une étreinte ou même un sévère roulage de pelles.

Il est ici question d’une grand-mère en visite et de son petit-fils, de terribles secrets de famille et d’élans contrariés, de mémoire et de désir qui se refusent à s’exprimer. Le jeune homme se présente comme peintre, même s’il peine à exercer son art. Ces décors d’un Paris aplani parcouru par son aïeule et lui, à l’éclat pastel de fantasme pittoresque suranné - lorsqu’ils ne dépeignent pas les espaces clos d’une antichambre de backroom ou un atelier de ruminations d’artiste - sont peut-être la traduction des émois de son pinceau, mais aussi la projection d’une solitude et d’une perception du monde comme filtrée, dont l’évidence suggère qu’elle fut reçue en héritage. Chacun des deux personnages porte une part de soi qu’il tient ainsi contenue par ses inhibitions, dans une consécution de refoulements qui entend dire tout ce qui peut se transmettre, de génération à génération, d’obstruction à soi-même et de pulsion d’indicibilité.

S’il sera finalement question, comme souvent chez Morder, de l’Holocauste et d’identité meurtrie, le récit s’épanche dans un climat presque enjoué, avec une pétillance de comédie musicale vintage à rebours de la pesanteur de ses enjeux. Cela, le film le doit autant aux fréquentes trouvailles de sa mise en scène, à laquelle le tournage en studio accorde pleine possession de ses possibles d’enchantement, qu’à la finesse de son couple d’acteurs, qui louvoie avec grâce entre le posé et le dissonant. Face à l’aménité sévère d’Alexandra Stewart, dans un rôle écrit, paraît-il, pour Jeanne Moreau, Andy Gillet imprime cette étrange et fragile distinction à fossette révélée par Rohmer dans les Amours d’Astrée et de Céladon, qui lui prête l’air de pouvoir tout jouer traversé par un même principe d’immaculée douceur.

Julien Gester - LIBERATION


24/02/2015

Critique : La Duchesse de Varsovie

Dans un Paris en décors stylisés à la manière de Resnais, un jeune peintre avance à pas feutrés dans le passé de sa grand-mère. Un bijou.





Tchekhov reprochait parfois à ses comédiens de redoubler par leur jeu la dépression de ses personnages. Il leur expliquait que les mélancoliques sont le plus souvent des gens joyeux dans leur vie quotidienne et que leur désespoir ne s’exprime 
que par instants. On pourrait ajouter que le mélodrame cinématographique n’a jamais été aussi réussi et pertinent 
que lorsqu’il est flamboyant (Minnelli, Sirk, Almodóvar). Les couleurs vives se marient bien avec le malheur. Parce qu’il est pudique et qu’elles le mettent en valeur.



C’est manifestement le choix très heureux qu’a fait le malicieux et cinéphile Joseph Morder en choisissant de placer 
ses deux personnages dans des décors dessinés (soixante toiles peintes, photographiées, agrandies puis imprimées sur tissu) par l’artiste Juliette Schwartz – dans un genre de dispositif qui rappelle un peu celui du dernier film de Resnais, Aimer, boire et chanter. Ce décor semble refléter le paysage mental du personnage principal masculin.



Le film raconte l’histoire de Valentin (Andy Gillet, acteur révélé par Rohmer dans son dernier film, Les Amours d’Astrée et de Céladon), un jeune peintre un peu découragé. Il vit à Paris et est venu accueillir sa grand-mère (Alexandra Stewart) de retour de villégiature. Nina est une femme exubérante et drôle, qui semble avoir décidé de vivre dans un rêve très maîtrisé de grandeur. Le petit-fils et son aïeule vont se parler comme jamais auparavant de leur vie. Valentin confiera ses doutes, son homosexualité, et Nina lui racontera les camps de la mort et l’origine de son surnom, “la duchesse de Varsovie”.



Le parti pris esthétique de Morder est une réussite. Il parvient, à partir de la noirceur, à fabriquer du romanesque, qui aide à vivre ou survivre à la douleur, à l’insupportable et à l’inoubliable, et surtout du lien entre deux êtres qui s’aiment mais ne s’étaient jamais parlé avec sérieux. Il y a de la grâce dans la simplicité et la théâtralité bienheureuse de ce film frontal, qui parvient à nous attacher à deux êtres sensibles dans un décor d’opérette, et sans doute plus encore peut-être grâce à lui. Interprété de façon merveilleuse par deux acteurs formidables, au jeu intemporel, humble et déchirant, La Duchesse de Varsovie et ses jolis dialogues sont un petit bijou 
de cinéma.



Jean-Baptiste Morain - LES INROCKUPTIBLES



24/02/2015

Critique : La Duchesse de Varsovie

C'est un film singulier et sensible, qui s'appuie sur une mise en scène et une narration stylisées à l'extrême pour dire des choses essentielles, qui touchent à l'humain et aux fondements monstrueux de notre histoire contemporaine.



Deux personnages seulement pour incarner tout ça. Nina, une vieille dame d'origine polonaise, élégante et un chouïa hautaine, qui rentre à Paris après des vacances sur la Côte d'Azur. Et Valentin, son petit-fils venu l'accueillir à la gare, un jeune peintre un peu bohème actuellement en manque d'inspiration. Il souffre profondément d'un manque d'identité qui le bloque dans sa création. Il raconte à sa grand mère qu'il mène une existence plutôt morose, alors même qu'il s'adonne à une vie nocturne effrénée et un peu vaine dans les boîtes gays de la capitale. Elle, sous ses allures de bourgeoise parisienne cultivée et indépendante, porte un lourd secret qu'elle a toujours caché à tout le monde, y compris à son fils. Un secret qui la ronge.

Au cours des quelques jours qu'ils vont passer ensemble, à se promener dans les endroits les plus agréables de Paris, le jeune homme et la vielle dame vont se dévoiler l'un à l'autre et laisser craquer le vernis de leurs représentations respectives. On comprendra vite qu'il est question pour Nina de l'incapacité à évoquer la déportation qu'elle a subi en Pologne plus de soixante ans auparavant, qui est devenue une parenthèse terrifiante et indicible que seuls selon elle les survivants peuvent comprendre et appréhender…



Ce qui donne à La Duchesse de Varsovie sa très forte identité et son charme très particulier et agissant, c'est son dispositif, qui est non seulement bluffant mais aussi extrêmement juste par rapport à son sujet. Joseph Morder, cinéaste volontiers expérimental, lui même fils d'une rescapée des camps exilée en Amérique latine, a choisi de n'utiliser que des décors peints pour y filmer ses personnages : que ce soit les intérieurs meublés (l'appartement de Nina évoque irrésistiblement ceux peints par les fauvistes ou les premiers expressionnistes au début du xxe siècle) ou les sites extérieurs, emblématiques de la topographie parisienne. Après un moment de surprise, ce choix audacieux apporte au film une tonalité volontairement hollywoodienne – celle par exemple du Vincente Minelli d'Un Américain à Paris – synonyme d'une douceur, d'une insouciance de vie qui contrastent avec les tourments des âmes. Même les quelques autres personnages (notamment les parents de Valentin) auxquels sont confrontés Alexandra Stewart et Andy Gillet sont incarnés par des figures parlantes de carton, qui montrent bien que l'essentiel de ce qui se joue est la formalisation de ces terribles souvenirs qui vont bien finir par s'exprimer au grand jour. Seule une échappée belle dans un cinéma de quartier, où Nina et Valentin voient un film muet racontant une idylle lesbienne dans les années vingt, apporte une respiration en prises de vues réelles.



Entre l'interprétation remarquable des deux comédiens et son dispositif d'une beauté et d'une justesse sidérantes, ce film étonnant s'avère finalement un des plus beaux jamais réalisés autour d'un témoignage sur la Shoah.



Bernard Grenier - BDFCI



23-02-2015
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