Eva en août

Un film de Jonás Trueba

Eva en août

Un film de Jonás Trueba

Espagne - 2019 - 129 min

Eva, 33 ans, décide de rester à Madrid pour le mois d’août, tandis que ses amis sont partis en vacances. Les jours s’écoulent dans une torpeur madrilène festive et joyeuse et sont autant d’opportunités de rencontres pour la jeune femme.

Avec :
Itsaso Arana , Vito Sanz , Isabelle Stoffel , Joe Manjon , María Herrador , Mikele Urroz , Naiara Carmona , Simon Pritchard , Sigfrid Monleón , Francesco Carril et Violeta Rebollo

EN SALLE

Sorti le 05 août 2020

En salle

A propos de EVA EN AOÛT

Digne descendante du Rayon vert de Rohmer, cette quête sans se l'avouer nous plonge avec délice dans l'état de vacance de l'héroïne et dans la torpeur de l'été madrilène où chaque rencontre arrive comme un morceau de l'énigme. 

Un charme puissant se dégage de chaque plan, la mise en scène prend le temps de regarder la lumière qui entre dans une pièce et tombe sur un visage, puis ose des dialogues où le trivial laisse surgir les questionnements existentiels. Car ce film a l'art d'être grave tout en étant léger, avec un humour joyeux qui le parcourt de bout en bout et qui rend chaque échange jubilatoire. Promenant sa solitude dans les rues livrées à la canicule, Eva renvoie ses interrogations à celles et ceux qu'elle croise, comme à autant de miroirs purs et ouverts, offerts dans leur propre fragilité et incertitude.


L'attention délicate aux détails nous donne accès aux émotions qui la traversent, son malaise au début, sa façon de se sentir toujours un peu à côté, puis son ouverture progressive. La collaboration de l'actrice principale au scénario n'est certainement pas étrangère à la justesse du personnage et de son incarnation, mais cette justesse s'applique à tous les interprètes. La bienveillance de tous envers chacun, l'absence de « méchant » de l'histoire ou même d'être un peu retors, baignent le film dans une douceur et une candeur toujours surprenantes.


Eva en août est audacieux par sa modestie, son entêtement à fuir le spectaculaire et le dramatique et son soin à coller à l'atmosphère, au temps arrêté de la ville, à la solitude et à la force gracile de cette jeune femme, contemplée avec une tendresse contagieuse.

Pascale Hannoyer

 - 

Cinéaste


Paroles de cinéastes

A PROPOS DE EVA EN AOÛT

« Je me suis laissée porter », dit Eva à son amie Sophia. Eva (la première femme) est seule, dans un appartement prêté à Madrid, en plein mois d'août, sans programme précis en tête. Désœuvrée, elle ne sait plus si elle est encore comédienne, n'a plus vraiment de petit ami : elle flotte. Le film, co-scénarisé par la prodigieuse actrice du rôle-titre, Itsaso Arana, est lui aussi en suspension, disponible à toutes les rencontres, sensible à tous les charmes, comme nous : une touriste que l'on suit à distance, une amie retrouvée, des inconnues dans une salle obscure, une voisine étrangère, un ex et d'autres hommes, au fil de l'eau et du récit. Et le spectateur de jouir d'un état réel de vacance. Cette ouverture aux autres, amplement fondée sur le pouvoir de séduction de l'héroïne, exhale un parfum rohmérien persistant, entre Le Rayon vert et Les Rendez-vous de Paris.


La capitale espagnole, accablée de chaleur, est traversée par les fêtes et processions religieuses, créant dans un premier temps une opposition entre la solitude de l'héroïne et la densité de la foule des touristes. Mais la logique du « rituel » finit par contaminer la vie privée d'Eva (le reiki, la promenade au-delà du rideau de verre, les visites d'appartement plutôt que le tourisme urbain), gagnée par la dimension sacrée qui imprègne la ville. Le film brosse alors le portrait d'une jeune femme en Sainte. Une sainte de plus en plus active, enfin actrice de son destin, comme le sont les héroïnes des films hollywoodiens des an- nées 1930 célébrés par son logeur, admirateur de Stanley Cavell. « Ce sont des films sur l'identité féminine, sur le courage d'être soi-même ou de savoir qui on est vraiment », commente-t-il. Aurons-nous affaire à une « comédie du remariage » ? Ce scénario envisagé échoue à l'entrée même d'un cinéma.


Deux autres motifs apparaissent alors, qui vont à leur tour se croiser. L'influence du cosmos sur nos corps et nos âmes relie les étoiles filantes de la « pluie de San Lorenzo » à la pleine lune. En quoi avons-nous foi, nous qui restons si souvent aux portes des églises ? Quelle clé permet d'ouvrir sur la croyance, dans un monde dominé par le « cynisme » ? L'astre nocturne permet la bénédiction de l'utérus et impose sa rondeur lorsqu'Eva manifeste son désir de faire l'amour. Une rencontre amoureuse serait-elle advenue ? Quant à la maternité suggérée dans cette image et dès le titre original (La Vierge d'août qui évoque l'immaculée conception), le motif est filé, lui aussi, depuis la visite du musée archéologique avec la statue de l'impératrice Poppée, tuée durant sa grossesse, jusqu'à l'enfant « primitif » dont la naissance éloigne les amis, en passant par les ovules congelées d'Olka au Danemark. Désormais soucieuse d'autrui plus que d'elle-même, Eva est prête à être « une vraie personne », et peut-être une mère.

Stéphane Goudet

 - 

Programmateur


Cinéma Le Méliès Montreuil
Paroles de programmateurs

INVITATIONS AU SPECTATEUR - EVA EN AOÛT

LE SEL DU PRÉSENT

Eva en août surprend par son rythme singulier. Il ne s'agit pas tant pour Jonás Trueba de reproduire la vie quotidienne de façon réaliste, que de faire naître la sensation d'un film au présent, dont la temporalité propre au récit coïnciderait étrangement avec celle, tangible, du spectateur de l'autre côté de l'écran. De ce travail isochronique, nait une œuvre flâneuse qui avance par petites touches impressionnistes, détachée d'une mécanique scénaristique traditionnelle guidée par la causalité. Livrée à la seule logique de l'aléa, de l'accident, la caméra épouse ainsi les émois de l'héroïne et la rend immédiatement familière. Les séquences filmées in extenso s'ouvrent ainsi aux errements ou aux hésitations du langage, si authentiques. Le traitement du son témoigne également d'un film qui se laisse envahir par le réel : de nombreuses scènes extérieures sont filmées à même la rue, parfois au milieu de la foule dont le brouhaha recouvre les dialogues. À côté de ses références directes (les films de Rohmer ou de Hong Sang- soo), Eva en août rappelle ainsi un autre film estival hybride : Ce cher mois d'août de Miguel Gomes, scandé lui aussi par une succession de vrais bals populaires au cœur desquels se confondait le récit d'une initiation amoureuse. Ces bruits du dehors - que le réalisateur oppose au silence de la chambre d'Eva – assourdissent les discussions comme la chaleur madrilène engourdit les personnages. Le sentiment d'immédiateté tient aussi à l'attention portée sur ces corps peinant à se mouvoir. Là où entendre et bouger devient difficile, tout se joue sur les visages des acteurs – véritables auxiliaires de la parole – où l'on peut scruter de discrets regards en coin, des sourires complices ou gênés, des petites hontes passagères... tout un langage non verbal tissé d'affects spontanés comme autant de traces du présent.


UN FILM-CICATRICE

Ces jeux d'acteurs si naturels – qui atteignent leur point d'orgue dans les séquences de séduction - trahissent plus que de la pudeur. La légèreté et l'allégresse de la chronique aoûtienne laissent échapper une dimension bien plus profonde. Le film se déploie sur deux strates temporelles dis- tinctes. Dans la première, au présent donc, un certain apaisement se mélange à la quiétude des vacances : les rencontres sont heureuses et festives, les échanges nourris et les flirts sereins. La seconde, plus infra, appartient au passé des personnages : des amertumes ravalées, de vieilles blessures émergent au détour d'un dialogue ou sous forme de souvenirs lors de retrouvailles inopinées (un ancien amour, une amie perdue de vue). Eva en août s'avance comme un film de l'après, une fois que la douleur et le ressentiment des ruptures se sont cicatrisés. Son charme insouciant est indissociable de la mélancolie diffuse qui enveloppe le parcours de l'héroïne. Il n'est alors pas étonnant qu'un récit si enraciné dans le « ici et maintenant » s'interroge finalement sur la dimension plus spirituelle qui le fonde - ici agrémentée de nombreux motifs religieux, partie intégrante de la culture espagnole – et qui va progressivement réconcilier son héroïne avec elle-même, après l'avoir vue enfin s'ouvrir aux autres. Et ainsi, révéler discrètement ce qui sous-tend ce film intranquille : l'histoire d'une guérison.

Article

Retour au cinéma : les (re)sorties ACID !

Enfin ! Plus qu'une semaine avant la réouverture des cinémas !

Vous pourrez y découvrir plusieurs films ACID dont la vie en salles avait été abrégée - si ce n'est quasi empêchée - par l'épidémie de Covid-19.

AU CINÉMA DÈS LE 22 JUIN :

SI C'ÉTAIT DE L'AMOUR de Patric Chiha

En salles dès le 22 juin


Ils sont quinze jeunes danseurs, d'origines et d'horizons divers. Ils sont en tournée pour danser Crowd, une pièce de Gisèle Vienne sur les raves des années 90. En les suivant de théâtre en théâtre, Si c'était de l'amour documente leur travail et leurs étranges et intimes relations. Car les frontières se troublent. La scène a l'air de contaminer la vie – à moins que ce ne soit l'inverse. De documentaire sur la danse, le film se fait alors voyage troublant à travers nos nuits, nos fêtes, nos amours.


KONGO de Hadrien La Vapeur & Corto Vaclav

En salles dès le 22 juin


À Brazzaville, un monde invisible régit le monde visible. L'apôtre Médard se démène pour guérir les malades victimes de mauvais sorts. Mais sa vie bascule lorsqu'on l'accuse publiquement de pratiquer la magie noire.


MICKEY AND THE BEAR de Annabelle Attanasio

En salles dès le 22 juin


Mickey Peck, une adolescente du Montana, a la lourde responsabilité de s'occuper de son père, un vétéran accro aux opiacés. Quand l'opportunité se présente de quitter pour de bon le foyer, elle fait face à un choix impossible...

ET BIENtôt...

EVA EN AOÛT de Jonás Trueba

En salles le 5 août


Eva, 33 ans, décide de rester à Madrid pour le mois d'août, tandis que ses amis sont partis en vacances. Les jours s'écoulent dans une torpeur madrilène festive et joyeuse et sont autant d'opportunités de rencontres pour la jeune femme.


143, RUE DU DÉSERT de Hassen Ferhani

En salles le 16 décembre


En plein désert algérien, dans son relais, une femme écrit son histoire. Elle accueille, pour une cigarette, un café ou des œufs, des routiers, des êtres en errance et des rêves... Elle s'appelle Malika.

Article

Ground Control to Major Tom - News #2

DES PROPOSITIONS VOD POUR PRENDRE L'AIR

Vous êtes plutôt branchés Groenland ou Portugal ?

LE VOYAGE AU GROENLAND de Sébatien Betbeder

Thomas et Thomas cumulent les difficultés. En effet, ils sont trentenaires, parisiens et comédiens... Un jour, ils décident de s'envoler pour Kullorsuaq, l'un des villages les plus reculés du Groenland où vit Nathan, le père de l'un d'eux. Au sein de la petite communauté inuit, ils découvriront les joies des traditions locales et éprouveront leur amitié.


Soutenu par l'ACID en 2016 - A regarder en VOD ici


TERRA FRANCA de Leonor Teles

Sur les berges du Tage au Portugal, un homme vit entre la tranquillité du fleuve et les relations qui le rattachent à la terre. Filmé aux quatre saisons, Terra Franca fait le portrait de la vie du pêcheur Albertino, entouré de sa femme Dália et de ses filles, dont l'aînée s'apprête à se marier. La fin d'un cycle de vie, à hauteur de barque et de regard.


Programmé à l'ACIDTrip #2 (Cannes 2018) puis soutenu à sa sortie - A regarder en VOD ici


UN PEU DE LECTURE...


« Le bonheur, c'est se foutre au lit… Ce que l'on vit c'est unique, moi je le vis unique. »
 
« Un homme face à la mer, c'est le premier plan du film. C'est un plan large : un homme en contre-jour face à aux vagues. Maintenant, on voit la vague toute seule, une main apparaît devant l'objectif, cherchant à boucher la vue, c'est la main de l'homme, off, une voix féminine proteste en riant, c'est donc elle qui filme. Elle filme l'homme qu'elle aime et qui la filmait elle dans La rencontre. On reconnaît sa voix si particulière, grave, mouillée, enfantine, agaçante et attendrissante. Maintenant, on la voit, en ombre chinoise à son tour et en plan fixe, elle est devant la fenêtre d'un hôtel au bord de la mer, elle s'essuie les cheveux. Voilà que le cinéaste entre dans le champ, il joue à étouffer Françoise avec la serviette, ils rient tous les deux. Dans la séquence suivante, c'est lui qui filme longuement, qui traque presque le visage, les gestes d'une silhouette enfouie sous les étoffes qui mendie sur les Champs-Elysées, figure de la femme, de l'ailleurs, de la misère et de la mort. Françoise revient, c'est la nuit et son visage devient masque, mystère, elle a peur, elle est angoissée, elle chuchote. Nous sommes dans la chambre, c'est à lui qu'elle parle et nous l'entendons comme si elle parlait à chacun de nous.

Voilà ! ces quatre séquences donnent à voir le film dans ses allers retours entre les éléments, l'amour et la mort, l'extérieur et l'intérieur, le monde et la chambre. Le cinéaste joue avec la caméra comme s'il faisait un film de vacances, il se laisse guider par ce qu'il filme mais il peut aussi tracer radicalement le champ et le hors-champ, la lumière et les ombres. Toute la grammaire du cinéma est là, orchestrée avec les moyens du bord, la matière que les vagues de la vie apportent chaque jour. [...] »


La cinéaste de l'ACID Dominique Cabrera à propos de LE FILMEUR de Alain Cavalier



> Lire l'intégralité du texte ici <


...ET DE LA MUSIQUE

Morceau entendu dans LA JEUNE FILLE SANS MAINS de Sébastien Laudenbach


Et pour celles et ceux qui sont plutôt team podcasts ; on vous propose de réécouter la cinéaste Yolande Zauberman, qui a récemment reçu le César du Meilleur Documentaire pour M, dans "Signes des temps", l'émission de Marc Weitzmann sur France Culture : « Quand le documentaire et la fiction s'entremêlent ».


« Godard a dit quelque part qu'une bonne fiction doit toujours être un documentaire de la même façon qu'un bon documentaire est toujours une fiction »


QUELQUES BONNES NOUVELLES (SI,SI)

On n'avait pas eu le temps de vous l'annoncer avant le début du confinement ; les Cinéastes de l'association se sont récemment engagés sur trois nouveaux soutiens. Nous vous tiendrons bien entendu au courant des dates de sortie.

  • EVA EN AOÛT de Jonás Trueba
    Espagne / 2019 / 2h09 / Prod. Javier Lafuente / Arizona Distribution

Eva, 33 ans, décide de rester à Madrid pour le mois d'août, tandis que ses amis sont partis en vacances. Les jours s'écoulent dans une torpeur madrilène festive et joyeuse et sont autant d'opportunités de rencontres pour la jeune femme.

+ d'infos ici - Sortie début juillet

  • 143, RUE DU DÉSERT de Hassen Ferhani
    Algérie, France, Qatar / 2019 / 1h40 / Centrale Electrique, Allers Retours Films / Météore Films

En plein désert algérien, dans son relais, une femme écrit son histoire. Elle accueille, pour une cigarette, un café ou des œufs, des routiers, des êtres en errance et des rêves... Elle s'appelle Malika.

Date de sortie à venir

  • MAUDIT ! de Emmanuel Parraud
    France / 2019 / 1h15 / Spectre Production, A VIF cinemas, Studio Orlando, Studio Acoustik, The Dark

Alix part à la recherche de son ami disparu dans une île hantée par les fantômes du colonialisme et de l'esclavage.

Date de sortie à venir

Par ailleurs, l'appel à candidatures pour le Coup de Cœur des jeunes ACID / France Culture est toujours ouvert et ce jusqu'au 15 avril 2020 minuit.

Si vous connaissez des étudiant-e-s qui souhaitent faire partie du jury, découvrir la sélection de films et voter, n'hésitez pas à leur transmettre les informations !


ET POUR FINIR, LE PLEIN D'AUTRES PROPOSITIONS CINÉPHILES


  • La salle marseillaise La Baleine et Shellac proposent une sélection de films (nouveautés, reprises, films de patrimoine) à découvrir en VOD le temps de la fermeture de la salle ; ainsi que des rendez-vous virtuels sur Facebook et un événement par semaine autour d'un film en chat room.

  • Le Cinéma du Réel continue sa vie en ligne : du 20 mars au 4 avril, 9 films de la sélection française 2020 sont à découvrir en exclusivité et en accès libre sur Festival Scope. Par ailleurs le Palmarès de l'édition 2020 vient d'être dévoilé.

  • Le Film français offre l'accès gratuit au magazine et à tous ses contenus par ici.

  • Accès offert pour le dernier SoFilm également (ici). On y lit, entre autres, une belle critique de KONGO.

  • Deux films de la cinéaste ACID Marina Déak sont en ligne :

   > POURSUITE (soutenu par l'ACID en 2011) ici. Mot de passe : Poursuite
   > SI ON TE DONNE UN CHÂTEAU, TU LE PRENDS? ici. Mot de passe : DIS MOI OU TU HABITES

  • Un petit tour par le Canada pour profiter d'un accès totalement gratuit à la vidéothèque de l'ONF (Office National du Film du Canada), par les Pays-Bas, ou encore par l'Italie : la Cinémathèque de Milan a mis en ligne et en accès libre l'intégralité de son catalogue (il suffit de s'inscrire ici). Mais aussi des options de films, tables rondes, festivals à domicile pour celles et ceux qui nous liraient depuis la Suisse.

  • UniversCiné passe une sélection de plus de 200 films à 0,99 euros...

  • ... La Cinetek quant à elle propose une liste spéciale réconfort - plutôt bienvenue, non ?

  • ... enfin, L'INA a lancé Madelen, sa plateforme de streaming qui regorge de classiques du cinéma français, émissions cultes, documentaires, concerts mythiques, etc. Les trois premiers mois sont gratuits - ça devrait tenir le temps du confinement.

  • D'ailleurs, face à la fermeture des salles de cinéma, les plateformes de VOD art et essai sont en plein essor. Analyse du Monde à lire ici.

Ça y est, tout le monde s'est remis au sport ?

(Photo tirée de VOYAGE AU GROENLAND, Sébastien Betbeder - Soutenu par l'ACID en 2016)

Chaque jeudi en ce temps de confinement, recevez dans votre boîte aux lettres les nouvelles propositions de l'ACID !


Si vous n'êtes pas encore abonné(e) à nos newsletters ; écrivez-nous à mediation@lacid.org et communication@lacid.org pour les recevoir.

Article

Come Together - News #12

Le 11 juin 2020


L'avant-dernière newsletter hebdomadaire, pour tenir jusqu'à la réouverture de nos chères salles obscures le 22 juin - et donc la (re) sortie de SI C'ÉTAIT DE L'AMOUR de Patric Chiha et de KONGO de Hadrien La Vapeur & Corto Vaclav.

Afin de continuer à faire vivre le cinéma que nous défendons donc, de nouvelles idées de films à voir depuis chez vous, des textes de cinéastes, des idées de musiques pour accompagner vos journées ou vos nuits. Et pour cette semaine, un focus spécial "Contes & Légendes" avec deux films nous venant de temps immémoriaux.

Si ce n'est pas encore fait, vous pouvez nous suivre sur Facebook, Instagram, et Twitter !


Les cinéastes et l'équipe de l'ACID


PROPOSITIONS VOD "Contes & légendes"

DU SOLEIL POUR LES GUEUX de Alain Guiraudie


Une jeune coiffeuse au chômage veut rencontrer les bergers d'Ounayes. Un bandit d'escapade veut quitter son pays. Un grand guerrier veut capturer le bandit...


Soutenu par l'ACID en 2001 - A voir en VOD sur Shellac


HONOR DE CAVALLERIA de Albert Serra


Guidés par le hasard, Don Quichotte et Sancho poursuivent jour et nuit leur voyage à la recherche d'aventures. Ils chevauchent à travers champs, bivouaquent à la belle étoile, conversent, guettent un ennemi invisible.


Soutenu par l'ACID en 2007 - A voir en VOD sur UniversCiné


PROCHAINEMENT AU CINÉMA


KONGO de Hadrien La Vapeur & Corto Vaclav

En salles le 22/06


SI C'ÉTAIT DE L'AMOUR de Patric Chiha

En salles le 22/06


EVA EN AOÛT de Jonás Trueba

En salles le 05/08


143, RUE DU DÉSERT de Hassen Ferhani

En salles le 16/12


UN PEU DE LECTURE...

« Il y a des femmes qui peuplent nos vies de spectateurs et Malika en fera résolument partie. L'héroïne du nouveau film d'Hassen Ferhani tient un café au bord de la Nationale 1 : La Transsaharienne, à 900 km au sud d'Alger, traverse le désert algérien jusqu'à la frontière du Niger. Voilà pour le décor.                   


143, Rue du désert est une sorte de road-movie immobile. Ce sont les kilomètres qui défilent en hors-champ. Dans son café minuscule aux ouvertures magiques, fenêtres sur un monde infini, Malika a les atours d'une héroïne de roman, ogresse malicieuse, magicienne emmitouflée, une femme seule, au milieu de nulle part avec un horizon balayé par la valse des camions qui filent sur la route du désert.


Le film porte en lui mille et une fictions. Par la poésie de ses images et la beauté des cadres, apparaît la puissance du hors champ, qui fait que l'imaginaire s'emballe. Un homme marche au loin le long d'une route battue par une tempête de sable, un camion passe à toute allure dans l'autre sens et mille fictions sont alors possibles.


Ce pourrait être aussi un western algérien, avec Malika en cousine lointaine de Joan Crawford dans Johnny Guitar. Car il faut en avoir du courage et du caractère pour tenir ce saloon. Pour accueillir les récits de tous ces hommes qui s'arrêtent, font une pause le temps d'un café, d'une omelette  - s'il reste des œufs - ou d'une cigarette. Des camionneurs, des migrants,  des Imams, des militaires, des touristes, qui viennent déposer des histoires du pays au creux de son oreille attentive. La seule femme qui traverse le film est une motarde Polonaise. Et Malika recadrera sitôt la Polonaise partie : un corps d'homme, un visage d'homme… La seule reine en son royaume, c'est elle !


Malika dit à l'un des routiers qu'on ne lui a pas laissé une place dans le monde, or le film dit tout le contraire. Il dit comment, en gardienne du vide, Malika révèle les contours de ce monde.


Peindre un détail pour évoquer le paysage, c'est ainsi qu'Hassen Ferhani s'attache à rester dans ce petit théâtre pour raconter cette femme et l'Algérie. On perçoit dans les récits l'épuisement, la lassitude d'un régime politique à bout. Ce pays au bord, comme ce café au bord, juste avant que les manifestations ne commencent – le film a été tourné en 2018. L'Algérie raconté par ce petit bout de la lorgnette, c'est parfois trois fois rien le cinéma ; 143, Rue du désert est un grand film. »

 

La cinéaste Aurélia Barbet  à propos de 143, RUE DU DÉSERT de Hassen Ferhani


...ET DE LA MUSIQUE

Ella van der Woude - "Take Me To the Mall"

Morceau entendu dans TAKE ME SOMEWHERE NICE d'Ena Sendijarević qui sortira en salles au printemps 2021 (suite à un changement de date ; non pas le 8 juillet comme précédemment annoncé).


Ça fait bizarre de revoir du monde, non ?

(image tirée de LA BATAILLE DE SOLFERINO de Justine Triet - Soutenu en 2013)


> Contenu à retrouver également sur les sites de nos partenaries Mediapart et Télérama <


Si vous n'êtes pas encore abonné(e) à nos newsletters ; écrivez-nous à mediation@lacid.org et communication@lacid.org pour les recevoir.

Article
Vidéo
soutien
soutien
soutien

Recherche