Mode previewtemplate : film

La Fille et le fleuve

Un film de Aurélia Georges

La Fille et le fleuve

Un film de Aurélia Georges

France - 2014 - 65 min

Nouk et Samuel s’aiment, mais leur jeunesse les rend possessifs et maladroits. Un jour, Nouk perd brusquement Samuel. Il se retrouve dans les limbes… L’espoir fou de Nouk va-t-il l’arracher au séjour des morts ?

Avec :
Sabrina Seyvecou , Guillaume Allardi , Serge Bozon et Françoise Lebrun

Sorti le 11 novembre 2015

Sortie non communiquée

À propos de La fille et le fleuve

Il y a des films qui sont des ponts entre deux mondes. Des films où les morts et les vivants communiquent. Il y a un cinéma qui rend possible ces liens mystérieux. Nouk entre dans un lac glacé, Samuel la sauve. C'est ainsi que nous avançons dans le récit de La Fille et le fleuve et c'est une histoire d'amour qui devient soudain possible. Le temps passe, Nouk a besoin de Samuel, mais Samuel n'est plus certain de son attachement envers celle qu'il a empêchée de rejoindre l'autre rive. Alors, quand le destin décide de frapper le jeune homme et que la séparation a lieu, « être ensemble » devient pour Nouk une question de vie ou de mort. 

Mais la mort est une administration ; elle a ses failles ; c'est heureux ! La vie aussi a ses failles ; la vie est pleine d'interférences ! Commence alors le beau pari du film d'Aurélia Georges et pour le relever, nous entrons en territoire de cinéma ami ; un cinéma qui n'a pas peur du poétique, qui ose le fantastique. On pense à Kyoshi Kurosawa ou à Kore-Eda (et à son merveilleux After Life), mais aussi à Jean Claude Biette et cette double proximité nous enchante parce qu'elle est inattendue et audacieuse. Comme l'est cette rencontre - du côté des vivants -, avec ce dandy « mods » assis sur le rebord d'un pont, en transit entre Bagnolet et le Pays des Morts. Ou celle - du côté des morts -, avec Mileva Einstein qui n'a pas sa langue dans la poche lorsqu'elle parle d'Albert. Il y a des films comme La Fille et le fleuve qui sont des poèmes précieux. Ils sont de plus en plus rares et c'est ce qui les rend indispensables.

Sébastien Betbeder

 - 

Cinéaste


Paroles de cinéastes

ACID CANNES 2014 | Interview de Aurélia Georges

[voir la vidéo réalisée par Léa Bouvier ->http://youtu.be/y_X7dO59T_w]

Interview Aurélia Georges et Vadim Sher (La Fille et le fleuve)

Le compositeur d'origine russe basé à Paris Vadim Sher signe avec La Fille et le fleuve (ACID, Cannes 2014) sa première musique pour un long métrage français avec la réalisatrice Aurélia Georges qui signe son deuxième film après L'Homme qui marche. Rencontre.







En tant que cinéaste, quelle est votre rapport à la musique ?






Aurélia Georges : La musique est pour moi une affaire de montage. Au stade du montage image, la musique va déterminer le rythme, va orienter le sens du film, va orienter la tonalité. Je ne peux trouver la musique qu'au montage. Avant, je n'ai pas encore vu le jeu d'acteur, je n'ai pas encore vu l'organisation de la séquence, ce qui participe à choisir le type de musique. J'ai besoin de l'image pour la musique, mais j'ai aussi besoin de la musique pour l'image.




Quelles indications donnez-vous aux compositeurs pour orienter leur musique vers ce que vous voulez ?






A.G : Avec les deux compositeurs avec lesquels j'ai travaillé, Arnaud Sallé sur mon premier film et Vadim sur celui-ci, je n'ai pas eu besoin de leur donner des clés, ils se sont eux-même approché du film. On parle bien sûr, mais je n'ai pas donné tellement de cahier des charges, c'est un échange. C'est la sensibilité du compositeur qui s'exprime. Et avec Vadim, on se connaît depuis longtemps donc on a eu une confiance amicale dès le départ, ce qui nous a aidé.




Vadim Sher : En effet, on connaît bien le travail l'un de l'autre, donc même si c'est notre première vraie collaboration, nous n'étions pas deux artistes qui ne se connaissent pas et qui doivent se découvrir.




Quelle était la première inspiration pour la musique de La Fille et le fleuve ?






V.S : La première inspiration était à l'oreille, puisque le film se base au départ sur un court-métrage qui existait et pour lequel Aurélia a choisi de mettre un extrait du Gibet de Ravel. Ensuite, ma seconde source d'inspiration est visuelle, je me suis posé la question, face aux images, comment peut sonner l'au-delà. Ce n'est pas une mince affaire. Ensuite, il y a les scènes dans lesquelles Aurélia voulait avoir de la musique. Dans la recherche commune, on a déterminé ce que doit dire la musique dans telle ou telle scène.




A.G : La question se posait au montage de savoir si dans l'au-delà il devait y avoir plutôt de la musique ou plutôt une bande son musicale venant du monteur son. On a évolué là-dessus en cours de route. On détermine précisément quelle couleur et quelle sensation pour telle scène, et même au sein d'une même scène la musique peut changer. Le début peut être entrainant parce qu'on a besoin que le récit avance, puis ensuite il faut que ce soit plus délicat, mélancolique. Il y a des morceaux musicaux qui évoluent sur la dramaturgie du film.




V.S : Au final, il n'y a pas vraiment de musique d'ambiance ou d'atmosphère. La musique a un rôle émotionnel. Elle n'est pas là pour créer une ambiance mystique.




Pensez-vous garder votre style personnel pour le cinéma ou vous adaptez-vous à la commande ?






V.S : Si quelqu'un veut travailler avec moi, c'est parce que j'ai un style, qui peut convenir ou pas, c'est au réalisateur d'en décider. Cela dit, je me plie sur pleins de choses à la commande. Ce qui m'intéresse dans un travail au cinéma, ce sont les contraintes, jouer avec le style particulier de chaque réalisateur, de chaque scénario. Mais évidemment, mon propre style apparaît malgré moi.




A.G : Comme tu dis, on te choisit pour ton style. J'ai croisé des compositeurs qui font de la musique à la commande ("il me faut de la techno, il me faut de la salsa, il me faut une valse"). C'est bien, c'est aussi un talent de savoir le faire. Mais c'est vrai que je suis venu voir Vadim parce qu'il amenait son propre univers.




V.S : Ce qui compte, c'est que ce soit adéquat avec l'image, avec l'idée qu'on veut exprimer.




La musique du film a un aspect romanesque, elle élargit le plan...






A.G : C'est vrai, c'est une musique romanesque, voire peut être même romantique par moments, quelque chose de plus classique que sur L'Homme qui marche. On ne pourrait pas inverser les deux bandes musicales.




V.S : Pour cette ampleur romanesque, il fallait quelque chose de plus large que la musique de chambre, à certains moments. Mais vu les budgets, on n'a pas tellement d'autres choix que de se contenter de quelques musiciens. Je ne suis pas un adepte des machines. Cela me frustre énormément. On ne peut pas obtenir le même son avec les orchestres virtuels. On a donc enregistré de vrais musiciens avec des prises à plusieurs micros du même instrument. Un ami violoniste extrêmement doué a joué les violons 1, les violons 2... On était obligé d'employer des astuces, mais c'est toujours mieux que des machines.




A.G : D'ailleurs, cela donne des accents qui m'évoquent un peu Badalamenti par moments, mais c'est à cause de cette petite basse synthétique. Je ne suis pas musicienne, mais je suis aussi frustrée de ne pas avoir eu un orchestre, avec le souffle de l'interprétation. J'aimerais bien un jour le faire avec toi.




Vadim, vous faites aussi des ciné-concerts, est-ce pour vous si différent ?






V.S : Trouver une approche au film, que ce soit pour le cinéma contemporain ou le ciné-concert, on met à peu près le même temps, la même énergie. Qu'il y ait dix minutes de musique originale ou une heure comme dans le cas du ciné-concert, ce n'est pas si différent. C'est le temps d'enregistrement qui est différent, et le temps de préparation de l'enregistrement, mais pas tellement la recherche de la fameuse clé qui ouvre la porte vers l'adéquation entre l'image et la musique.





Propos recueillis par Benoît Basirico, [Cinezic.org->http://www.cinezik.org/infos/affinfo.php?titre0=20140524223624]

24. Entrevues de Belfort

Du 22 au 30 novembre


29ème édition



-* [LA FILLE ET LE FLEUVE->art3523] de Aurélia Georges (ACID CANNES 2014)

En présence de la réalisatrice

Séance suivie d’une masterclass : composer la musique d’un film

En présence de Vadim Sher, compositeur


-* [NEW TERRITORIES->art3519] de Fabianny Deschamps (ACID CANNES 2014)

Jeudi 27 novembre à 20h30

En présence de la réalisatrice


-* [IRANIEN->art4021] de Mehran Tamadon

Vendredi 28 novembre à 20h30v
En présence du réalisateur


[www.festival-entrevues.com->http://www.festival-entrevues.com/fr]







Projection de LA FILLE ET LE FLEUVE

Le 12 décembre à 20h30 au Brady : projection de La fille et le fleuve de Aurélia Georges suivie d'une rencontre avec le producteur et distributeur et l'actrice Sabrina Seyvecou.

Article

Des Mots Bleus - News #6

Le 23 avril 2020


Chères toutes, chers tous,

Alors que touche presque à sa fin la sixième semaine de confinement, nous continuons de penser à vous ; en témoignent ces nouvelles idées d'évasion par le cinéma.
N'hésitez pas à nous envoyer vos suggestions pour compléter ces lettres avec nous. Et à nous suivre sur Facebook, Instagram, Twitter...


Les cinéastes et l'équipe de l'ACID


LA JEUNE FILLE SANS MAINS de Sébastien Laudenbach


En des temps difficiles, un meunier vend sa fille au Diable. Protégée par sa pureté, elle lui échappe mais est privée de ses mains. Cheminant loin de sa famille, elle rencontre la déesse de l'eau, un doux jardinier et le prince en son château. Un long périple vers la lumière…


Programmé à l'ACID Cannes 2016 puis soutenu à sa sortie - Les options VOD


PSICONAUTAS de Alberto Vázquez et Pedro Rivero


Sur une île ravagée par un désastre écologique, deux adolescents ont décidé de fuir leur entourage et leur quotidien : l'étrange Birdboy en se coupant du monde et en affrontant ses démons intérieurs, la téméraire Dinky en préparant un voyage dangereux, avec l'espoir secret que Birdboy l'accompagne.


Soutenu par l'ACID en 2017 - Les options VOD


UN PEU DE LECTURE...

« ll y a des films qui sont des ponts entre deux mondes. Des films où les morts et les vivants communiquent. Il y a un cinéma qui rend possible ces liens mystérieux. »

« Nouk entre dans un lac glacé, Samuel la sauve. C'est ainsi que nous avançons dans le récit de La Fille et le fleuve et c'est une histoire d'amour qui devient soudain possible. Le temps passe, Nouk a besoin de Samuel, mais Samuel n'est plus certain de son attachement envers celle qu'il a empêchée de rejoindre l'autre rive. Alors, quand le destin décide de frapper le jeune homme et que la séparation a lieu, « être ensemble » devient pour Nouk une question de vie ou de mort. Mais la mort est une administration ; elle a ses failles ; c'est heureux ! La vie aussi a ses failles ; la vie est pleine d'interférences ! Commence alors le beau pari du film d'Aurélia Georges et pour le relever, nous entrons en territoire de cinéma ami ; un cinéma qui n'a pas peur du poétique, qui ose le fantastique. On pense à Kyoshi Kurosawa ou à Kore-Eda (et à son merveilleux After Life), mais aussi à Jean-Claude Biette et cette double proximité nous enchante parce qu'elle est inattendue et audacieuse. Comme l'est cette rencontre - du côté des vivants -, avec ce dandy « mods » assis sur le rebord d'un pont, en transit entre Bagnolet et le Pays des Morts. Ou celle - du côté des morts -, avec Mileva Einstein qui n'a pas sa langue dans la poche lorsqu'elle parle d'Albert. Il y a des films comme La Fille et le fleuve qui sont des poèmes précieux. Ils sont de plus en plus rares et c'est ce qui les rend indispensables. »


> Lire l'intégralité du texte ici <

...ET DE LA MUSIQUE

Pour voir cet élément vous devez autoriser les cookies youtube.

Changer mes préférences

Martín Perino au piano

En hommage à Artemio Benki, réalisateur de SOLO, qui nous a quittés la semaine dernière.


Et pour celles et ceux qui sont plutôt team podcasts ; on vous propose de réécouter l'émission Plan Large sur le cinéma de Mai 68 avec Richard Copans, cinéaste et chef opérateur, membre dans les années 1970 du collectif Cinélutte, et producteur notamment du film REPRISE d'Hervé Le Roux : "Filmer en mai, et après".


ET POUR FINIR, LE PLEIN D'AUTRES PROPOSITIONS CINÉPHILES


  • Toujours plein de films ACID à voir, et notamment NE CROYEZ SURTOUT PAS QUE JE HURLE de Frank Beauvais (dont les échos avec nos vies de confiné-e-s sont multiples...), en VOD ici.

    > Par ailleurs, sur chaque fiche film sur notre site, vous pouvez trouver des liens vers les options légales de vidéo à la demande !

  • C'est aussi le moment de découvrir des films de cinéastes ACID, comme le moyen-métrage d'Idir Serghine, CROSS, visionnable sur Arte et pour 7 jours à partir de samedi 25 avril.

  • Les cinémas de l'Hexagone continuent de se mobiliser pour proposer des films (notamment sur La Toile) et conserver le lien avec tous leurs publics.

    > On vous parle encore de La Baleine à Marseille, qui accueille de nouveau un cinéaste ACID pour l'hebdomadaire rencontre sur Zoom. Rendez-vous ce dimanche 26 avril à 18h pour une rencontre avec le cinéaste de l'ACID Damien Manivel (LE PARC).

  • D'autre part, DES HOMMES de Jean-Robert Viallet et Alice Odiot (ACID Cannes 2019), est un des films mis à l'honneur cette semaine par "La Baleine de chez soi".

    > Et si on continuait de voir les films en grand ? A Paris, le Cinéma La Clef a projeté LA NUIT DU CHASSEUR sur sa façade. Une projection en plein air est prévue chaque vendredi à 21h.

  • Pendant ce temps, Cabourg réfléchit à des projections en drive-in comme de l'autre côté de l'Atlantique...

  • Les pronostics de Wask pour rêver à un Cannes 2020.

  • Le groupe CGR invite les spectateurs à participer à sa programmation : "Demandez le programme !".

  • L'édition 2020 du Champs-Elysées Film Festival se déroulera 100% en ligne (et gratuitement) du 9 au 16 juin.

  • Et l'article pour finir : sur Libé, on se demande s'il faut se réjouir de l'arrivée de Truffaut sur Netflix?

En espérant que ça s'achève bientôt !
(images tirées de TOMBÉ DU CIEL, Wissam Charaf
- Programmé à l'ACID Cannes 2016)


> Contenu à retrouver également sur les sites de nos partenaires Mediapart et Télérama <

Chaque jeudi en ce temps de confinement, recevez dans votre boîte aux lettres les nouvelles propositions de l'ACID !

Si vous n'êtes pas encore abonné(e) à nos newsletters ; écrivez-nous à mediation@lacid.org et communication@lacid.org pour les recevoir.

Article
Vidéo
À voir en VOD

Recherche

Gestion des cookies

En poursuivant sur ce site vous acceptez l’utilisation de cookies, qui servent à vous proposer une meilleure expérience de navigation (vidéos, photos, cartes interactives).

Tout refuser