Si c'était de l'amour

Un film de Patric Chiha

Si c'était de l'amour

Un film de Patric Chiha

France - 2019 - 82 min

Ils sont quinze jeunes danseurs, d’origines et d’horizons divers. Ils sont en tournée pour danser Crowd, une pièce de Gisèle Vienne sur les raves des années 90. En les suivant de théâtre en théâtre, Si c’était de l’amour documente leur travail et leurs étranges et intimes relations. Car les frontières se troublent. La scène a l’air de contaminer la vie – à moins que ce ne soit l’inverse. De documentaire sur la danse, le film se fait alors voyage troublant à travers nos nuits, nos fêtes, nos amours.

Avec
Philip Berlin, Marine Chesnais, Kerstin Daley-Baradel, Sylvain Decloitre, Sophie Demeyer, Vincent Dupuy, Massimo Fusco, Nuria Guiu Sagarra, Rehin Hollant, Georges Labbat, Oskar Landström, Theo Livesey, Louise Perming, Katia Petrowick, Anja Röttgerkamp, Jonathan Schatz, Gisèle Vienne, Henrietta Wallberg, Tyra Wigg

EN SALLE

Sorti le 04 mars 2020

En salle

À propos de Si c'était de l'amour

Si c'était de l'amour est un film dont il est difficile de cerner la forme. Si on peut croire assister dans un premier temps à un making-of sur la création d'un spectacle chorégraphique (Crowd, de Gisèle Vienne), le film se déplace peu à peu vers un portrait plus intime de ses interprètes.

Sans savoir pourquoi, nous nous laissons vite gagner par l'émotion. Et nous ne pouvons que rendre grâce à Patric Chiha de ne pas chercher à éclaircir le mystère de ce travail de création, mais de nous encourager au contraire à en explorer les abimes.

Ici, les danseurs sont aussi auteurs, donnant corps et voix à leurs histoires intimes dans des confessions qui nous révèlent que le désir se prolonge hors de sa représentation.

En coulisse, devant la caméra du cinéaste, les artistes se confient l'un à l'autre, comme ils le feraient après l'amour, les mots encore chargés de la brulante sensualité qui les habite sur scène. Et par un subtil travail de montage, Patric Chiha tend à faire disparaître la frontière qui sépare le spectacle de la coulisse, et le chaos des corps des pensées qui les bouleversent.

Imperceptiblement, le film prend la forme d'un vaste espace mental, presque onirique. Et même si nous ignorons tout, ou presque, de cette représentation, le plaisir n'en est pas moins entier : la musique nous enivre rapidement, le souffle des êtres nous émeut, et les images, superbes, explorent ces corps en suspension comme des planètes inconnues. On frôle la science-fiction.

Paroles de cinéastes

À PROPOS DE SI C'ÉTAIT DE L'AMOUR

Voir SI C'ÉTAIT DE L'AMOUR donne une nouvelle et éclatante occasion de comprendre pourquoi la danse et le cinéma s'entendent si bien ensemble. Il y a eu Wiseman bien sûr, ses deux films BALLET et LA DANSE voire même le chorégraphe Alain Platel dont les merveilleux BALLETS DE-CI DE-LÀ n'ont malheureusement jamais trouvé le chemin des salles de cinéma (en dépit de la sélection du film à l'ACID en 2007). Le point commun de tous ces films est de nous montrer à quel point la bulle de fiction que constitue un ballet, aussi abstrait soit-il, se nourrit non seulement du corps et de l'énergie du danseur mais surtout de son histoire personnelle, matière quasi organique dans laquelle la chorégraphe Gisèle Vienne puise avec un discret mais tenace appétit d'ogre. Le frottement entre les sublimes boucles sonores et temporelles de la techno et les rêveries amoureuses qui s'inventent pour l'occasion est tout simplement merveilleux.

Séverine Rocaboy

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Programmatrice


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