Résiste ! Prouve que tu existe - News II, 7

Le 4 février 2020

Confinement, Saison II, épisode 7


Chères toutes, chers tous,

Toujours résolument décidés à aller de l'avant, on vous apporte cette semaine quelques bonnes nouvelles pour voir le bout du tunnel. Nous avons décidé que 2021 serait une année radieuse et y mettons donc toute notre énergie, à commencer par la préparation de l'ACID Cannes, reporté à cet été tout comme l'Officielle et les autres sections parallèles. Rendez-vous du 7 au 15 juillet 2021, sous le soleil exactement !


L'équipe et les cinéastes de l'ACID


DES IDEES DE FILMS ACID EN VOD

EN RESISTANCE

LES FEMMES DU MONT ARARAT de Erwann Briand


Au Kurdistan, comme dans la plupart des zones de conflits qui s'inscrivent dans la durée, les femmes se font de plus en plus présentes. Comme si, face à la folie meurtrière des hommes, elles se mettaient aujourd'hui au premier plan, transformées en bombes humaines ou en soldats. En 1996, les femmes rejoignant la guérilla kurde du PKK décident de créer leur propre armée, totalement indépendante de celle des hommes. LES FEMMES DU MONT ARARAT retrace la vie d'un « manga » de femmes, l'unité de base de la guérilla composée de six combattantes. En constant déplacement, sans réel autre but que celui de gravir la prochaine montagne, elles guettent un ennemi invisible. Entre manœuvres militaires et tâches quotidiennes, l'intimité de ces femmes se dévoile peu à peu, révélant, au-delà du groupe, les destins individuels. Là où la vie est une question de survie, leur humanité transcende leur condition de soldat et les libère de celle de femme soumise.


> Programmé à l'ACID Cannes 2006 - A retrouver en VOD ici


A BREAD FACTORY, PART 1 : CE QUI NOUS UNIT de Patrick Wang


Il y a quarante ans, dans la petite ville de Checkford, Dorothea et Greta ont transformé une usine à pain désaffectée en un espace dédié aux arts : la Bread Factory. Mais un couple célèbre d'artistes-performeurs chinois est arrivé en ville et menace de récupérer les subventions culturelles permettant de faire vivre ce lieu. Non sans humour, les habitants de Checkford tentent de s'adapter aux changements et la Bread Factory de survivre...


> Soutenu par l'ACID à sa sortie en 2018 - A voir en VOD sur Universciné


DES PAROLES DE CINEASTES



« PETITES RÉVÉLATIONS est composé de fragments de vies, de bouts d'existences, d'instants saisis avec la grâce de ceux qui sont des poètes, petites pièces sensibles à première vue sans lien entre elles et qui au fil du film finissent par laisser apparaître l'image dans le tapis. On entre dans ce film comme on pénétrerait, à pas de loup, à l'intérieur d'une toile d'Edward Hopper. Non pas qu'il y ait une véritable similitude des formes visuelles mais plutôt parce que comme chez le peintre new-yorkais, tout en restant la plupart du temps à une certaine distance physique des personnages, nous sommes conduits à éprouver une troublante sensation d'intimité avec eux. (...) 

Comme chez Hopper, on sent que les personnages existent hors de l'espace filmique, qu'ils ont un avant, un après. Ils ont comme leur vie propre, on a l'impression que ce qui les constitue n'est pas contenu, contraint par l'imagination du scénariste ou la durée du plan. Rien de voyeur dans ce geste de cinéaste, mais de l'attention aux autres, à l'autre, une volonté tenace de chercher en lui ce qui le rapproche de nous, ce qui peut en faire notre frère. Et ce qui apparaît dans ce travail précis avec une nudité insistante, c'est que ce qui nous rassemble, ce sont nos failles, nos souffrances, les plus petites, les plus anciennes. Il y a là comme un singulier mélange fait d'un je-ne-sais-quoi d'étrangeté et d'un presque rien de mélancolie. Une impression de solitude aussi se dégage souvent de ces figures humaines dont on s'attend presque à ce qu'elles chuchotent à notre oreille (...) »

 

Le cinéaste de l'ACID Pascal Deux

à propos du film PETITES RÉVÉLATIONS de Marie Vermillard (2006)


> Pour lire la suite du texte <

> Pour retrouver d'autres textes de cinéastes <



... ET DE PROGRAMMATRICE ...


« Le film aborde subtilement le concept de corporalité. Alors que le philosophe Michel Foucault parle du corps comme « d'un lieu absolu que nous habitons avec une familiarité usée, d'un lieu sans recours auquel nous sommes condamné », Coby, lui, nous entraîne dans une autre expérience du corps à travers ces possibilités de transformations qui non seulement questionnent nos idées reçues mais qui démentent également beaucoup de préjugés. On comprend que le corps est bien plus qu'une coquille que l'on habite et par laquelle il faudrait regarder le monde, mais que c'est également à travers lui qu'il faudra être regardé, se regarder soi-même, se reconnaître.

[...]


Exempt de tout manichéisme, le film de Sonderegger nous plonge avec un grand souci de justesse dans l'entourage de Coby, lui aussi en métamorphose. La transition de Suzanna à Jake s'étend sur plusieurs années : elle est traitée à travers le prisme familial et rend compte avec une grande intelligence des changements physiques et psychologiques d'un être bien entouré. On comprend que la transition est une période d'instabilité et que ce statut transitoire est quelque chose d'éprouvant pour la famille sans jamais devenir un problème ou une décision contestée, comme en témoigne une phrase du père : « nothing is wrong with Coby » (« il n'y a rien qui cloche avec Coby »).


Pour finir, la force du film se niche dans le regard du réalisateur qui accompagne ventre à terre ce processus en le filmant de plus près. On observe la famille défier la pression de la norme qui pèse sur chacun d'entre eux, et c'est non sans effort qu'on les voit tous finir par se rapprocher et s'aimer dans toute la complexité de leurs différences. Un beau voyage vers l'acceptation de soi et des autres. »


Clara N'Dambani, programmatrice au festival Ciné-Rebelles

à propos du film de Christian Sonderegger COBY (ACID Cannes 2017)


> Pour lire d'autres textes de programmateurs <

> Le film en VOD sur Universciné <


... ET QUELQUES NOUVELLES DE CE QUI S'ORGANISE MALGRE TOUT


• Retrouvez la carte de voeux 2021 de l'ACID : concoctée par nos soins sous la forme d'un document interactif vous réservant de nombreux clins d'oeil. En cherchant bien, vous trouverez par exemple un best-of vidéo de l'ACID Cannes 2020 « Hors les murs ».

 

ACID Cannes : La sélection cannoise de l'ACID a été reportée du 07 au 15 juillet 2021. Pensez à prévoir vos lunettes de soleil. 

 

SI LE VENT TOMBE de Nora Martirosyan est programmé aux Rendez-vous du cinéma français à New-York organisés par UniFrance du 4 au 14 mars 2021 (édition virtuelle). Du même côté de l'Atlantique, IL MIO CORPO de Michele Penetta est programmé au Big Sky Film Festival à Missoula (Montana).

 

Du 15 janvier au 15 février : My French Film Festival aura lieu en ligne et présente VIF-ARGENT de Stéphane Batut. Retrouvez le film en ligne pour cette onzième édition du Festival organisé par UniFrance autour de la jeune génération de cinéastes francophones.


• A l'occasion du Festival du court-métrage de Clermont-Ferrand (29 janvier au 6 février), les cinéastes de l'ACID ont présenté les missions et les dispositifs déployés par l'Association tout au long de l'année afin de soutenir les films.

Publié le jeudi 04 février 2021
Mis à jour le mercredi 10 février 2021

Article

Recherche