Walden

Un film de Bojena Horackova

Walden

Un film de Bojena Horackova

France, Lituanie - 2020 - 85 min

Après trente ans d'exil à Paris, Jana revient à Vilnius. Elle veut retrouver le lac que Paulius, son premier amoureux, appelait « Walden ». Chronique de la jeunesse lituanienne d'avant la chute du bloc communiste, où, entre premiers émois et marché noir, les rêves de liberté s'incarnent à l’Ouest.


After 30 years of exile in Paris, Jana travels back to Vilnius. She wants to see again the lake that Paulius, her first love, called « Walden ». This film is a tale of the Lithuanian youth before the fall of Communism. Between first emotions and black market, there are the dreams of freedom and leaving for the West.

Avec :
Ina Marija Bartaite , Laurynas Jurgelis , Fabienne Babe , Andrzej Chyra , Mantas Janciauskas , Nele Savicenko et Povilas Budrys


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A propos de WALDEN

Walden est le nom d'un lac, il pourrait se situer au milieu des bois du Massachussetts comme dans le livre de Thoreau, mais c'est caché au cœur d'une forêt lituanienne qu'il hante le film de Bojena Horackova avec la persistance et la fixité étincelante du souvenir. Et c'est l'écho d'un autre exil, également lituanien et éponyme, que l'on entend alors, celui du diariste Jonas Mekas : même palpitation impressionniste, mêmes éclats de beauté et réminiscences. Le film nous parvient paré de la grâce d'un autre temps, pas seulement celui dans lequel évoluent ses jeunes héros, l'année 1989, qui fera naître tant d'espoirs et de vertige à la jeunesse du bloc de l'Est. Il nous vient de plus loin encore, des plages du Monika de Bergman où les visages étaient autant de paysages limpides. La douceur des couleurs, le frémissement du vent… Walden nous conduit vers cette époque de la vie où les premiers élans de l'amour se confondent avec la soif d'une liberté rêvée. C'est cette alchimie secrète que cherche à saisir la cinéaste en s'approchant lentement du visage de Jana, avec un art de la lumière et du portrait subjuguant. Un portrait qui débusque à chaque instant les rêves de cette jeunesse à l'horizon bouché qui cherche les moyens, quels qu'ils soient, de vivre sa vie. Mais ce qui se sent dans les ellipses du montage, c'est aussi la peur du saut dans le vide, vers l'inconnu de l'amour, vers les profondeurs de ce mirage liquide où se précipitent tous les ailleurs sauvages, tous les refuges à inventer : Walden, le lac, Walden, l'avenir.


Filmés en un seul plan, précis et implacable, les jeunes amants ferment la porte de la chambre, déplient le lit jusque sous la table tant la pièce est petite, s'allongent et se déshabillent l'un l'autre, se donnent leur premiers baisers, comme une évidence, sans urgence ni embarras. La mère du garçon les surprend. Rien de grave, ils s'aimeront demain.…

La cinéaste est là pour recueillir les élans comme les inquiétudes, avec un goût du détail, une sensualité des gestes et de la circulation des corps, une subtilité des émotions, une écoute de la musicalité des voix et du monde, qui insufflent au film autant de vitalité que d'intériorité. Sans ostentation, c'est aussi la nécessité et le courage d'un retour qui se partagent ici. Et peut-être bien la mélancolie, intime et politique, de tout ce qui n'a pas eu lieu.



Walden is the name of a lake which could be located in the middle of the woods in Massachusetts, as in Thoreau's book. But in this feature it is hidden at the heart of a Lithuanian forest. And it haunts Bojena Horackova's film like a persistent memory deeply engraved in one's mind.

The movie echoes another exile, that of Lithuanian diarist Jonas Mekas' eponymous film, and shares with it the same impressionist reminiscences, the same flashes of beauty.

The movie comes to us adorned with the grace of another time. Not just that of the year 1989, the time when the two young protagonists lived and which gave the youths of Eastern European countries immense expectations for the future. It comes from an even more remote time, from 1954 and the beaches of Bergman's Monika, in which faces were filmed like bright landscapes.

The gentleness of the colors, the murmur of the wind… Walden takes us to this time in life when the first loving desires blend with a thirst for a form of freedom one can only dream of. This is this secret alchemy that the filmmaker seeks to reach when she slowly gets closer to Jana's face, skillfully mastering both the art of light and the art of the portrait. All along the movie, she reveals the dreams of these young people whose opportunities in life are severely limited and who are constantly looking for ways to fully live their lives, whatever it takes. But what one can also sense within the parts that the editing deliberately skips is the fear of jumping off the cliff, of taking a leap into the unknown of love, this ungraspable mirage in which the wildest places can be imagined and all the refuges invented: Walden, the lake, Walden, the future.


In one scene, filmed in a single accurate and implacable shot, the young lovers close the door of the boy's bedroom, then unfold the folding bed but the room is so small that the bed hits the table. They lay down, undress each other and kiss for the first time. Everything comes very naturally. They neither rush nor feel embarrassed. Suddenly the boy's mother opens the door and interrupts them. But there's nothing to worry about, they'll just make love another day…

With a taste for details, the filmmaker always puts the camera at the right place to record the characters' urges as well as their anxieties. She succeeds in showing the sensuality of their gestures and of the way their bodies move. She also manages to make us hear the musicality of their voices and of the world. Thanks to all of this, her movie explores the interiority of its characters with a great energy. Without ever being ostentatious, Walden illustrates the necessity and the courage of returning to one's roots. And its subject could also very well be the intimate and political dimension of the melancholy of everything that has never happened.


Stéphane Batut

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Cinéaste


Michaël Dacheux

 - 

Cinéaste


Paroles de cinéastes

L'ACID dévoile sa programmation ACID Cannes 2020 hors les murs

« Tandis que le réel semblait basculer dans une autre dimension, la programmation ACID 2020 s'ingéniait à y trouver des équilibres instables, certes, mais puissants, pour un cinéma peuplé de funambules, dont l'amour éperdu chargé de tendresse insinue en nous des voix qui chantent, et nous entraînent. S'enlacent ainsi sur un fil fiction et documentaire pour jouer avec les abîmes du monde non pour le plaindre mais le produire à distance. Projetons dans un paysage un destin d'enfant ! Que la peur soit éparpillée aux quatre coins de territoires colorés, sillonnés par les vents et les ombres, illuminés. Tel est l'accomplissement auquel, nous cinéastes, vous convions cette année. L'audace invincible persiste, prête à toutes les beautés. » 


Nous avons été 13 cinéastes cette année à visionner pendant des mois plusieurs centaines de films – dont 30 % proposés par des réalisatrices – avec le soin et l'exigence dûs à celles et ceux qui partout dans le monde continuent à créer et à résister.

 

Malgré les circonstances, nous avons choisi de conserver les critères habituels de la programmation ACID CANNES, à savoir nous engager sur le soutien d'autant de films que d'habitude, 9 longs-métrages, avec la même attention particulière accordée aux films sans distributeur et aux premiers longs.

Sur ces 5 fictions et 4 documentaires de création, 5 films ont été réalisés par des femmes.

Nous avons également décidé ces derniers jours, avec la Sélection Officielle, de co-présenter un de nos coups de cœur communs.

Seule la programmation ACID TRIP #4, qui devait être consacrée au jeune cinéma chilien, est reportée à 2021.

 

C'est une aventure de plusieurs mois qui débute entre nous cinéastes, l'équipe de l'ACID et ces films soutenus, même si son point de départ ne sera malheureusement pas la ville de Cannes.

 

Dès le mois de juin, nous travaillerons à la promotion des films auprès de nos partenaires internationaux au sein du Marché du Film de Cannes online. A l'automne, nous accompagnerons en régions des projections professionnelles à destination des exploitants de salles. 

 

Nous accueillerons, en chair et en os nous l'espérons, les équipes de films lors des projections publiques qui se tiendront du 25 au 29 septembre au Louxor à Paris, du 2 au 4 octobre au Comoedia à Lyon, du 8 au 11 octobre au Gyptis et à La Baleine à Marseille. Puis également à la Cinémathèque de Corse, ainsi que dans de nombreux festivals partenaires qui nous font l'honneur de nous inviter en France comme à l'international.

 

L'ACID déploiera ensuite ses dispositifs de programmation, d'accompagnement et d'éducation à l'image grâce à notre réseau de salles adhérentes, de partenaires éducatifs ainsi qu'à nos spectateurs “relais” et jeunes ambassadeurs.

 

Nous avons hâte de vous retrouver, de près, dans les salles de cinéma !


LES 13 CINÉASTES PROGRAMMATEURS 2020 :

Anne Alix, Stéphane Batut, Caroline Capelle, Aude Chevalier-Beaumel, Michaël Dacheux, Philippe Fernandez, Jean-Louis Gonnet, Ombline Ley, Hélène Milano, Alice Odiot, Alain Raoust, Idir Serghine, Laure Vermeersch

et l'équipe de l'ACID


THE ACID CANNES 2020 PROGRAMME:


« While reality seemed to be shifting into another dimension, the ACID 2020 programme was ingenious in finding unstable but powerful balances for a cinema populated by tightrope walkers, whose love, filled with tenderness, insinuates in us voices that sing and carry us along. Thus we embrace a fiction and documentary thread to play with the abysses of the world, not to pity it but to produce it from a distance. Let's project a child's destiny in a landscape! Let fear be scattered in the four corners of colourful territories, criss-crossed by winds and shadows, illuminated. This is the achievement to which we filmmakers invite you this year. The invincible audacity persists, ready for all the beauties. » 

We were 13 filmmakers this year, watching several hundred films for months - 30% of them by women directors - with the care and attention due to those around the world who continue to create and resist.

 

Despite the circumstances, we have chosen to maintain the usual criteria of ACID CANNES programming, namely to commit to supporting as many films, 9 feature films, with the same special attention given to films without distributors and first features.

Out of these 5 fictions and 4 creative documentaries, 5 films are directed by women.

We have also decided over the last few days to co-present with the Official Selection one of our common favourites.

 

Only the ACID TRIP #4 program, which was supposed to be dedicated to young Chilean cinema, has been postponed to 2021.

 

As every year, it is an adventure of several months that begins between us filmmakers, the ACID team and these supported films, even if its starting point will unfortunately not be the city of Cannes.

 

Starting in June, we will work to promote the films to our international partners at the online Cannes Film Market and, in the fall, professional screenings will be held in the regions for exhibitors.

 

We will, we hope, welcome the film teams at the public screenings to be held from September 25 to September 29 at Le Louxor in Paris, from October 2 to October 4 at Comoedia in Lyon, from October 9 to October 13 at Gyptis and La Baleine in Marseille. Then also at the Cinémathèque de Corse, as well as in numerous partner festivals that do us the honour of inviting us in France and abroad.

 

The ACID will then deploy its programming, support and image education measures thanks to our network of member cinemas, educational partners and our "relay" spectators and young ambassadors.

 

We look forward to seeing you, up close, in the cinemas.


THE 13 FILMMAKER-PROGRAMMERS 2020 :

Anne Alix, Stéphane Batut, Caroline Capelle, Aude Chevalier-Beaumel, Michaël Dacheux, Philippe Fernandez, Jean-Louis Gonnet, Ombline Ley, Hélène Milano, Alice Odiot, Alain Raoust, Idir Serghine, Laure Vermeersch

and the ACID team


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