Psiconautas

Un film de Alberto Vázquez et Pedro Rivero

Psiconautas

Un film de Alberto Vázquez et Pedro Rivero

Espagne - 2015 - 75 min

Sur une île ravagée par un désastre écologique, deux adolescents ont décidé de fuir leur entourage et leur quotidien : l’étrange Birdboy en se coupant du monde et en affrontant ses démons intérieurs, la téméraire Dinky en préparant un voyage dangereux, avec l’espoir secret que Birdboy l’accompagne.

À propos de Psiconautas

Sur une île dévastée, deux adolescents cherchent l'issue, la lumière, la liberté, tout ce qui pourrait les affranchir du mal-être qui les hante.

Sur une île dévastée, deux adolescents cherchent l'issue, la lumière, la liberté, tout ce qui pourrait les affranchir du mal-être qui les hante. Pour cela, Birdboy et Dinky doivent s'abstraire de leur réalité en poursuivant le rêve chimérique d'un voyage sans retour. Mais leur île est une ogresse qui dévore ses petits, et l'appel du large va vite se retourner contre eux. Leur salut ressemble alors à une boule de feu tournoyant dans le ciel, et leurs espoirs à des orbites vidées de leur sang. D'une rougeoyante intensité, Psiconautas dépeint une société où ne subsistent plus que les spectres du monde d'antan, véritables rebuts grouillant dans les gravas d'une humanité disparue, bestiaire effrayant dont on ne saura jamais s'il est une excroissance psychique ou bien la résultante d'un monde qui a périclité. Éclaté en un réseau de lianes narratives, le récit explore un monde rongé de l'intérieur. Explosions d'images et de visions, le dessin tremble, caresse, déchire la page. Ce n'est pas un film d'animation, c'est un film d'animaux-sang. Mais de cette coulée de lave naissent aussi des élans satiriques, et la drôlerie soudaine est une secousse électrique : l'humour noir nous fait soudain rire jaune. Film hallucinatoire aux confins de la conscience, il décharne la splendeur enfantine de ses airs insouciants, sculptant au vitriol une poétique du chaos. Psiconautas effraie autant qu'il fascine, en extrayant du plus profond de l'âme les monstres de nos cauchemars d'enfant.

Diego Governatori

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Cinéaste


Paroles de cinéastes

À propos de Psiconautas

Dinky la souris, Birdboy l'oiseau et Zacharie le cochon auraient pu faire partie d'une histoire pour enfants mais c'est dans un terrible conte pour adultes et adolescents qu'ils nous font pénétrer. Et comme dans tous les contes, ces personnages vont tenter de trouver leur chemin, traversant des épreuves et des paysages tantôt magiques, tantôt terrifiants.

On retrouve l'île dévastée par un accident industriel qui avait été si marquante dans leur précédent court-métrage Birdboy. Alberto Vazquez et Pedro Rivero en étoffent l'intrigue en usant de dessins troublants, au caractère ambivalent. Et si une brume rosée baigne l'ensemble du film, c'est pour mieux contraster avec la noirceur de certaines scènes.

Un humour noir surgit aux moments les plus inattendus et vient sans cesse surprendre le spectateur. Des jouets attendrissants prennent vie sous nos yeux, pour être malmenés ensuite ; et les parents, tous irradiés, semblent être habités par des esprits maléfiques. On nage en plein cauchemar, mais Dinky et ses acolytes font face, esquivent et, déterminés, poursuivront leur route vers un avenir plus verdoyant. Car derrière cet univers sombre et cynique, se cache le plus beau des témoignages écologiques. Les arbres sont détruits pour une raison absurde. Soit ! Des graines seront plantées, coûte que coûte, pour en faire naître d'autres.

Viennent alors en résonance ces paroles de Decorado (court métrage de Alberto Vasquez) : « Le monde est un merveilleux théâtre, mais le casting est déplorable ». Une belle claque, ce Psiconautas, dont on ressort comme d'un étrange rêve.


Hélène Hoël

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Coordinatrice Jeune Public et scolaires


Le Concorde La Roche-sur-Yon
Paroles de programmateurs

Des Mots Bleus - News #6

Le 23 avril 2020


Chères toutes, chers tous,

Alors que touche presque à sa fin la sixième semaine de confinement, nous continuons de penser à vous ; en témoignent ces nouvelles idées d'évasion par le cinéma.
N'hésitez pas à nous envoyer vos suggestions pour compléter ces lettres avec nous. Et à nous suivre sur Facebook, Instagram, Twitter...


Les cinéastes et l'équipe de l'ACID


LA JEUNE FILLE SANS MAINS de Sébastien Laudenbach


En des temps difficiles, un meunier vend sa fille au Diable. Protégée par sa pureté, elle lui échappe mais est privée de ses mains. Cheminant loin de sa famille, elle rencontre la déesse de l'eau, un doux jardinier et le prince en son château. Un long périple vers la lumière…


Programmé à l'ACID Cannes 2016 puis soutenu à sa sortie - Les options VOD


PSICONAUTAS de Alberto Vázquez et Pedro Rivero


Sur une île ravagée par un désastre écologique, deux adolescents ont décidé de fuir leur entourage et leur quotidien : l'étrange Birdboy en se coupant du monde et en affrontant ses démons intérieurs, la téméraire Dinky en préparant un voyage dangereux, avec l'espoir secret que Birdboy l'accompagne.


Soutenu par l'ACID en 2017 - Les options VOD


UN PEU DE LECTURE...

« ll y a des films qui sont des ponts entre deux mondes. Des films où les morts et les vivants communiquent. Il y a un cinéma qui rend possible ces liens mystérieux. »

« Nouk entre dans un lac glacé, Samuel la sauve. C'est ainsi que nous avançons dans le récit de La Fille et le fleuve et c'est une histoire d'amour qui devient soudain possible. Le temps passe, Nouk a besoin de Samuel, mais Samuel n'est plus certain de son attachement envers celle qu'il a empêchée de rejoindre l'autre rive. Alors, quand le destin décide de frapper le jeune homme et que la séparation a lieu, « être ensemble » devient pour Nouk une question de vie ou de mort. Mais la mort est une administration ; elle a ses failles ; c'est heureux ! La vie aussi a ses failles ; la vie est pleine d'interférences ! Commence alors le beau pari du film d'Aurélia Georges et pour le relever, nous entrons en territoire de cinéma ami ; un cinéma qui n'a pas peur du poétique, qui ose le fantastique. On pense à Kyoshi Kurosawa ou à Kore-Eda (et à son merveilleux After Life), mais aussi à Jean-Claude Biette et cette double proximité nous enchante parce qu'elle est inattendue et audacieuse. Comme l'est cette rencontre - du côté des vivants -, avec ce dandy « mods » assis sur le rebord d'un pont, en transit entre Bagnolet et le Pays des Morts. Ou celle - du côté des morts -, avec Mileva Einstein qui n'a pas sa langue dans la poche lorsqu'elle parle d'Albert. Il y a des films comme La Fille et le fleuve qui sont des poèmes précieux. Ils sont de plus en plus rares et c'est ce qui les rend indispensables. »


> Lire l'intégralité du texte ici <

...ET DE LA MUSIQUE

Martín Perino au piano

En hommage à Artemio Benki, réalisateur de SOLO, qui nous a quittés la semaine dernière.


Et pour celles et ceux qui sont plutôt team podcasts ; on vous propose de réécouter l'émission Plan Large sur le cinéma de Mai 68 avec Richard Copans, cinéaste et chef opérateur, membre dans les années 1970 du collectif Cinélutte, et producteur notamment du film REPRISE d'Hervé Le Roux : "Filmer en mai, et après".


ET POUR FINIR, LE PLEIN D'AUTRES PROPOSITIONS CINÉPHILES


  • Toujours plein de films ACID à voir, et notamment NE CROYEZ SURTOUT PAS QUE JE HURLE de Frank Beauvais (dont les échos avec nos vies de confiné-e-s sont multiples...), en VOD ici.

    > Par ailleurs, sur chaque fiche film sur notre site, vous pouvez trouver des liens vers les options légales de vidéo à la demande !

  • C'est aussi le moment de découvrir des films de cinéastes ACID, comme le moyen-métrage d'Idir Serghine, CROSS, visionnable sur Arte et pour 7 jours à partir de samedi 25 avril.

  • Les cinémas de l'Hexagone continuent de se mobiliser pour proposer des films (notamment sur La Toile) et conserver le lien avec tous leurs publics.

    > On vous parle encore de La Baleine à Marseille, qui accueille de nouveau un cinéaste ACID pour l'hebdomadaire rencontre sur Zoom. Rendez-vous ce dimanche 26 avril à 18h pour une rencontre avec le cinéaste de l'ACID Damien Manivel (LE PARC).

  • D'autre part, DES HOMMES de Jean-Robert Viallet et Alice Odiot (ACID Cannes 2019), est un des films mis à l'honneur cette semaine par "La Baleine de chez soi".

    > Et si on continuait de voir les films en grand ? A Paris, le Cinéma La Clef a projeté LA NUIT DU CHASSEUR sur sa façade. Une projection en plein air est prévue chaque vendredi à 21h.

  • Pendant ce temps, Cabourg réfléchit à des projections en drive-in comme de l'autre côté de l'Atlantique...

  • Les pronostics de Wask pour rêver à un Cannes 2020.

  • Le groupe CGR invite les spectateurs à participer à sa programmation : "Demandez le programme !".

  • L'édition 2020 du Champs-Elysées Film Festival se déroulera 100% en ligne (et gratuitement) du 9 au 16 juin.

  • Et l'article pour finir : sur Libé, on se demande s'il faut se réjouir de l'arrivée de Truffaut sur Netflix?

En espérant que ça s'achève bientôt !
(images tirées de TOMBÉ DU CIEL, Wissam Charaf
- Programmé à l'ACID Cannes 2016)


> Contenu à retrouver également sur les sites de nos partenaires Mediapart et Télérama <

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