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Des Hommes

Un film de Alice Odiot et Jean-Robert Viallet

Des Hommes

Un film de Alice Odiot et Jean-Robert Viallet

France - 2019 - 90 min

Trente mille mètres carrés et 2 000 détenus dont la moitié n'a pas 30 ans. La prison des Baumettes raconte la misère, la violence, les abandons et les espoirs aussi. C'est une histoire avec ses cris et ses silences. Un concentré d'humanité.

Thirty thousand square meters and 2.000 inmates, half of them under 30 years old. The Baumettes jail tells about misery, violence, abandonment, and also hopes. It is a story with its screams and its silences. A concentrate of humanity.

EN SALLE

Sorti le 19 février 2020

En salle

À PROPOS DES HOMMES

Derrière la vitre de sécurité, la silhouette agitée d'un détenu tournant en rond. La scène dure, hypnotique. La caméra insiste. Les traits du jeune homme nous deviennent familiers. Sa rage fait place à la détresse. Sous nos yeux, il s'humanise. En un plan, les cinéastes plantent le décor et exposent sans équivoque leur ambition : déceler l'humanité en milieu carcéral. 

La première sensation qui transpire de ces images est celle d'une lumière s'infiltrant partout dans ces espaces clos, illuminant tous ces visages heurtés par la vie. En tout point, ce long-métrage porte une exigence photographique qui permet de saisir la trajectoire de ces hommes.

L'audace du film est aussi celle-ci : par une mise en scène sophistiquée, sans misérabilisme, Alice Odiot et Jean-Robert Viallet font sauter les clichés du genre, nous offrant une vision de la prison inattendue, provocante. Révéler l'humanité circulant dans un lieu bâti pour en effacer la trace est un acte subversif. Mais la brutalité du monde carcéral n'est pas occultée. Elle nous est rapportée par le hors-champ, un regard, un murmure. Donner la parole à ces hommes, nous donner à voir ces fragments de vie c'est reconstruire leur destin. Cette liberté d'écriture prise par les cinéastes est un geste esthétique et politique dont on sort grandi.


On the other side of a security window, the restless silhouette of a prisoner, going in circles. The scene persists, hypnotic. The camera insists. The young man's face becomes familiar. His rage overcomes distress. Under our eyes, the inmate's humanity prevails. In a single shot, the filmmakers set the scene and reveal their ambition: finding humanity within the prison environment. What first emerges from these images is light, seeping everywhere into these enclosed spaces. Light illuminating faces wounded by life. Everything in this feature carries a cinematic requirement, which enables us to seize the journey of these men. The film's audacity is also to be found in a sophisticated esthetic, which refuses to surrender to the pitiful. Alice Odiot and Jean-Robert Viallet succeed in blowing over clichés of the genre, offering a truly unexpected, provocative vision of prison life. Revealing what is human in a place built to erase any remaining shadow of humanity, is in itself a subversive move. But the brutality of the prison is not concealed. We access it through what is kept outside the frame, a look, a whisper. Letting these men speak, giving us access to fragments of their lives, is a way of reconstructing their destiny. This freedom within the narrative taken by the filmmakers, is an action both esthetical and political. And in it, as an audience, we thrive.


Christian Sonderegger

 - 

Cinéaste


Idir Serghine

 - 

Cinéaste


Paroles de cinéastes

A PROPOS DE DES HOMMES

Une plongée au cœur du quotidien d'une des prisons les plus insalubres de France. C'est ce que nous proposent Alice Odiot et Jean-Robert Viallet. Un sujet qui n'est pas le plus évident à proposer à nos spectateurs, et pourtant c'est avec talent que les deux cinéastes réussissent à nous happer dans cet univers rugueux. Ils nous plongent dans la vie de ces détenus, la plupart très jeunes, à peine vingt ans et déjà plusieurs condamnations et séjours à leur actif.


Pour nous familiariser avec cet univers, les plans à l'intérieur de la prison accompagnés par une bande-son judicieusement choisie sont autant de respirations bienvenues dans ce bâtiment en décrépitude. L'œil de la caméra s'amuse avec le surcadrage des grilles, des écrans de télévision constamment allumés ou des fenêtres qui laissent pénétrer la lumière du soleil du Sud, contrastant avec l'insalubrité de l'établissement.


Les deux cinéastes prennent le temps de s'immiscer petit à petit dans ce qui rythme la vie de la prison : les rendez-vous avec l'administration, le troc entre détenus par les fenêtres, les douches ou encore le sport comme échappatoire. Autant de rituels qui ponctuent un quotidien marqué aussi par l'ennui qui ronge les esprits. Comme s'il fallait montrer patte blanche pour rentrer petit à petit dans l'intimité de ces hommes, et que les langues se délient. Les témoignages de ces vies cabossées sont, avec surprise, racontés avec humour pour certains. Tout comme la cocasserie de certains entretiens ou condamnations en interne pour ceux qui ont dérogé aux règles de vie, nous fait presque oublier que ces hommes ne sont pas que des « anges », comme le rappelle la responsable de l'établissement.


Au fur et à mesure des rencontres, les deux cinéastes dressent le portrait d'une certaine jeunesse qui s'est déjà cassée le nez très tôt dans la rue et qui semble l'accepter avec une certaine évidence, comme si le passage aux Baumettes faisait partie de leur apprentissage vers la vie d'adulte...

Julie Szymaszek

 - 

Programmatrice


Les 3 Robespierres Vitry-sur-Seine
Paroles de programmateurs

INVITATIONS AUX SPECTATEURS - DES HOMMES

UNE QUESTION D'HUMANITÉ


Le film aurait pu s'intituler Les Baumettes. Les cinéastes et leur producteur ont choisi Des Hommes, titre qui s'est imposé durant le travail de montage.

Que reste-t-il d'humanité dans cette prison dénoncée à de nombreuses reprises pour ses conditions de détention inhumaines (y compris par les plus hautes autorités administratives) ? Par quels interstices par-vient-elle à ressurgir ? Plutôt que de se focaliser sur ce lieu emblématique de l'univers carcéral en France, Alice Odiot et Jean-Robert Viallet se sont intéressés à ses occupants : les détenus mais également le personnel pénitentiaire, qui se laisse rarement filmer en immersion. Des images émerge la nécessité impérieuse de faire lien, envers et contre tout : on s'invective et on s'interpelle constamment, à travers les fenêtres, les barreaux, les couloirs interminables… Le dispositif mis en place par les cinéastes, favorisant l'émergence de la parole, semble ainsi répondre à ce besoin fondamental d'un rapport humain, d'un échange. Les protagonistes ont été prévenus en amont du tournage, mais aucune préparation particulière n'a été mise en place afin d'obtenir les scènes les plus naturelles possibles. On pressent aussi l'urgence de part et d'autre de témoigner de ces conditions de vie et de travail rendues insupportables. La vulnérabilité affleure souvent mais ces voix qui s'élèvent par-delà les verrous sont filmées sans misérabilisme. Elles dressent un constat implacable, qui nous questionne en tant que spectateurs et citoyens : est-ce ainsi que les hommes vivent ?


LE CHOIX DU CINÉMA

Cinéastes mais aussi journalistes (et récompensés chacun par le Prix Albert Londres en 2010 et 2012), Alice Odiot et Jean-Robert Viallet ont décidé dès la genèse du projet de réaliser un film de cinéma plutôt qu'un reportage. Pas de commentaire en voix off, pas de format préconçu, mais une expérience immersive pour le spectateur dont la forme serait dictée par les images et le matériel sonore recueillis. Les questions de mise en scène se donc posées d'emblée : où placer la caméra ? Quelle distance avec les détenus ? Comment ne pas s'imposer comme un œil supplémentaire, après celui des surveillants, puis de l‘institution en général ? Le film affiche une grande sobriété dans sa manière de contourner les contraintes spatiales : il privilégie les plans fixes, évite les axes regard (que ce soit du point de vue des détenus ou de celui du personnel pénitentiaire), et il s'écarte de tout sensationnalisme. La force des images vaut égale-ment par leur dimension métaphorique : l'insalubrité des Baumettes qui transparaît dans chaque scène ne figure-t-elle pas celle d'un système à bout de souffle ? Le travail sur le son favorise tout autant notre sen-sation d'immersion ; dans un lieu aussi chargé sur le plan sonore que la prison, les cinéastes ont su créer une dynamique entre sons environnants et intériorité des personnages. Ainsi passe-t-on de séquences dominées par les échos de lourdes portes qui se ferment, par la clameur lointaine de personnes incarcé-rées, à des scènes de monologues où la parole des détenus surgit en voix off. L'emploi de la musique semble participer du même mouvement : suspendre le temps et accéder à cette part d'intimité qui jusqu'ici se dérobait à notre regard.

Article

L'ACID dévoile sa programmation pour l'ACID Cannes 2019 !

Les cinéastes de l'ACID auront le plaisir de présenter à Cannes un programme de 9 longs-métrages dont 7 premiers longs, en présence des équipes de films et de leurs marraines et parrains de l'ACID. Sur les 5 fictions et 4 films documentaires présentés, 4 ont été réalisés ou co-réalisés par des femmes.

Ce programme est enrichi d'un focus sur le cinéma argentin, l'ACID TRIP #3 Argentine, en partenariat avec l'association de cinéastes PCI. 


« Face aux changements profonds du monde, la programmation 2019 fait la part belle aux lignes de fuite, à ces chemins par lesquels se construisent des destins, où les corps plutôt que de disparaitre ou se soumettre affirment leur présence comme point de départ d'une résistance à organiser. 

Récits fantastiques, fables émancipatrices, réalisme documentaire ? Le cinéma dont nous nous nourrissons se joue des catégories, articule des alliages esthétiques inédits ou revisités. Les personnages transcendent moins leur destin pour tendre à l'universel qu'ils ne l'incarnent dans leur singularité, leur intensité, nous offrant ainsi un accès privilégié à ce qui nous est étranger. Curieux paradoxe ? Bien plutôt le moyen, pour nous cinéastes, de mettre encore et encore le monde en partage. »

Les cinéastes programmateurs 2019

Sylvie Ballyot, Aurélia Barbet, Marta Bergman, Michaël Dacheux, Marina Déak, Delphine Deloget, Jean-Louis Gonnet, Diego Governatori, Hanna Ladoul, Marco La Via, Vladimir Perišić, Clément Schneider, Idir Serghine, Christian Sonderegger, Laure Vermeersch.


LA PROGRAMMATION ACID CANNES 2019 :


L'ACID TRIP#3 ARGENTINE :


La 27e édition de l'ACID Cannes se tiendra du mercredi 15 au vendredi 24 mai 2019.

> Retrouvez toutes les informations ici <


ACID filmmakers are thrilled to present this year in Cannes, a program of 9 feature-length films of which 7 are first time features. Films will be shown in the presence of the film crews and of their supporting filmmakers from ACID.

5 fictions and 4 documentaries, 4 of which were directed or codirected by women.

This program is enhanced by a focus on Argentinian cinema, ACID TRIP#3ARGENTINE, in partnership with Argentinian filmmakers of the PCI.


« As the world faces deep changes, this 2019 ACID program honors vanishing points and celebrates paths with which destinies are built, where bodies instead of disappearing or submitting, assert their presence, as a starting point for organized resistance.

Tales of fantasy, emancipatory fables, documentary realism? The cinema on which we thrive defies categories, articulates unseen or forgotten esthetical blends. Characters do not so much transcend their destiny to reach for the universal, rather they embody their destiny within their singularity and intensity. Granting us privileged access to what is strange, foreign. A curious paradox? Rather the means for us filmmakers, forever and again, to share the world. »

Programmers filmmakers 2019

Sylvie Ballyot, Aurélia Barbet, Marta Bergman, Michaël Dacheux, Marina Déak, Delphine Deloget, Jean-Louis Gonnet, Diego Governatori, Hanna Ladoul, Marco La Via, Vladimir Perišić, Clément Schneider, Idir Serghine, Christian Sonderegger, Laure Vermeersch.



Article

Découvrez les films de l'ACID Cannes !

L'ACID est de retour de Cannes où la programmation de 9 long-métrages et d'un focus ACID TRIP #3 Argentine a connu un grand succès à la fois critique, professionnel et public avec une augmentation de fréquentation de 10%.

Merci à toutes les équipes de films et aux acteurs précieux de cette chaîne solidaire : cinéastes, spectateurs, producteurs, exploitants, distributeurs, vendeurs et partenaires, qui permettent aux films sans distributeurs de trouver le chemin des salles.

Ainsi,

Rêves de jeunesse sortira chez Shellac le 31 juillet

• Vif-Argent chez les Films du Losange le 28 août

L'Angle Mort chez Rouge le 16 octobre

Des Hommes chez Rezo

Indianara chez New Story

Kongo chez Pyramide

Et d'autres nouvelles à venir.


En attendant les sorties, les films débutent leur carrière dans les festivals du monde entier dès le mois de juin, à commencer par le Festival de La Rochelle, le Festival du Film de Cabourg, le Champs-Elysées Film Festival

Nous vous donnons également rendez-vous pour les reprises de l'intégralité de la programmation ACID Cannes 2019 : à Paris au Louxor du 13 au 15 sept., à Lyon au Comoedia & à Marseille (La Baleine / Gyptis) du 4 au 6 oct., à Ajaccio à l'Ellipse du 11 au 13 oct., et à l'international : Tanger, Belgrade, Lisbonne, Porto...


Au plaisir de vous y retrouver !

Édito

9 films ACID dans le Mois du Film Documentaire 2019

Le Mois du Film Documentaire, coordonné par Images en Bibliothèques, comprend cette année une très belle sélection, dont neuf films ACID :


   • Belinda de Marie Dumora

   • Bovines - ou la vraie vie des vaches de Emmanuel Gras

   • Cassandro the Exotico! de Marie Losier

   • Dans ma tête un rond-point de Hassen Ferhani

   • Des hommes de Jean-Robert Viallet & Alice Odiot 

   • M de Yolande Zauberman

   • Of Men and War [Des hommes et de la guerre] de Laurent Bécue-Renard

   • Quelle Folie de Diego Governatori

   • Kongo de Hadrien La Vapeur & Corto Vaclav


> Evénements, avant-premières et rencontres sur leur site

Actualité

Reprises ACID Cannes 2019

À la rentrée, retrouvez l'ensemble de la programmation ACID Cannes 2019 en France et à l'International !

> En savoir plus ici

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