Terra Franca

Un film de Leonor Teles

Terra Franca

Un film de Leonor Teles

Portugal - 2018 - 82 min

Film programmé dans le cadre de l'ACID Trip #2 - ACID Cannes 2018.

Sur les berges du Tage au Portugal, un homme vit entre la tranquillité du fleuve et les relations qui le rattachent à la terre. Filmé aux quatre saisons, Terra Franca fait le portrait de la vie du pêcheur Albertino, entouré de sa femme Dália et de ses filles, dont l’aînée s’apprête à se marier. La fin d’un cycle de vie, à hauteur de barque et de regard.

Terra Franca portrays the life of a singular fisherman in an ancient riverfront community near Lisbon. Divided between the quiet solitude of the river and the family ties that wash him ashore, the film follows Albertino Lobo, as nature renews itself with each season cycle. 

Avec :
Albertino Lobo , Dalia Lobo , Lucia Lobo , Laura Lobo , Tiago Castro et Alice Castro

EN SALLE

Sorti le 21 novembre 2018

En salle

A propos de Terra Franca

L'homme seul, debout dans son bateau, scrute l'horizon. Autour de lui, une eau un peu stagnante, un rivage semi-urbain, quelques traces d'une histoire disloquée. Une tranquillité inquiétante. Il est tendu vers quelque chose qu'il n'identifie pas, comme on attend un orage. Le hors-champ du film porte la menace d'un monde qui change, insécurisant, qui n'est jamais décrit mais qui pèse. La temporalité des scènes porte en son sein cette tension, sous-tend la fracture. La maison bâtie un peu à l'écart, derrière une voie ferrée et route poussiéreuse, est encore le refuge intime où les repères s'imposent. L'homme appartient à une classe ouvrière en voie de relégation et qui a simplement l'ambition de gagner sa vie, de construire son avenir et celui des siens. Nécessité de survivre, de garder une place qui fait sens à l'extérieur et au sein de sa famille. On traverse ici la banalité et le sublime du quotidien. Le mariage à venir de sa fille devient réceptacle du désarroi, du déséquilibre et l'enjeu du réinvestissement dans l'intime des territoires perdus. La place du non-dit est forte. On sent sourdre les enjeux d'une existence, les peurs, les préoccupations, les regrets, toute la singularité d'une certaine vie à un certain endroit et cette puissance se faufile dans les silences. Les personnages évoluent dans le cadre comme inconscients des forces qui s'exercent et contre lesquelles ils résistent. Poésie des espaces intimes dans la simplicité et la contemplation d'éléments du quotidien qui charrient le drame ou la joie.


Enfin, le film nous parle de dignité. Celle que l'on perd. Celle qui s'effrite dans le regard sur soi-même, ébranlée par les éléments extérieurs et qui se reconquiert ici, à l'intérieur de la famille, à la faveur d'un évènement culturellement codé où les places sont encore distribuées. C'est l'histoire d'un homme qui fait comme il peut, qui se raccroche aux branches et défend sa dignité avec la fragilité touchante de celui qui sait que tout cela est désormais bien incertain.

Hélène Milano

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Cinéaste


Paroles de cinéastes

À propos de Terra Franca

Le cinéma est une histoire de liens ou de connexions. C'est ce dont vient témoigner admirablement Terra Franca, premier long-métrage de la jeune réalisatrice Leonor Teles. Connexion que l'on devine forte entre la cinéaste et Vila Franca, un petit village portugais où vit modestement une famille de pêcheurs dont elle nous fait partager l'intimité. Connexion viscérale et solitaire entre Albertino Lobo et le fleuve, mise en lumière par une photographie splendide et des cadrages serrés qui soulignent l'harmonie profonde entre le pêcheur et son élément. Connexions enfin entre ce personnage de taiseux au regard inquiet, soudain menacé de perdre son activité, et sa vie de famille dont Terra Franca se fait la chronique sensible, au fil des jours et des saisons. Dans une dramaturgie très simple (discussions autour d'un repas, préparation d'un mariage, fête de village à la tombée de la nuit), Leonor Teles saisit la trivialité du quotidien, la douceur des moments partagés et les accrocs passagers, mais aussi l'amour au long cours, la nostalgie du temps qui passe et la disparition progressive d'un mode de vie, celui de la pêche ancestrale. Et ne se prive pas d'un certain lyrisme, dans de belles séquences musicales portées par la voix de Nat King Cole ou Otis Redding. « On doit juste être heureux » lance Albertino souriant, le jour du mariage de sa fille aînée : cette assurance fragile résume un peu la philosophie de ce documentaire doux et délicat.

Sylvie Larroque

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Programmatrice


L'Atalante Bayonne
Paroles de programmateurs

L'ACID dévoile la sélection de l'ACID TRIP #2 Portugal

En 2017, l'ACID a ouvert une nouvelle fenêtre de programmation à Cannes : l'ACID TRIP, offerte à une association étrangère de cinéastes indépendants, partenaire de l'ACID, impliquée dans les problématiques de diffusion et de formation des publics.


Après l'ACID TRIP #1 Serbie en 2017, c'est l'APR (Association Portugaise de Réalisateurs) qui se voit proposer trois séances, en présence des cinéastes, lors du premier week-end du festival de Cannes 2018, afin de mettre à l'honneur le cinéma portugais contemporain


Des cinéastes membres de l'ACID ont sélectionné trois longs métrages portugais parmi un panel de films proposés en amont par l'APR.


LES FILMS SÉLECTIONNÉS :

Retrouvez toutes les informations sur l'ACID TRIP #2 PORTUGAL ici 

Article

Ground Control to Major Tom - News #2

DES PROPOSITIONS VOD POUR PRENDRE L'AIR

Vous êtes plutôt branchés Groenland ou Portugal ?

LE VOYAGE AU GROENLAND de Sébatien Betbeder

Thomas et Thomas cumulent les difficultés. En effet, ils sont trentenaires, parisiens et comédiens... Un jour, ils décident de s'envoler pour Kullorsuaq, l'un des villages les plus reculés du Groenland où vit Nathan, le père de l'un d'eux. Au sein de la petite communauté inuit, ils découvriront les joies des traditions locales et éprouveront leur amitié.


Soutenu par l'ACID en 2016 - A regarder en VOD ici


TERRA FRANCA de Leonor Teles

Sur les berges du Tage au Portugal, un homme vit entre la tranquillité du fleuve et les relations qui le rattachent à la terre. Filmé aux quatre saisons, Terra Franca fait le portrait de la vie du pêcheur Albertino, entouré de sa femme Dália et de ses filles, dont l'aînée s'apprête à se marier. La fin d'un cycle de vie, à hauteur de barque et de regard.


Programmé à l'ACIDTrip #2 (Cannes 2018) puis soutenu à sa sortie - A regarder en VOD ici


UN PEU DE LECTURE...


« Le bonheur, c'est se foutre au lit… Ce que l'on vit c'est unique, moi je le vis unique. »
 
« Un homme face à la mer, c'est le premier plan du film. C'est un plan large : un homme en contre-jour face à aux vagues. Maintenant, on voit la vague toute seule, une main apparaît devant l'objectif, cherchant à boucher la vue, c'est la main de l'homme, off, une voix féminine proteste en riant, c'est donc elle qui filme. Elle filme l'homme qu'elle aime et qui la filmait elle dans La rencontre. On reconnaît sa voix si particulière, grave, mouillée, enfantine, agaçante et attendrissante. Maintenant, on la voit, en ombre chinoise à son tour et en plan fixe, elle est devant la fenêtre d'un hôtel au bord de la mer, elle s'essuie les cheveux. Voilà que le cinéaste entre dans le champ, il joue à étouffer Françoise avec la serviette, ils rient tous les deux. Dans la séquence suivante, c'est lui qui filme longuement, qui traque presque le visage, les gestes d'une silhouette enfouie sous les étoffes qui mendie sur les Champs-Elysées, figure de la femme, de l'ailleurs, de la misère et de la mort. Françoise revient, c'est la nuit et son visage devient masque, mystère, elle a peur, elle est angoissée, elle chuchote. Nous sommes dans la chambre, c'est à lui qu'elle parle et nous l'entendons comme si elle parlait à chacun de nous.

Voilà ! ces quatre séquences donnent à voir le film dans ses allers retours entre les éléments, l'amour et la mort, l'extérieur et l'intérieur, le monde et la chambre. Le cinéaste joue avec la caméra comme s'il faisait un film de vacances, il se laisse guider par ce qu'il filme mais il peut aussi tracer radicalement le champ et le hors-champ, la lumière et les ombres. Toute la grammaire du cinéma est là, orchestrée avec les moyens du bord, la matière que les vagues de la vie apportent chaque jour. [...] »


La cinéaste de l'ACID Dominique Cabrera à propos de LE FILMEUR de Alain Cavalier



> Lire l'intégralité du texte ici <


...ET DE LA MUSIQUE

Morceau entendu dans LA JEUNE FILLE SANS MAINS de Sébastien Laudenbach


Et pour celles et ceux qui sont plutôt team podcasts ; on vous propose de réécouter la cinéaste Yolande Zauberman, qui a récemment reçu le César du Meilleur Documentaire pour M, dans "Signes des temps", l'émission de Marc Weitzmann sur France Culture : « Quand le documentaire et la fiction s'entremêlent ».


« Godard a dit quelque part qu'une bonne fiction doit toujours être un documentaire de la même façon qu'un bon documentaire est toujours une fiction »


QUELQUES BONNES NOUVELLES (SI,SI)

On n'avait pas eu le temps de vous l'annoncer avant le début du confinement ; les Cinéastes de l'association se sont récemment engagés sur trois nouveaux soutiens. Nous vous tiendrons bien entendu au courant des dates de sortie.

  • EVA EN AOÛT de Jonás Trueba
    Espagne / 2019 / 2h09 / Prod. Javier Lafuente / Arizona Distribution

Eva, 33 ans, décide de rester à Madrid pour le mois d'août, tandis que ses amis sont partis en vacances. Les jours s'écoulent dans une torpeur madrilène festive et joyeuse et sont autant d'opportunités de rencontres pour la jeune femme.

+ d'infos ici - Sortie début juillet

  • 143, RUE DU DÉSERT de Hassen Ferhani
    Algérie, France, Qatar / 2019 / 1h40 / Centrale Electrique, Allers Retours Films / Météore Films

En plein désert algérien, dans son relais, une femme écrit son histoire. Elle accueille, pour une cigarette, un café ou des œufs, des routiers, des êtres en errance et des rêves... Elle s'appelle Malika.

Date de sortie à venir

  • MAUDIT ! de Emmanuel Parraud
    France / 2019 / 1h15 / Spectre Production, A VIF cinemas, Studio Orlando, Studio Acoustik, The Dark

Alix part à la recherche de son ami disparu dans une île hantée par les fantômes du colonialisme et de l'esclavage.

Date de sortie à venir

Par ailleurs, l'appel à candidatures pour le Coup de Cœur des jeunes ACID / France Culture est toujours ouvert et ce jusqu'au 15 avril 2020 minuit.

Si vous connaissez des étudiant-e-s qui souhaitent faire partie du jury, découvrir la sélection de films et voter, n'hésitez pas à leur transmettre les informations !


ET POUR FINIR, LE PLEIN D'AUTRES PROPOSITIONS CINÉPHILES


  • La salle marseillaise La Baleine et Shellac proposent une sélection de films (nouveautés, reprises, films de patrimoine) à découvrir en VOD le temps de la fermeture de la salle ; ainsi que des rendez-vous virtuels sur Facebook et un événement par semaine autour d'un film en chat room.

  • Le Cinéma du Réel continue sa vie en ligne : du 20 mars au 4 avril, 9 films de la sélection française 2020 sont à découvrir en exclusivité et en accès libre sur Festival Scope. Par ailleurs le Palmarès de l'édition 2020 vient d'être dévoilé.

  • Le Film français offre l'accès gratuit au magazine et à tous ses contenus par ici.

  • Accès offert pour le dernier SoFilm également (ici). On y lit, entre autres, une belle critique de KONGO.

  • Deux films de la cinéaste ACID Marina Déak sont en ligne :

   > POURSUITE (soutenu par l'ACID en 2011) ici. Mot de passe : Poursuite
   > SI ON TE DONNE UN CHÂTEAU, TU LE PRENDS? ici. Mot de passe : DIS MOI OU TU HABITES

  • Un petit tour par le Canada pour profiter d'un accès totalement gratuit à la vidéothèque de l'ONF (Office National du Film du Canada), par les Pays-Bas, ou encore par l'Italie : la Cinémathèque de Milan a mis en ligne et en accès libre l'intégralité de son catalogue (il suffit de s'inscrire ici). Mais aussi des options de films, tables rondes, festivals à domicile pour celles et ceux qui nous liraient depuis la Suisse.

  • UniversCiné passe une sélection de plus de 200 films à 0,99 euros...

  • ... La Cinetek quant à elle propose une liste spéciale réconfort - plutôt bienvenue, non ?

  • ... enfin, L'INA a lancé Madelen, sa plateforme de streaming qui regorge de classiques du cinéma français, émissions cultes, documentaires, concerts mythiques, etc. Les trois premiers mois sont gratuits - ça devrait tenir le temps du confinement.

  • D'ailleurs, face à la fermeture des salles de cinéma, les plateformes de VOD art et essai sont en plein essor. Analyse du Monde à lire ici.

Ça y est, tout le monde s'est remis au sport ?

(Photo tirée de VOYAGE AU GROENLAND, Sébastien Betbeder - Soutenu par l'ACID en 2016)

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