Le Dernier été de la Boyita

Un film de Julia Solomonoff

Le Dernier été de la Boyita

Un film de Julia Solomonoff

Argentine, Espagne, France - 2009 - 90 min

L’été en Argentine, Jorgelina avait l’habitude de jouer avec sa soeur dans la « Boyita », la roulotte garée au fond du jardin. Mais cette année, tout est différent : ses parents se séparent et sa soeur, désormais adolescente, devient une étrangère pour elle. Alors Jorgelina part à la campagne en quête de Mario, le fils des paysans voisins. Ensemble, ils découvrent les mystères de leurs identités sexuelles. Un film sur l’éveil, une oeuvre intimiste racontée à hauteur d’enfant.

Avec :
Guadalupe Alonso , Nicolàs Treise , Arnoldo Treise , Mireilla Pascual , Gabo Correa et Sylvia Tavcar

Sorti le 08 septembre 2010

À propos du Dernier été de la Boyita

Les paysages argentins, la musique, toute sobre, à la guitare classique, une caméra portée mais qui cadre, une grande sobriété, une certaine pudeur même : tout concourt à voir là un film plein de douceur et de cœur. De belles images, une dramaturgie maitrisée qui prend le temps de regarder du point de vue de Jorgelina. C'est un film intime, sur le sujet toujours très « cinématographique » de ce moment où l'on grandit irrémédiablement (La naissance des pieuvres), traité ici avec une grande simplicité.


Nous sommes avec Jorgelina, à sa hauteur et dans son regard. C'est une petite fille qui va découvrir sa propre intimité, sa sexualité, son premier rapport privilégié à l'autre, cet autre qui la fait grandir et déjà devenir femme. Ce moment de l'éveil s'accompagne ici d'une double problématique : l'identité sexuelle et la question de l'intimité. L'intimité c'est d'abord ce qui lui ferme la porte au nez, quand les adultes ont des choses très privées à faire, et plus tard ce qu'à son tour elle voudra préserver. Car Jorgelina a un amoureux. Dans les livres, dans le regard des adultes, elle se questionne sur cet autre qu'elle aime.


Tout près d'elle un drame se trame, que la réalisatrice, Julia Solomonoff traite sans dramatisation excessive, au moyen d'une narration par petites touches, par anecdotes et moments privilégiés filmés avec douceur. Les plans se succèdent, porteurs d'émotion et pourtant une distance constante respecte les personnages, tantôt par ellipse, tantôt par la distance physique de la caméra. Quand celle-ci se rapproche, c'est pour entrer dans le visage de la petite, ou dans les traits porteurs de sens des adultes que la petite dévisage. C'est qu'elle cherche en elle et autour d'elle à comprendre à quoi l'amour si simple qu'elle ressent et partage se heurte : l'identité sexuelle vue non comme problème mais comme questionnement…

Chiara Malta

 - 

Cinéaste


Paroles de cinéastes

À propos du Dernier été de la Boyita

Un film pudique, au traitement sensible, sur un sujet étonnant et peu traité au cinéma : la découverte par un adolescent de sa spécificité physique. C'est Jorgelina, la petite fille qui interroge sans cesse, magnifique enfant vivante et joyeuse, qui est le déclencheur de la vérité. Sorte de double enfantin du spectateur, elle nous achemine vers le mystère de Mario, dans un univers frustre, où les paroles ne se disent pas. Là, les rôles sont précis : chacun à sa place et tient à la gagner pour mériter l'estime du groupe. Mario, toutes ses forces tendues en ce but, attend d'entrer dans le monde viril des hommes. Le film avance par petites touches qui installent un suspense, un questionnement. Une grande place est faite à la beauté de la nature, aux paysages jaunis par le soleil, des hautes herbes et d'étangs verdâtres, et qui toujours reste indifférente aux drames humains. Un très beau film à voir ensemble, parents et enfants.

Carine Quicelet

 - 

responsable jeune public


L'Ecran Saint Denis
Paroles de programmateurs

There is a light that never goes out - News #4

Le 9 avril 2020

PROPOSITIONS VOD COLLECTION PRINTEMPS - ÉTÉ

ON APPELLE ÇA... LE PRINTEMPS de Hervé Le Roux


Fanfan quitte son copain Charles et pense pouvoir être hébergée par son amie Joss. Sauf que en ce moment, Joss abandonne le domicile conjugal. Fanfan et Joss n'ont plus qu'à aller frapper à la porte de Manu, la soeur de Fanfan qui les recueille jusqu'à ce que Mytch, le copain de Manu, ne mette tout le monde à la porte. Nos trois petits cochons poursuivent leur cavale, tandis que les trois grands méchants loups ont vite fait de se mettre en meute pour traquer leurs fuyardes.


Soutenu par l'ACID en 2000 - À regarder en VOD ici


LE DERNIER ÉTÉ DE LA BOYITA de Julia Solomonoff


L'été en Argentine, Jorgelina avait l'habitude de jouer avec sa sœur dans la « Boyita », la roulotte garée au fond du jardin. Mais cette année, tout est différent : ses parents se séparent et sa sœur, désormais adolescente, devient une étrangère pour elle. Alors Jorgelina part à la campagne en quête de Mario, le fils des paysans voisins. Ensemble, ils découvrent les mystères de leurs identités sexuelles. Un film sur l'éveil, une œuvre intimiste racontée à hauteur d'enfant.


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UN PEU DE LECTURE...


« Nous voyons tellement de films glacés-glaçants, de films calculés, élaborés, de films parfaits, finis… De films morts… Que lorsque surgit un film vivant, une joie immense nous envahit et on se reprend à croire que le cinéma peut être aussi un geste d'amour envers le monde et envers lui-même ; et ça nous fait plaisir car le doute s'était installé. »



« Lulu est un film sur l'Entre deux dans lequel nous habitons tous. Où commence la mer ? Où finit la terre ? Où commence la femme ? Où finit l'homme ? Lulu nous fait éprouver le sentiment que chacun se trouve tantôt ici tantôt là, que chacun est l'Autre. Lulu bouleverse le « Mythe de l'autre côté » comme l'écrit Claudio Magris et nous dit qu'il n'y a pas dans ce bouleversement matière à s'angoisser, qu'il ne faut pas avoir peur, parce que c'est notre condition même et que cela ouvre une infinité de possibilités. Tout cela étant dit avec une évidence du plan qui se suffit à lui-même pour peu qu'on veuille y croire. Et on se laisse emporter jusqu'au moment où Jean Henri devient si léger (je vous le jure ) qu'il monte au ciel. Pour de vrai : Les retrouvailles amoureuses de Lulu et John sort filmées du point de vue… D'un ange. Lulu est un film contre tout ceux qui savent ce que c'est la vie, contre tout ceux qui savent ce que c'est le cinéma, contre tous les « crétins vaniteux » dont parle Monsieur Jean Pierre Kalfon avec sa si belle voix. L'amour de Jean-Henri pour les hommes (et/ou les femmes ) et pour le cinéma n'a pas été entamé par les méchantes choses que la vie réserve à chacun d'entre nous. Il nous livre un film de jeune homme, avec toutes les magnifiques hésitations des premiers films. J'en suis jaloux. »


Le cinéaste de l'ACID Robert Guédiguian à propos de LULU de Jean-Henri Roger


> Lire l'intégralité du texte ici <


...ET DE LA MUSIQUE

Morceau entendu dans VIF-ARGENT de Stéphane Batut


Et pour celles et ceux qui sont plutôt team podcasts ; on vous propose de réécouter le cinéaste Diego Governatori dans Par les temps qui courent, l'émission de Marie Richeux sur France Culture : « L'ENJEU DU FILM EST DE SAISIR L'INSAISISSABLE »


RAPPEL

Plus qu'une semaine avant la fin de l'appel à candidatures pour participer au Coup de coeur des jeunes ACID - France Culture !


> Plus d'infos ici <


ET POUR FINIR, LE PLEIN D'AUTRES PROPOSITIONS CINÉPHILES


  • Les cinémas de l'Hexagone continuent de se mobiliser pour proposer des films (notamment sur La Toile) et conserver le lien avec tous leurs publics. Citons cette semaine, entre autres :

    - La Ferme du Buisson (Noisiel), qui a mis en place une programmation à la maison, via newsletter & réseaux sociaux : La Ferme coconfinée. En partenariat avec l'Agence du Court et le Réca, 4 courts métrages (2 adultes & 2 jeune public) sont à découvrir chaque semaine, ainsi qu'un feuilleton dessiné et des tutos inattendus.

    - La Baleine à Marseille, dont nous vous parlions déjà les semaines précédentes, et qui organise ce dimanche 12 avril à 18h une rencontre avec les cinéastes de l'ACID Alice Odiot et Jean-Robert Viallet pour leur film DES HOMMES. Rendez-vous sur Zoom.

    - Le Club à Douarnenez & l'Association La Toile d'Essai ont déplacé leur défi "kino" en ligne : le Kinoconfiné. Chaque semaine, un nouveau thème et le challenge de réaliser un court-métrage de 3minutes en 48h. Nouveaux films à découvrir les vendredis soirs ici.

  • Autre proposition ludique ; un quizz cinéma animé sur Facebook par Cannes Université.

  • SAC LA MORT d'Emmanuel Parraud, programmé à l'ACID Cannes 2016 puis soutenu à sa sortie, est actuellement disponible sur deux plateformes VOD, ici et .

  • La 26ème édition du Festival national du film d'animation a démarré en ligne sur UniversCiné.

  • Le GREC propose une séance de 4 films en ligne chaque semaine. Aujourd'hui, « Au coin de la rue » , après une première semaine sur le sport et avant « Depuis ma fenêtre » et « Bain de foule et besoin de fête »... L'esprit du temps.

  • Chaque mercredi à 15h, le Centre Pompidou partage un film de leur collection, à la croisée des avant-gardes, du cinéma expérimental, du documentaire et du film d'artiste. Après Les Mains négatives (1979) de Marguerite Duras ; découvrez La Première partie du roi Henri IV de double V Shakespeare : une analogie (1972) de Joëlle de la Casinière.

  • Et l'article pour finir : Yes we Cannes ? Coronavirus : les festivals de cinéma cherchent une issue ; à lire sur Le Monde.


Qui s'est mis à espionner ses voisin-e-s ?

(image tirée de L'ANGLE MORT, Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic - ACID Cannes 2019)

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