Indianara

Un film de Aude Chevalier-Beaumel et Marcelo Barbosa

Indianara

Un film de Aude Chevalier-Beaumel et Marcelo Barbosa

Brésil - 2019 - 84 min

Révolutionnaire hors norme, Indianara mène avec sa bande un combat pour la survie des personnes transgenres au Brésil. Face aux attaques de son parti politique et à la menace totalitaire qui plane sur le pays, elle rassemble ses forces pour un dernier acte de résistance.

Bigger-than-life revolutionary, Indianara and her group lead a fight for the survival of transgender people in Brazil. She gathers her forces for one last battle against the attacks from her political party and the totalitarian threat to come.

SORTIE NATIONALE

27 novembre 2019

Sortie à venir

À PROPOS DE INDIANARA

Indianara est le titre du film mais avant tout le prénom d'une femme pour qui tout est question d'amour, d'amitié et de solidarité. En suivant cette militante transgenre, les cinéastes nous plongent dans une vie de combat, où chaque jour il s'agit de tenir face à la répression, au mépris. Cet engagement permanent est mené par une communauté transgenre brésilienne qui n'a pour seules armes que son indignation, son amour fraternel, sa détermination. Ici les corps, filmés sans fausse pudeur, s'assument, résistent, jamais ne se résignent. Ils nous font découvrir de fragiles existences où la fierté de la différence devient aussi un espace de joie communicative. Si l'on exulte c'est pour trouver la force de vivre.

Toujours au plus près de ce qui se joue sous nos yeux, la caméra saisit cette vitalité sans évacuer l'affolante réalité qui sans cesse rattrape les individus. Indianara est un film où l'intimité déborde l'action politique. C'est une œuvre qui se donne à nous comme un manuel de survie en terrain hostile, comme un pamphlet d'une immense richesse poétique. C'est enfin la démonstration que partout où nos libertés sont assiégées, c'est encore en puisant au plus profond de nos différences que nous trouverons la force de construire un idéal commun.


Indianara is the title of the film, but first and foremost the name of a woman for whom everything is about love, friendship and solidarity. As they follow this transgender militant, the filmmakers immerse us in a life made of fights. Every day is constructed as a struggle against oppression or disdain. This ongoing commitment is guided by a transgender community in Brazil, fighting solely with weapons of indignation, fraternal love and determination. Here, bodies stand strong, resist and never resign. They guide us through fragile existences where pride in being different becomes a place of communicative joy. If we revel it is in order to find the power to live.

Always close to what is at stake under our eyes, the camera grabs this vitality without ever dismissing the frightening reality, which constantly catches up with the characters. Indianara is a film where intimacy overflows political action. It offers itself to us as a survival guide in hostile territory, like a pamphlet of tremendous poetic intensity. It is finally a demonstration that wherever freedom is attacked, digging deeper in our differences is where we will find strength to build a common ideal.


Delphine Deloget

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Cinéaste


Jean-Louis Gonnet

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Cinéaste


Paroles de cinéastes

À propos de Indianara

Bien sûr, il y a Indianara, figure flamboyante en tête des manifs, la poitrine dénudée et scandant les droits de chacun à disposer de son corps, dénonçant les meurtres et les viols laissés impunis, appelant à une révolution qui serait emmenée par les travailleurs du sexe et la communauté LGBTI+. Une lutte menée depuis des années par Indianara et qui devient aujourd'hui une confrontation brutale avec la régression qu'impose un pouvoir totalitaire.

Il y a cette bande de personnes transgenres accueillies par Indianara dans une maison sans confort, un abri foutraque et cependant salutaire pour celles et ceux qui sortent de la précarité et échappent ainsi à la violence de la rue. La promiscuité ne laisse que peu d'espace à chacune, les corps se dénudent sans pudeur pour danser, se baigner ou faire la cuisine. Ils affichent avec aisance leurs singularités, ne cachent pas les marques qu'une vie dure a parfois imprimée dans les chairs. La caméra saisit les rires comme les disputes, les discussions inquiètes comme la détermination avec laquelle cette communauté affronte les vicissitudes et la répression.

Indianara veille sur son petit monde, en organise la bonne marche, joue autant de son autorité que de son humour pour y insuffler une joyeuse énergie. C'est alors qu'Indianara est vraiment belle, dans sa fragilité même. En la filmant dans la plus grande proximité, sans retenue et pourtant avec délicatesse, les cinéastes nous obligent à regarder une personne débordant de fraternité aux côtés de celles et ceux qui lui ressemblent, des êtres différents, ses enfants qu'elle protège de l'iniquité d'une société qui va jusqu'à les assassiner. Indianara ne se laisse pas intimider, elle ne renonce pas, elle dénonce, elle provoque, elle est vivante et ce film nous la rend proche.

Pascal Privet

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Programmateur


Paroles de programmateurs

INVITATIONS AUX SPECTATEURS - INDIANARA

DU CORPS INTIME AU CORPS SOCIAL

Dans un Brésil dépourvu de musées et d'institutions prenant en charge l'Histoire de l'esclavage ou de la dictature, le récit des luttes émancipatrices s'inscrit singulièrement dans les corps et dans la rue, dans la culture populaire, dans la tradition orale. De ce point de vue, le film d'Aude Chevalier-Beaumel et Marcelo Barbosa a valeur de document, car il s'intéresse à une partie souvent méconnue de cette histoire sociale. Lorsque l'on voit apparaître Indianara à l'écran, seins nus, verbe haut, manifestant pour les droits de la communauté transgenre, on songe évidemment à Marianne. Devenue désormais iconique et pleinement consciente de l'être, Indianara s'inscrit dans l'histoire des minorités et des luttes LGBTI+ en faisant de son corps un outil politique. Retourner les stigmates, ces différences perçues de façon péjorative ou hostile*, les assumer et les revendiquer avec fierté, mais également occuper physiquement l'espace public dans une volonté de réappropriation citoyenne. La notion de corps-instrument de revendications ou a contrario de corps instrumentalisé revient ainsi régulièrement dans la bouche des protagonistes : « on va expulser ces corps [de la Casa Nem] », « ils ont utilisé nos corps pour les élections », « vous n'utiliserez plus nos corps pour vous promouvoir », etc. Le rapport au corps, central dans les combats d'Indianara et des occupantes de la Casa Nem, semble donner sa propre consistance au film : physique, charnelle, la caméra est à leurs côtés et rend hommage à leur beauté, qu'ils soient abîmés, puissants ou graciles. Les cinéastes, quant à eux, parlent volontiers de corps-musée au sujet d'Indianara elle-même. Ayant à coeur de partager son expérience, celle-ci accorde une importance fondamentale à la mémoire. Avec la complicité de la caméra, elle expose volontiers sa personne, témoignant par sa chair des luttes des communautés transgenres depuis des générations.

* Erving Goffman, Stigmate (1963)


LE MONTAGE DU FILM, DE L'URGENCE À LA RESISTANCE

Si la première séquence d'Indianara nous alerte sans détour sur la situation critique des communautés transgenres du Brésil dont la vie est directement menacée, le film témoigne d'un esprit de résistance à toute épreuve, cherchant sans relâche la lumière en ces temps obscurs. Comme s'il fallait organiser le pessimisme et le transformer par l'action en un optimisme tenace. La structure du film semble elle-même reposer sur cette construction. Dans la première partie, d'un funeste constat, la déploration cède place à une lutte aux accents souvent joyeux : on songe aux préparatifs cocasses et un tantinet chaotiques d'une manifestation, aux proverbiales disputes du couple Indianara-Mauricio ou bien à la célébration d'un non-Noël dans une piscine gonflable. Le point de bascule se situe au moment tragique de l'assassinat de la femme politique et militante Marielle Franco. La maison d'Indianara, d'abord présentée comme un îlot à l'abri du monde, deviendra forteresse en s'équipant de caméras de surveillance... Toute la deuxième partie du film se déploie alors autour des possibilités de résistance, sans cesse mises à l'épreuve avec l'arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro, qui est accueillie avec effroi et sidération par Indianara et sa communauté. Par le travail de montage, la narration passe ainsi constamment du drame à la joie ou à la révolte, reflet de la façon dont les cinéastes eux-mêmes ont vécu les événements durant ces deux années de tournage.

Article

Découvrez les films de l'ACID Cannes !

L'ACID est de retour de Cannes où la programmation de 9 long-métrages et d'un focus ACID TRIP #3 Argentine a connu un grand succès à la fois critique, professionnel et public avec une augmentation de fréquentation de 10%.

Merci à toutes les équipes de films et aux acteurs précieux de cette chaîne solidaire : cinéastes, spectateurs, producteurs, exploitants, distributeurs, vendeurs et partenaires, qui permettent aux films sans distributeurs de trouver le chemin des salles.

Ainsi,

Rêves de jeunesse sortira chez Shellac le 31 juillet

• Vif-Argent chez les Films du Losange le 28 août

L'Angle Mort chez Rouge le 16 octobre

Des Hommes chez Rezo

Indianara chez New Story

Kongo chez Pyramide

Et d'autres nouvelles à venir.


En attendant les sorties, les films débutent leur carrière dans les festivals du monde entier dès le mois de juin, à commencer par le Festival de La Rochelle, le Festival du Film de Cabourg, le Champs-Elysées Film Festival

Nous vous donnons également rendez-vous pour les reprises de l'intégralité de la programmation ACID Cannes 2019 : à Paris au Louxor du 13 au 15 sept., à Lyon au Comoedia & à Marseille (La Baleine / Gyptis) du 4 au 6 oct., à Ajaccio à l'Ellipse du 11 au 13 oct., et à l'international : Tanger, Belgrade, Lisbonne, Porto...


Au plaisir de vous y retrouver !

Édito

Deux films ACID Cannes sélectionnés aux Écrans Documentaires

SOLO d'Artemio Benki et INDIANARA d'Aude Chevalier-Beaumel et Marcelo Barbosa sont sélectionnés aux Écrans Documentaires, qui se déroulera du 13 au 19 novembre à Arcueil. 

  • Samedi 16 novembre à 20h30 : INDIANARA (Espace Jean Vilar - Salle 1)
  • Dimanche 17 novembre à 17h30 : SOLO (Espace Jean Vilar - Salle 1)


> Plus de détails ici <

Actualité

Reprises ACID Cannes 2019

À la rentrée, retrouvez l'ensemble de la programmation ACID Cannes 2019 en France et à l'International !

> En savoir plus ici

Actualité

L'ACID dévoile sa programmation pour l'ACID Cannes 2019 !

Les cinéastes de l'ACID auront le plaisir de présenter à Cannes un programme de 9 longs-métrages dont 7 premiers longs, en présence des équipes de films et de leurs marraines et parrains de l'ACID. Sur les 5 fictions et 4 films documentaires présentés, 4 ont été réalisés ou co-réalisés par des femmes.

Ce programme est enrichi d'un focus sur le cinéma argentin, l'ACID TRIP #3 Argentine, en partenariat avec l'association de cinéastes PCI. 


« Face aux changements profonds du monde, la programmation 2019 fait la part belle aux lignes de fuite, à ces chemins par lesquels se construisent des destins, où les corps plutôt que de disparaitre ou se soumettre affirment leur présence comme point de départ d'une résistance à organiser. 

Récits fantastiques, fables émancipatrices, réalisme documentaire ? Le cinéma dont nous nous nourrissons se joue des catégories, articule des alliages esthétiques inédits ou revisités. Les personnages transcendent moins leur destin pour tendre à l'universel qu'ils ne l'incarnent dans leur singularité, leur intensité, nous offrant ainsi un accès privilégié à ce qui nous est étranger. Curieux paradoxe ? Bien plutôt le moyen, pour nous cinéastes, de mettre encore et encore le monde en partage. »

Les cinéastes programmateurs 2019

Sylvie Ballyot, Aurélia Barbet, Marta Bergman, Michaël Dacheux, Marina Déak, Delphine Deloget, Jean-Louis Gonnet, Diego Governatori, Hanna Ladoul, Marco La Via, Vladimir Perišić, Clément Schneider, Idir Serghine, Christian Sonderegger, Laure Vermeersch.


LA PROGRAMMATION ACID CANNES 2019 :


L'ACID TRIP#3 ARGENTINE :


La 27e édition de l'ACID Cannes se tiendra du mercredi 15 au vendredi 24 mai 2019.

> Retrouvez toutes les informations ici <


ACID filmmakers are thrilled to present this year in Cannes, a program of 9 feature-length films of which 7 are first time features. Films will be shown in the presence of the film crews and of their supporting filmmakers from ACID.

5 fictions and 4 documentaries, 4 of which were directed or codirected by women.

This program is enhanced by a focus on Argentinian cinema, ACID TRIP#3ARGENTINE, in partnership with Argentinian filmmakers of the PCI.


« As the world faces deep changes, this 2019 ACID program honors vanishing points and celebrates paths with which destinies are built, where bodies instead of disappearing or submitting, assert their presence, as a starting point for organized resistance.

Tales of fantasy, emancipatory fables, documentary realism? The cinema on which we thrive defies categories, articulates unseen or forgotten esthetical blends. Characters do not so much transcend their destiny to reach for the universal, rather they embody their destiny within their singularity and intensity. Granting us privileged access to what is strange, foreign. A curious paradox? Rather the means for us filmmakers, forever and again, to share the world. »

Programmers filmmakers 2019

Sylvie Ballyot, Aurélia Barbet, Marta Bergman, Michaël Dacheux, Marina Déak, Delphine Deloget, Jean-Louis Gonnet, Diego Governatori, Hanna Ladoul, Marco La Via, Vladimir Perišić, Clément Schneider, Idir Serghine, Christian Sonderegger, Laure Vermeersch.



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