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L'Angle mort

Un film de Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic

L'Angle mort

Un film de Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic

France - 2019 - 104 min

Dominick Brassan a le pouvoir de se rendre invisible mais ne s’en sert pas beaucoup.
Il a fait de ce don un secret honteux qu’il dissimule même à sa fiancée, Viveka. Mais vient un jour où le pouvoir se détraque et échappe à son contrôle, ce qui bouleversera sa vie, ses amitiés et ses amours.

Dominick Brassan has the power to turn invisible, but rarely uses it. Instead he has kept it a shameful secret, hidden even from Viveka, his fiancée. But when his ability to control his gift gets out of hand, his life, friendships and relationships will be forever turned inside out.

Avec :
Jean-Christophe Folly , Isabelle Carré , Golshifteh Farahani , Sami Ameziane , Claudia Tagbo , Tella Kpomahou et Peter Bonke

EN SALLE

Sorti le 16 octobre 2019

En salle

À PROPOS DE L'ANGLE MORT

Au début étaient l'enfant et son don d'invisibilité. L'incroyable séquence d'ouverture donne le La de la mise en scène : ample et virevoltante, précise et attentive.

Cinéastes trop rares dans le paysage cinématographique français, Pierre Trividic et Patrick-Mario Bernard nous offrent la réjouissance d'un film fantastique, un conte où les fées se penchent sur un berceau, catapulté dans une ville contemporaine de souterrains, de nuits illuminées et de jours trop crus. Ils convient les jeux d'esprit que les petits élaborent à coups de super-pouvoirs et de doux délires, mais filment alors que le délice de l'enfant est devenu la condition paradoxale de l'adulte.

Après Dancing et L'Autre, ils élaborent un nouvel espace intérieur et métaphysique où leur personnage principal, Dominick, s'abrite maladroitement de la violence du monde. Cette fois, ils lui confèrent une aura concrète, visible, dont l'explication surnaturelle ouvre à l'intime une brèche entre le réalisme politique et l'art de faire tourner devant la lanterne des images fortes et énigmatiques. Dominick est doué d'une force vitale qui ne va pas de soi. Corps nu, il incarne la violence d'être noir dans une société discriminante rappelant peut-être le Ralph Ellison de Invisible Man. Son cheminement ouvre pourtant à l'angoisse commune de vieillir, et celle diffuse et entêtante de ne vivre sa vie qu'à moitié.


In the beginning, there was the child and his gift: invisibility. The opening sequence lets us tune into the mise en scène: sweeping and twirling, precise and attentive. Pierre Trividic and Patrick-Mario Bernard, two filmmakers too rare in the French cinema scene, offer us the glee of a fantasy film. A tale where fairies lean over a cradle, set in a contemporary city of underground passages, nights filled with light and harshly lit days. They invite the mind games children elaborate with super powers and soft frenzies, but roll their cameras when the child's delight has become the paradoxical condition of the adult. After their films Dancing and The Other One, they draft a new space, both internal and metaphysical, where Dominick, their lead character, clumsily shelters from the violence of the world. This time they bestow upon him a concrete and visible aura, for which the supernatural explanation cracks open a gap into the intimate, between political realism and the art of spinning in front of the magic lantern strong and enigmatic images. Dominick is given a vital energy, which is not obvious. Naked, he embodies the violence of being black in a discriminating society, recalling perhaps Ralph Ellison from Invisible Man. His journey however, questions a common anxiety in growing old, along with another more persistent and nebulous emotion of not living one's life fully.   

Aurélia Barbet

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Cinéaste


Laure Vermeersch

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Cinéaste


Paroles de cinéastes

A propos de L'Angle mort

Au cinéma, le spectateur vient pour voir. Tantôt la vie exhaussée et scintillante de ses doubles (s'il choisit la fiction), tantôt les fortunes des destinées inconnues (s'il choisit le documentaire). Il n'est que rarement invité à venir voir ce que « voir » ou « ne pas voir » veulent dire. Il ne s'attend pas à trouver dans ce qu'il voit, du moins, les pièges et les fausses évidences de la visibilité, ses excès et ses souffrances. L'Angle mort est à ce titre un prodige.

Si le film poursuit la figure de l'homme invisible, au pouvoir si réversible – don et malédiction, puissance et prison –, c'est pour l'interroger depuis sa métaphore sociale : quelle perception s'engage quand nous sommes regardés ? qu'advient-il quand nous ne le sommes plus ? que faire de cette fatigue inhérente à l'ubiquité ? de sa violence ? comment se soustraire à la perception commune, réductrice, traîtresse, coupable d'effacement ou au contraire de trop de lumière ? Ces questions, Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic les sculptent : dans le destin d'un homme ordinaire, Dominick Brassan, dans ses trajets de passant, de figurant de la société, dans les aventures de sa visibilité donc. Corps travailleur, corps urbain, corps vieillissant, corps drôle, corps amant, corps épuisé, corps musicien, tenté par la disparition intégrale, pour autant qu'il ne peut se donner, tout entier, par la visibilité.

Seulement, peut-on inventer d'un corps invisible le regard qui saura le garder ? Le film répond de la plus belle et paradoxale des manières, par les images, que oui, que le don de regarder n'est pas le privilège des voyants. Que l'invisibilité est peut-être la nudité définitive du corps, cette beauté irréductible à laquelle on n'accède que par les vibrations du toucher et de la musique. Magnifique et impossible hommage du cinéma à ce dont il est incapable, ne pas voir. Confession d'un art qui regrette peut-être de manquer parfois, si cruellement, de tact.

Simon Lehingue

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Programmateur


Jacques Tati Saint-Nazaire
Paroles de programmateurs

Invitations aux spectateurs - L'Angle mort

LA MUSIQUE

Pierre Trividic et Patrick Mario Bernard ont écrit le scénario à partir de la scène d'ouverture, le concert afro-funk du prologue. Ce qui se joue à ce moment-là, les coulisses, la famille de musiciens, tout semble prédire à Dominick un destin où musique et invisibilité auront partie liée. Entièrement composée par Patrick Mario Bernard, la musique est une donnée première pour les cinéastes et occupe une place décisive dans L'Angle mort. S'il y est essentiellement question du don d'invisibilité, un autre don est interrogé en creux : Dominick a-t-il hérité d'un talent musical ? A-t-il, secrètement ou confusément, envie d'en faire quelque chose ? Sa relation à la musique est problématique et paradoxale dès le départ et nous sert de point de repère pour mesurer sa trajectoire. Retranché dans les sous-sols d'un magasin de guitares ou façonnant soigneusement ses instruments à partir de boîtes à cigares, il tourne autour de la pratique artistique et semble piégé dans une forme de circularité dont il va progressivement s'extraire. Chemin faisant, il croisera une professeure de guitare aveugle, incarnée par Golshifteh Farahani, qui lui parlera du bruissement rassurant du monde et de la foule : il produit une note, audible pour peu qu'on y prête attention. Une invitation à entendre autrement, comme on apprendrait à voir autrement, ce qui jusque-là demeurait inaudible ou invisible.


LE FANTASTIQUE

S'ils considèrent l'Homme invisible du roman de H. G. Wells comme une figure canonique, Pierre Trividic et Patrick Mario Bernard n'en ont pas moins construit leur personnage principal à rebours de ce que peuvent produire en matière d'invisibilité la littérature ou le cinéma fantastique dominants. Que faire d'un tel don ? Le subir, comme Dominick, le pervertir, comme son ami d'enfance, voire le subvertir, comme ce magicien qui le fait passer pour un truc, un artifice ? Ceux qui naissent avec un don sont-ils dès lors contraints d'en faire usage ? En se focalisant sur celui qui décide de n'en rien faire, les cinéastes nous invitent pourtant à prendre ce pouvoir très au sérieux. Ils ne l'assignent pas à une valeur ou un super-pouvoir mais l'envisagent dans toute sa matérialité. Que se passe-t-il, très concrètement, lorsque l'on devient invisible ? Et comment mettre en scène cette invisibilité ? Avec leur chef opérateur, ils jouent notamment sur les «vrais» faux raccords : Dominick apparaît, nu, lorsque la scène est envisagée depuis son point de vue, et sa nudité nous le rend paradoxalement hyperprésent ; mais il disparaît lorsque la scène est vue à travers les yeux d'un autre. Le format 4/3 et les jeux avec la profondeur de champ renforcent notre sentiment de le voir à l'étroit dans son quotidien, accentuant l'effet «boîte» des appartements ou du sous-sol dans lequel il travaille. En prenant au pied de la lettre la question de l'invisibilité, ils filent également une métaphore en perpétuelle évolution, qui se déploie tout au long du récit. Il est question tour à tour de ce que l'on voit, de ce que l'on ne voit pas, de la façon dont on est vu. Et, de ce point de vue, l'invisibilité est aussi bien sûr une métaphore sociale. « Ce fantastique dont on s'aperçoit toujours plus qu'il est en réalité tout le réel »* tel que l'évoquait Artaud, ne saurait émerger sans un cadre réaliste. Et par renversement, n'est-il pas le seul à pouvoir restituer le réel dans toute sa complexité, et ainsi le mettre à nu ?

* Antonin Artaud, Sorcellerie et cinéma, 1927

Article

L'ACID dévoile sa programmation pour l'ACID Cannes 2019 !

Les cinéastes de l'ACID auront le plaisir de présenter à Cannes un programme de 9 longs-métrages dont 7 premiers longs, en présence des équipes de films et de leurs marraines et parrains de l'ACID. Sur les 5 fictions et 4 films documentaires présentés, 4 ont été réalisés ou co-réalisés par des femmes.

Ce programme est enrichi d'un focus sur le cinéma argentin, l'ACID TRIP #3 Argentine, en partenariat avec l'association de cinéastes PCI. 


« Face aux changements profonds du monde, la programmation 2019 fait la part belle aux lignes de fuite, à ces chemins par lesquels se construisent des destins, où les corps plutôt que de disparaitre ou se soumettre affirment leur présence comme point de départ d'une résistance à organiser. 

Récits fantastiques, fables émancipatrices, réalisme documentaire ? Le cinéma dont nous nous nourrissons se joue des catégories, articule des alliages esthétiques inédits ou revisités. Les personnages transcendent moins leur destin pour tendre à l'universel qu'ils ne l'incarnent dans leur singularité, leur intensité, nous offrant ainsi un accès privilégié à ce qui nous est étranger. Curieux paradoxe ? Bien plutôt le moyen, pour nous cinéastes, de mettre encore et encore le monde en partage. »

Les cinéastes programmateurs 2019

Sylvie Ballyot, Aurélia Barbet, Marta Bergman, Michaël Dacheux, Marina Déak, Delphine Deloget, Jean-Louis Gonnet, Diego Governatori, Hanna Ladoul, Marco La Via, Vladimir Perišić, Clément Schneider, Idir Serghine, Christian Sonderegger, Laure Vermeersch.


LA PROGRAMMATION ACID CANNES 2019 :


L'ACID TRIP#3 ARGENTINE :


La 27e édition de l'ACID Cannes se tiendra du mercredi 15 au vendredi 24 mai 2019.

> Retrouvez toutes les informations ici <


ACID filmmakers are thrilled to present this year in Cannes, a program of 9 feature-length films of which 7 are first time features. Films will be shown in the presence of the film crews and of their supporting filmmakers from ACID.

5 fictions and 4 documentaries, 4 of which were directed or codirected by women.

This program is enhanced by a focus on Argentinian cinema, ACID TRIP#3ARGENTINE, in partnership with Argentinian filmmakers of the PCI.


« As the world faces deep changes, this 2019 ACID program honors vanishing points and celebrates paths with which destinies are built, where bodies instead of disappearing or submitting, assert their presence, as a starting point for organized resistance.

Tales of fantasy, emancipatory fables, documentary realism? The cinema on which we thrive defies categories, articulates unseen or forgotten esthetical blends. Characters do not so much transcend their destiny to reach for the universal, rather they embody their destiny within their singularity and intensity. Granting us privileged access to what is strange, foreign. A curious paradox? Rather the means for us filmmakers, forever and again, to share the world. »

Programmers filmmakers 2019

Sylvie Ballyot, Aurélia Barbet, Marta Bergman, Michaël Dacheux, Marina Déak, Delphine Deloget, Jean-Louis Gonnet, Diego Governatori, Hanna Ladoul, Marco La Via, Vladimir Perišić, Clément Schneider, Idir Serghine, Christian Sonderegger, Laure Vermeersch.



Article

Découvrez les films de l'ACID Cannes !

L'ACID est de retour de Cannes où la programmation de 9 long-métrages et d'un focus ACID TRIP #3 Argentine a connu un grand succès à la fois critique, professionnel et public avec une augmentation de fréquentation de 10%.

Merci à toutes les équipes de films et aux acteurs précieux de cette chaîne solidaire : cinéastes, spectateurs, producteurs, exploitants, distributeurs, vendeurs et partenaires, qui permettent aux films sans distributeurs de trouver le chemin des salles.

Ainsi,

Rêves de jeunesse sortira chez Shellac le 31 juillet

• Vif-Argent chez les Films du Losange le 28 août

L'Angle Mort chez Rouge le 16 octobre

Des Hommes chez Rezo

Indianara chez New Story

Kongo chez Pyramide

Et d'autres nouvelles à venir.


En attendant les sorties, les films débutent leur carrière dans les festivals du monde entier dès le mois de juin, à commencer par le Festival de La Rochelle, le Festival du Film de Cabourg, le Champs-Elysées Film Festival

Nous vous donnons également rendez-vous pour les reprises de l'intégralité de la programmation ACID Cannes 2019 : à Paris au Louxor du 13 au 15 sept., à Lyon au Comoedia & à Marseille (La Baleine / Gyptis) du 4 au 6 oct., à Ajaccio à l'Ellipse du 11 au 13 oct., et à l'international : Tanger, Belgrade, Lisbonne, Porto...


Au plaisir de vous y retrouver !

Édito

Reprises ACID Cannes 2019

À la rentrée, retrouvez l'ensemble de la programmation ACID Cannes 2019 en France et à l'International !

> En savoir plus ici

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