Vif-Argent

Un film de Stéphane Batut

Vif-Argent

Un film de Stéphane Batut

France - 2019 - 106 min

Juste erre dans Paris à la recherche de personnes qu’il est seul à voir. Il recueille leur dernier souvenir avant de les faire passer dans l’autre monde. Un jour, une jeune femme, Agathe, le reconnaît. Elle est vivante, lui est un fantôme. Comment pourront-ils s’aimer, saisir cette deuxième chance ?

Juste wanders the streets of Paris looking for people only he can see. He collects their last memory before helping them into the afterlife. One day Agathe, a young woman, recognizes him. She belongs to his previous life. She is alive and he is a ghost. How will they manage to love each other and seize this second chance?

Avec :
Thimotée Robart , Judith Chemla , Saadia Bentaïeb , Djolof Mbengue , Marie-José Kilolo Maputu et Cecilia Mangini

EN SALLE

Sorti le 28 août 2019

En salle

À propos de Vif-Argent

Il en va des films comme des personnes : il en est que l'on n'a pas envie de quitter. A l'image de Juste qui ne peut partir de ce monde en laissant derrière lui une histoire d'amour inachevée, nous, spectateurs, ne pouvons lâcher dans l'oubli les personnages de Vif-argent. En discrets anges gardien de cinéma, Agathe et Juste nous accompagnent bien après la projection.

Qu'est-ce qui fait qu'un film donne envie de l'habiter, encore et encore ? Qu'en sortant de la pénombre de la salle de cinéma, on marche dans les rues en espérant y croiser ces êtres de fiction avec lesquels on vient de partager un peu de notre temps ? Heureusement, le cinéma recèle assez de mystères pour ne pas donner toutes les réponses… « Je suis un romantique qui doute » dit le réalisateur Stéphane Batut. Pourtant, avec l'assurance d'un timide « un soir d'audace », il ose : le lyrisme plutôt que le cynisme complaisant, la simple douceur au lieu du hâbleur spectaculaire, la poésie sans esbrouffe, la fantaisie plutôt que le vérisme. Il actualise, sans choir dans un exercice de cinéphilie nécrophage, le réalisme fantastique issu tant du cinéma français (Cocteau, Franju, Clair…) que du réalisme magique latino-américain.

Loin d'un grisâtre royaume des ombres, Vif-argent est un film lumineux (splendide travail de la chef op Céline Bozon), brillant de lumières - artificielles qui réchauffent les nuits et solaires qui illuminent les jours. Le plaisir voire la nécessité de raconter des histoires et la croyance indéfectible dans les forces qu'elles révèlent, sont au cœur du film. Avant de quitter ce monde, les personnages de Vif-argent doivent livrer un souvenir à Juste qui se fait collecteur et passeur de récits – comme un cinéaste. Et, tels d'intemporels Schéhérazade, Agathe et Juste (se) racontent des histoires pour gagner un supplément de vie, pour avoir du rab' d'amour.

Dans les 50's, on rêvait de tomber amoureux d'un vieux loup de mer spectral tels Mme Muir ou Pandora. En 1990, après Ghost, on tripatouillait de la glaise en écoutant les Righteous Brothers. Gageons qu'avec Vif-argent, nous chercherons l'amour dans les allées des Buttes-Chaumont en fredonnant les paroles de Ray Davies : « I go to sleep, sleep, and imagine that you're there, with me ».

Vif-argent donne envie de vivre, d'aimer… et d'aller au cinéma ! Il est de pires ambitions, non ?

Dominique Toulat

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Programmateur


La Ferme du Buisson Noisiel
Paroles de programmateurs

Invitations aux spectateurs - Vif-Argent

Assumer l'artifice du cinéma : musique & son

Le travail sur la bande-son proposé par les compositeurs Benoît de Villeneuve et Gaspar Claus s'inscrit dans l'héritage de Ravel ou Debussy, du romanesque français du début de siècle. La place laissée dans la composition à la flûte évoque l'héritage mythologique de cet instrument, celui par excellence des passeurs – inventé par Hermès / Mercure (auquel le titre Vif-Argent fait indirectement référence), le dieu qui conduit les vivants chez les morts.

La formation de musique de chambre se transforme progressivement en une formation orchestrale, ce qui contribue à donner une ampleur poétique au film. Ce déploiement musical, cet artifice assumé, induit l'adhésion du spectateur au romanesque. Les parties les plus fantastiques du film s'appuient sur un rapprochement musique et images, à l'image de la scène finale où la musique symphonique répond aux éclairages bleutés sur le pont du parc des Buttes Chaumont. Car si Juste est le passeur, Stéphane Batut et Céline Bozon (chef-opératrice du film) font du 19ème arrondissement parisien l'endroit des passages fantastiques : ponts éclairés, reflets sur l'eau, il suffit de peu pour que les éléments les plus prosaïques deviennent le lieu du merveilleux. Le cinéaste traduit ici de façon poétique notre besoin de fiction pour donner un sens au réel.


Retarder la mort par la fiction

Cette nécessité de croire et se raconter des histoires traverse Vif-Argent de bout en bout et affirme une croyance rare dans le langage du cinéma. A l'instar du père de Juste qui, depuis 20 ans, ressort les images de son fils disparu. Ramener celui qui est mort, montrer ce qui n'est plus, n'est-ce pas là un retour à l'origine du cinéma : faire fiction pour lutter contre la mort de l'être aimé ?

Juste, quant à lui, trouve sa place chez les vivants en recueillant leurs derniers souvenirs alors que lui reste sans mémoire. Agathe lui ayant rendu la possibilité d'un souvenir et d'une rencontre, le voilà qui s'efface et qui disparaît. On se souvient de Rex Harrison en fantôme du Capitaine Gregg disparaissant de la vie de Madame Muir (Gene Tierney, dans Le fantôme de Madame Muir) après lui avoir raconté sa vie. La transmission du souvenir comme passage des vivants aux morts, la croyance aux fantômes ; voilà la belle question que le cinéma n'a jamais cessé de poser. Visibles, semi transparents ou invisibles, la présence des morts clandestins chez les vivants se décline visuellement par des astuces à mi-chemin entre Méliès et Franju. Le film s'attache à documenter les différentes façons d'être présent au monde dans notre société pour les anonymes, ces invisibles qui ont pour désir absolu d'être une présence pour quelqu'un... 

Au-delà du romantisme littéral et cinématographique, Stéphane Batut semble poser la question du droit à vivre dans une société quand on n'a pas d'histoire à (se) raconter.

Article

3 films ACID parmi les 13 nommés pour le Prix Louis-Delluc

L'ANGLE MORT de Patrick Mario Bernard & Pierre Trividic est en lice pour le prix Louis-Delluc.

VIF-ARGENT de Stéphane Batut et NE CROYEZ SURTOUT PAS QUE JE HURLE de Frank Beauvais sont en lice pour le prix du premier film.

 

> Plus d'infos ici <


Actualité

À PROPOS DE VIF-ARGENT

On pouvait croire la quête d'Orphée remisée au rang de vieille lune coctalienne, et la voici ici ravivée : le pari est rare, signe d'un beau courage, battant en brèche les modes. Vif-Argent arrive comme un réconfort pour rassurer notre croyance dans le cinéma à faire se rencontrer des mondes a priori hermétiques, en refusant l'inéluctable. Le film fait dialoguer ensemble les morts et les vivants, incarnés avec douceur et sans ironie : finesse des comédiens, de leur voix, de leur visage et de leur peau, sensuellement irradiés d'une lumière franche, sertis du lyrisme de la musique. Armé d'une mémoire cinéphile qui veille en amitié et agit comme un moteur souterrain encore plein de vie, il faut faire preuve d'une audace et d'une ambition peu communes pour organiser une si belle circulation, tout un jeu de passages (secrets), dans des espaces urbains que l'on croyait déjà connaître et qui se font limbes ou Styx, par la vigueur et la simple joie de la mise en scène. La grâce du film tient aussi à ce qu'il ménage des brèches vers des ailleurs lumineux, à sa façon si délicate de recueillir les souvenirs, dans des écrins de paroles et d'images, et à ce qu'il s'attache autant à la simple matérialité des choses, selon un romantisme sans pompe, littéral et mystérieux.


One could have thought Orfeus' quest forever shunned as one of Cocteau's passé passions, and this film has found it renewed. The gamble is rare, and shows great courage, fighting fashion fads. This film comes as a comfort, reassuring our beliefs in cinema, and it's ability to make worlds apart come together, refusing what was deemed unavoidable. The film creates a dialog between the living and the dead, embodied with gentleness and without irony: the actors' delicacy, their voices, their faces, their skins, sensuously irradiating an honest light, set with musical lyricism. Armed with a cinephilic memory, which keeps a friendly vigil and acts like an underground fuel, a keen audacity and an uncommon ambition are necessary in order to articulate such a beautiful circulation. An entire network of (secret) passages, in urban spaces one could think were familiar but which the film changes into limbos or the Styx, by the vigorous and simple joy of the mise en scène. The film's grace is also due to the breaches it offers onto luminous outside worlds. To the delicate manners in which it collects memories, treating words and images like precious pearls. And to the manner it connects to a simple materialism of things, coming from a romanticism without bombast, both mysterious and literal. 

Paroles de cinéastes

Découvrez les films de l'ACID Cannes !

L'ACID est de retour de Cannes où la programmation de 9 long-métrages et d'un focus ACID TRIP #3 Argentine a connu un grand succès à la fois critique, professionnel et public avec une augmentation de fréquentation de 10%.

Merci à toutes les équipes de films et aux acteurs précieux de cette chaîne solidaire : cinéastes, spectateurs, producteurs, exploitants, distributeurs, vendeurs et partenaires, qui permettent aux films sans distributeurs de trouver le chemin des salles.

Ainsi,

Rêves de jeunesse sortira chez Shellac le 31 juillet

• Vif-Argent chez les Films du Losange le 28 août

L'Angle Mort chez Rouge le 16 octobre

Des Hommes chez Rezo

Indianara chez New Story

Kongo chez Pyramide

Et d'autres nouvelles à venir.


En attendant les sorties, les films débutent leur carrière dans les festivals du monde entier dès le mois de juin, à commencer par le Festival de La Rochelle, le Festival du Film de Cabourg, le Champs-Elysées Film Festival

Nous vous donnons également rendez-vous pour les reprises de l'intégralité de la programmation ACID Cannes 2019 : à Paris au Louxor du 13 au 15 sept., à Lyon au Comoedia & à Marseille (La Baleine / Gyptis) du 4 au 6 oct., à Ajaccio à l'Ellipse du 11 au 13 oct., et à l'international : Tanger, Belgrade, Lisbonne, Porto...


Au plaisir de vous y retrouver !

Édito

Reprises ACID Cannes 2019

À la rentrée, retrouvez l'ensemble de la programmation ACID Cannes 2019 en France et à l'International !

> En savoir plus ici

Actualité

L'ACID dévoile sa programmation pour l'ACID Cannes 2019 !

Les cinéastes de l'ACID auront le plaisir de présenter à Cannes un programme de 9 longs-métrages dont 7 premiers longs, en présence des équipes de films et de leurs marraines et parrains de l'ACID. Sur les 5 fictions et 4 films documentaires présentés, 4 ont été réalisés ou co-réalisés par des femmes.

Ce programme est enrichi d'un focus sur le cinéma argentin, l'ACID TRIP #3 Argentine, en partenariat avec l'association de cinéastes PCI. 


« Face aux changements profonds du monde, la programmation 2019 fait la part belle aux lignes de fuite, à ces chemins par lesquels se construisent des destins, où les corps plutôt que de disparaitre ou se soumettre affirment leur présence comme point de départ d'une résistance à organiser. 

Récits fantastiques, fables émancipatrices, réalisme documentaire ? Le cinéma dont nous nous nourrissons se joue des catégories, articule des alliages esthétiques inédits ou revisités. Les personnages transcendent moins leur destin pour tendre à l'universel qu'ils ne l'incarnent dans leur singularité, leur intensité, nous offrant ainsi un accès privilégié à ce qui nous est étranger. Curieux paradoxe ? Bien plutôt le moyen, pour nous cinéastes, de mettre encore et encore le monde en partage. »

Les cinéastes programmateurs 2019

Sylvie Ballyot, Aurélia Barbet, Marta Bergman, Michaël Dacheux, Marina Déak, Delphine Deloget, Jean-Louis Gonnet, Diego Governatori, Hanna Ladoul, Marco La Via, Vladimir Perišić, Clément Schneider, Idir Serghine, Christian Sonderegger, Laure Vermeersch.


LA PROGRAMMATION ACID CANNES 2019 :


L'ACID TRIP#3 ARGENTINE :


La 27e édition de l'ACID Cannes se tiendra du mercredi 15 au vendredi 24 mai 2019.

> Retrouvez toutes les informations ici <


ACID filmmakers are thrilled to present this year in Cannes, a program of 9 feature-length films of which 7 are first time features. Films will be shown in the presence of the film crews and of their supporting filmmakers from ACID.

5 fictions and 4 documentaries, 4 of which were directed or codirected by women.

This program is enhanced by a focus on Argentinian cinema, ACID TRIP#3ARGENTINE, in partnership with Argentinian filmmakers of the PCI.


« As the world faces deep changes, this 2019 ACID program honors vanishing points and celebrates paths with which destinies are built, where bodies instead of disappearing or submitting, assert their presence, as a starting point for organized resistance.

Tales of fantasy, emancipatory fables, documentary realism? The cinema on which we thrive defies categories, articulates unseen or forgotten esthetical blends. Characters do not so much transcend their destiny to reach for the universal, rather they embody their destiny within their singularity and intensity. Granting us privileged access to what is strange, foreign. A curious paradox? Rather the means for us filmmakers, forever and again, to share the world. »

Programmers filmmakers 2019

Sylvie Ballyot, Aurélia Barbet, Marta Bergman, Michaël Dacheux, Marina Déak, Delphine Deloget, Jean-Louis Gonnet, Diego Governatori, Hanna Ladoul, Marco La Via, Vladimir Perišić, Clément Schneider, Idir Serghine, Christian Sonderegger, Laure Vermeersch.



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