Psiconautas

Un film de Alberto Vázquez et Pedro Rivero

Psiconautas

Un film de Alberto Vázquez et Pedro Rivero

Espagne - 2015 - 75 min

Sur une île ravagée par un désastre écologique, deux adolescents ont décidé de fuir leur entourage et leur quotidien : l’étrange Birdboy en se coupant du monde et en affrontant ses démons intérieurs, la téméraire Dinky en préparant un voyage dangereux, avec l’espoir secret que Birdboy l’accompagne.

EN SALLE

Sorti le 24 mai 2017

En salle

À propos de Psiconautas

Sur une île dévastée, deux adolescents cherchent l'issue, la lumière, la liberté, tout ce qui pourrait les affranchir du mal-être qui les hante.

Sur une île dévastée, deux adolescents cherchent l'issue, la lumière, la liberté, tout ce qui pourrait les affranchir du mal-être qui les hante. Pour cela, Birdboy et Dinky doivent s'abstraire de leur réalité en poursuivant le rêve chimérique d'un voyage sans retour. Mais leur île est une ogresse qui dévore ses petits, et l'appel du large va vite se retourner contre eux. Leur salut ressemble alors à une boule de feu tournoyant dans le ciel, et leurs espoirs à des orbites vidées de leur sang. D'une rougeoyante intensité, Psiconautas dépeint une société où ne subsistent plus que les spectres du monde d'antan, véritables rebuts grouillant dans les gravas d'une humanité disparue, bestiaire effrayant dont on ne saura jamais s'il est une excroissance psychique ou bien la résultante d'un monde qui a périclité. Éclaté en un réseau de lianes narratives, le récit explore un monde rongé de l'intérieur. Explosions d'images et de visions, le dessin tremble, caresse, déchire la page. Ce n'est pas un film d'animation, c'est un film d'animaux-sang. Mais de cette coulée de lave naissent aussi des élans satiriques, et la drôlerie soudaine est une secousse électrique : l'humour noir nous fait soudain rire jaune. Film hallucinatoire aux confins de la conscience, il décharne la splendeur enfantine de ses airs insouciants, sculptant au vitriol une poétique du chaos. Psiconautas effraie autant qu'il fascine, en extrayant du plus profond de l'âme les monstres de nos cauchemars d'enfant.

Diego Governatori

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Cinéaste


Paroles de cinéastes

À propos de Psiconautas

Dinky la souris, Birdboy l'oiseau et Zacharie le cochon auraient pu faire partie d'une histoire pour enfants mais c'est dans un terrible conte pour adultes et adolescents qu'ils nous font pénétrer. Et comme dans tous les contes, ces personnages vont tenter de trouver leur chemin, traversant des épreuves et des paysages tantôt magiques, tantôt terrifiants.

On retrouve l'île dévastée par un accident industriel qui avait été si marquante dans leur précédent court-métrage Birdboy. Alberto Vazquez et Pedro Rivero en étoffent l'intrigue en usant de dessins troublants, au caractère ambivalent. Et si une brume rosée baigne l'ensemble du film, c'est pour mieux contraster avec la noirceur de certaines scènes.

Un humour noir surgit aux moments les plus inattendus et vient sans cesse surprendre le spectateur. Des jouets attendrissants prennent vie sous nos yeux, pour être malmenés ensuite ; et les parents, tous irradiés, semblent être habités par des esprits maléfiques. On nage en plein cauchemar, mais Dinky et ses acolytes font face, esquivent et, déterminés, poursuivront leur route vers un avenir plus verdoyant. Car derrière cet univers sombre et cynique, se cache le plus beau des témoignages écologiques. Les arbres sont détruits pour une raison absurde. Soit ! Des graines seront plantées, coûte que coûte, pour en faire naître d'autres.

Viennent alors en résonance ces paroles de Decorado (court métrage de Alberto Vasquez) : « Le monde est un merveilleux théâtre, mais le casting est déplorable ». Une belle claque, ce Psiconautas, dont on ressort comme d'un étrange rêve.


Hélène Hoël

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Coordinatrice Jeune Public et scolaires


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