La Última Primavera (Last Days of Spring)

Un film de Isabel Lamberti

La Última Primavera (Last Days of Spring)

Un film de Isabel Lamberti

Pays-Bas, Espagne - 2020 - 77 min

Les habitants de “La Cañada Real”, un bidonville près de Madrid, se voient forcés de quitter les maisons construites de leurs propres mains, car la terre sur laquelle ils vivent a été vendue. Les membres de la famille Gabarre Mendoza se débattent tant bien que mal avec ces changements.

In ‘La Cañada Real’ a shanty town near Madrid, the inhabitants are forced to leave their self-build homes, because the land they live on is sold. While this process slowly unfolds, the different members of the Spanish family Gabarre Mendoza, struggle with their lives in transition.

Avec
DAVID GABARRE JIMÉNEZ, ,AGUSTINA MENDOZA GABARRE, DAVID GABARRE MENDOZA, ANGELINES GABARRE MENDOZA, ALEJANDRO GABARRE MENDOZA, MARÍA DURO REGO, ÁNGELO GABARRE MENDOZA, DAVID GABARRE DURO, ISABEL GABARRE MENDOZA


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A PROPOS DE LA ULTIMA PRIMAVERA

Qu'est-ce qu'un espace dit de nous, de nos histoires, de nos rêves, de la place qui nous est assignée ou de la possibilité encore de bâtir un espace de liberté ? Ici, il s'agira d'une maison posée sur une friche et promise à la destruction. Lieu d'ancrage, le film nous installe avec délicatesse au cœur d'une famille vivant dans la précarité. Il nous embarque dans la réalité singulière, immédiatement attachante, d'un quartier en mutation. Il témoigne de la normalisation exigée par des lois, des décrets, tout un arsenal implacable qui est en soi une violence profonde infligée à ceux qui ne veulent pas vivre séparés, qu'on place de force avec d'autres. Violence Kafkaïenne, rouleau compresseur de la norme qui assèche toute forme de différences. Construit sur la force documentaire, le film s'empare de la fiction pour faire vibrer ces différences. Doucement, il montre, révèle, accompagne et laisse surgir des destins.


Le dernier printemps propose une suspension malgré l'échéance de relogement qui bat la mesure. Une affaire de saison, d'atmosphère, de parfums et de chaleur qui s'alourdit. Ce que le temps dit de nos espoirs, de nos désirs et des résistances à une forme de fatalité. Il s'écoule pourtant, inexorable entre l'annonce de la destruction de cette maison faite de courants d'air et le début d'une vie ailleurs, urbaine, serrée en des lieux exigus. Symphonie du quotidien où tout semble orchestré et tendu par le départ de ce lieu-là. La question n'est pas pourquoi ça s'arrête, pourquoi cette vie-là doit mourir, mais comment, ici, elle vit, palpite, rêve et s'égrène au rythme des anniversaires, du jeu des enfants au milieu d'un terrain vague, de la recherche d'emploi, de la rencontre amoureuse, des fêtes.


Et puis, il y a un autre territoire, celui de la famille, ce pays intime dans lequel le film nous emmène et où l'on est si bien. Chaque membre de cette famille éclaire ce lieu à sa façon, le fait briller comme un miroir de leur intériorité. Trois générations vivent dans cette maison et renvoient au spectateur ce que veut dire être ensemble. Leur plus grand trésor est l'amour et c'est cela qu'ils protègent farouchement. La maison sera détruite mais la force de ce qui les fonde sera, elle, résistance. 




What can a specific place tell about the individuals who live there? About their story and their dreams? About the position in society that has been assigned to them or about the possibility that they still have to build a space of their own where they can be free? In La Última Primavera, this place is a house built in the middle of an abandoned land which is to be demolished soon. This house is where most of the scenes of the movie are shot, which enables the filmmaker to make us viewers share the daily life of a family in need. The film gently takes us into the heart of a neighborhood which is undergoing considerable change and it makes us experience the reality of a very singular and moving situation. It illustrates a process of urban normalisation driven by an implacable set of laws and decrees which very violently tears apart those who do not want to be separated and forces them to live with other people they do not wish to live with.


The Kafkaesque violence of these bureaucratic standards literally crushes and dries up any possibility of living a different type of life. Taking its strength from its documentary foundations, the movie also uses the powers of fiction to give life to these differences. Carefully, little by little, it reveals its characters' destinies.


Even though the clock is ticking and the rehousing of the inhabitants will soon take place, the “last spring” of the film's title offers a suspension in time. The fact that the story takes place during that season matters, and so do the atmosphere, the scents and the heat that gets heavier. Time also matters, in what it says about our hopes, our desires and the way we can try to resist to a form of fatality. Still, time inexorably passes between the day of the announcement of the destruction of this shambolic, draughty house and the beginning of a new, more urban and confined life in another neighborhood. The daily life of the movie's characters is a symphony in which everything seems to be orchestrated towards the day when they will have to leave this place. However, the question is not why this life will stop, why it must die, but how, here and now, the characters keep on enjoying their lives and dreaming as they celebrate birthdays, look for a job, throw parties, watch over their children as they play in the middle of a waste ground, find love. 


The movie also explores another territory, family itself, a kind of private country in which we, the viewers, feel perfectly at ease. Every member of this family, in their own way, shines a light upon their house and makes it shine, thus mirroring their inner world. Three generations live there and they embody what living together really means. Their greatest treasure is their love and this is what they fight so fiercely to protect. True, their house will be destroyed, but the foundations of their collective strength will resist anything.


Hélène Milano

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Cinéaste


Alain Raoust

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Cinéaste


Paroles de cinéastes

L'ACID dévoile sa programmation ACID Cannes 2020 hors les murs

« Tandis que le réel semblait basculer dans une autre dimension, la programmation ACID 2020 s'ingéniait à y trouver des équilibres instables, certes, mais puissants, pour un cinéma peuplé de funambules, dont l'amour éperdu chargé de tendresse insinue en nous des voix qui chantent, et nous entraînent. S'enlacent ainsi sur un fil fiction et documentaire pour jouer avec les abîmes du monde non pour le plaindre mais le produire à distance. Projetons dans un paysage un destin d'enfant ! Que la peur soit éparpillée aux quatre coins de territoires colorés, sillonnés par les vents et les ombres, illuminés. Tel est l'accomplissement auquel, nous cinéastes, vous convions cette année. L'audace invincible persiste, prête à toutes les beautés. » 


Nous avons été 13 cinéastes cette année à visionner pendant des mois plusieurs centaines de films – dont 30 % proposés par des réalisatrices – avec le soin et l'exigence dûs à celles et ceux qui partout dans le monde continuent à créer et à résister.

 

Malgré les circonstances, nous avons choisi de conserver les critères habituels de la programmation ACID CANNES, à savoir nous engager sur le soutien d'autant de films que d'habitude, 9 longs-métrages, avec la même attention particulière accordée aux films sans distributeur et aux premiers longs.

Sur ces 5 fictions et 4 documentaires de création, 5 films ont été réalisés par des femmes.

Nous avons également décidé ces derniers jours, avec la Sélection Officielle, de co-présenter un de nos coups de cœur communs.

Seule la programmation ACID TRIP #4, qui devait être consacrée au jeune cinéma chilien, est reportée à 2021.

 

C'est une aventure de plusieurs mois qui débute entre nous cinéastes, l'équipe de l'ACID et ces films soutenus, même si son point de départ ne sera malheureusement pas la ville de Cannes.

 

Dès le mois de juin, nous travaillerons à la promotion des films auprès de nos partenaires internationaux au sein du Marché du Film de Cannes online. A l'automne, nous accompagnerons en régions des projections professionnelles à destination des exploitants de salles. 

 

Nous accueillerons, en chair et en os nous l'espérons, les équipes de films lors des projections publiques qui se tiendront du 25 au 29 septembre au Louxor à Paris, du 2 au 4 octobre au Comoedia à Lyon, du 8 au 11 octobre au Gyptis et à La Baleine à Marseille. Puis également à la Cinémathèque de Corse, ainsi que dans de nombreux festivals partenaires qui nous font l'honneur de nous inviter en France comme à l'international.

 

L'ACID déploiera ensuite ses dispositifs de programmation, d'accompagnement et d'éducation à l'image grâce à notre réseau de salles adhérentes, de partenaires éducatifs ainsi qu'à nos spectateurs “relais” et jeunes ambassadeurs.

 

Nous avons hâte de vous retrouver, de près, dans les salles de cinéma !


LES 13 CINÉASTES PROGRAMMATEURS 2020 :

Anne Alix, Stéphane Batut, Caroline Capelle, Aude Chevalier-Beaumel, Michaël Dacheux, Philippe Fernandez, Jean-Louis Gonnet, Ombline Ley, Hélène Milano, Alice Odiot, Alain Raoust, Idir Serghine, Laure Vermeersch

et l'équipe de l'ACID


THE ACID CANNES 2020 PROGRAMME:


« While reality seemed to be shifting into another dimension, the ACID 2020 programme was ingenious in finding unstable but powerful balances for a cinema populated by tightrope walkers, whose love, filled with tenderness, insinuates in us voices that sing and carry us along. Thus we embrace a fiction and documentary thread to play with the abysses of the world, not to pity it but to produce it from a distance. Let's project a child's destiny in a landscape! Let fear be scattered in the four corners of colourful territories, criss-crossed by winds and shadows, illuminated. This is the achievement to which we filmmakers invite you this year. The invincible audacity persists, ready for all the beauties. » 

We were 13 filmmakers this year, watching several hundred films for months - 30% of them by women directors - with the care and attention due to those around the world who continue to create and resist.

 

Despite the circumstances, we have chosen to maintain the usual criteria of ACID CANNES programming, namely to commit to supporting as many films, 9 feature films, with the same special attention given to films without distributors and first features.

Out of these 5 fictions and 4 creative documentaries, 5 films are directed by women.

We have also decided over the last few days to co-present with the Official Selection one of our common favourites.

 

Only the ACID TRIP #4 program, which was supposed to be dedicated to young Chilean cinema, has been postponed to 2021.

 

As every year, it is an adventure of several months that begins between us filmmakers, the ACID team and these supported films, even if its starting point will unfortunately not be the city of Cannes.

 

Starting in June, we will work to promote the films to our international partners at the online Cannes Film Market and, in the fall, professional screenings will be held in the regions for exhibitors.

 

We will, we hope, welcome the film teams at the public screenings to be held from September 25 to September 29 at Le Louxor in Paris, from October 2 to October 4 at Comoedia in Lyon, from October 9 to October 13 at Gyptis and La Baleine in Marseille. Then also at the Cinémathèque de Corse, as well as in numerous partner festivals that do us the honour of inviting us in France and abroad.

 

The ACID will then deploy its programming, support and image education measures thanks to our network of member cinemas, educational partners and our "relay" spectators and young ambassadors.

 

We look forward to seeing you, up close, in the cinemas.


THE 13 FILMMAKER-PROGRAMMERS 2020 :

Anne Alix, Stéphane Batut, Caroline Capelle, Aude Chevalier-Beaumel, Michaël Dacheux, Philippe Fernandez, Jean-Louis Gonnet, Ombline Ley, Hélène Milano, Alice Odiot, Alain Raoust, Idir Serghine, Laure Vermeersch

and the ACID team


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