Rêves de jeunesse

Un film de Alain Raoust

Rêves de jeunesse

Un film de Alain Raoust

France, Portugal - 2019 - 92 min

Salomé décroche un job d'été dans la déchetterie d'un village. Sous un soleil de western, dans ce lieu hors du monde, son adolescence rebelle la rattrape. De rencontres inattendues en chagrins partagés, surgit la promesse d’une vie nouvelle.

Salomé gets a summer job in a junkyard somewhere in the country side. Under a western sun, in this place out of the world, her teenage rebellion springs up. From unexpected encounters to shared sorrows, arise promises of a new life. 

Avec :
Salomé Richard , Yoann Zimmer , Estelle Meyer , Jacques Bonnaffé , Christine Citti , Aude Briant et Carl Malapa

EN SALLE

Sorti le 31 juillet 2019

En salle

A propos de Rêves de jeunesse

J'avais beaucoup aimé le premier long-métrage d'Alain Raoust, La Cage, qui – dans une veine plus poétique que politique – suivait la trajectoire d'une jeune femme (interprétée par Caroline Ducey). Criminelle tout juste sortie de prison, elle cherchait à établir un lien avec le père de sa victime et à reconquérir une vie qui ne soit pas simple adaptation au prétendu « ordre social ». Près de vingt ans plus tard, j'ai retrouvé avec plaisir ce cinéaste rare, à la sensibilité toujours à vif. Les portraits de jeunes – et moins jeunes – gens qu'il nous propose semblent au départ rester disjoints et flirter avec les clichés : la vedette de télé-réalité, le cycliste dépressif, la symbolique de la déchetterie. Mais tout se met en place peu à peu, d'une manière inattendue, autour d'une belle figure d'absent, celle de Mathis. Il aimante les autres personnages, non pas marginaux comme il apparaîtrait à un regard superficiel, mais infiniment rebelles, traversés par le désir irrépressible d'une autre vie commune que celle qui leur est assignée par la société.

Comme le disait en son temps un autre poète, Allen Ginsberg : « Ressaisissez-vous, changez votre attitude, trouvez votre communauté, soyez plus attentifs à vos amis, à votre travail, à votre art et faites quelque chose pour votre propre éternité. »

Antoine Glémain

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Programmateur


Le Vox Mayenne
Paroles de programmateurs

À PROPOS DE RÊVES DE JEUNESSE

Rêves de jeunesse, par le souffle poétique qui le traverse de part en part, s'autorise des embardées qui nous poussent à repenser ce que nous avons en commun. Alain Raoust saisit les corps qu'il filme avec délicatesse, captant des ondes aussi ténues que le passage du vent dans les yeux de Salomé Richard, la jeune comédienne principale, que la force d'une musique rock solaire, ou le bruissement d'une chanson entonnée a capella entre deux êtres. La hargne bienvenue de Jess, jeune femme sortie d'une télé-réalité, toute en feu et en excès, est le miroir inversé de Salomé, toute en eau et en vent. C'est à l'intérieur de cette dichotomie que le film puise son intensité, qu'il ouvre des brèches sur un monde où palpitent encore des cœurs vaillants. On a envie de danser, rire et pleurer avec elles, de changer le monde.

Tout paraît s'inscrire dans une temporalité qui semble être la nôtre. Mais il subsiste pourtant quelque chose d'intemporel dans ce récit d'une jeunesse qui n'a pas choisi le monde tel qu'il est. Une jeunesse bien décidée à croire en sa propre histoire, à repenser l'utopie.

 

A poetic breath blows throughout As happy as possible, allowing narrative swerves, which make us think what common grounds we share. Alain Raoust arrests the bodies he films with gentleness, seizing tenuous ripples such as the wind in the eyes of the young lead actress Salomé Richard, or the strength of a solar rock music, or the rustle of an a capella song between two beings. The welcomed hostility of Jess, a character out of a reality TV show made of fire and excess, is the inverted mirror of Salomé, all wind and water. The film draws its intensity from this dichotomy, which allows us to break into a world where brave hearts still thrive. One wants to dance, laugh and cry along with them, to change the world.

It all seems to happen in a time which could be ours. But something everlasting remains in this story of a youth which has not chosen the world as it is. A youth determined to believe in its own story, and reconsider utopia.



Sylvie Ballyot

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cinéaste


Idir Serghine

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Cinéaste


Paroles de cinéastes

Invitations aux spectateurs - Rêves de jeunesse

Le lieu comme point de départ

A l'instar de ses deux précédents longs-métrages, La Cage (2002 - Prix FIPRESCI Locarno) et L'Eté indien (2008), Alain Raoust a choisi de tourner Rêves de jeunesse dans le Haut Verdon de son enfance. Celui qui s'envisage volontiers comme un cinéaste-géographe arpente ainsi ce territoire familier à la recherche d'espaces recelant des potentialités de récits, des lieux où la fiction viendrait s'enraciner dans le réel. Au cours du processus de création, l'écriture du scénario est ainsi indissociable d'un territoire préexistant dans lequel l'imaginaire pourrait se mettre au travail. De là partiront également les choix de mise en scène : Comment architecturer un lieu ? Comment cadrer en fonction de sa géographie, de ses reliefs ? Quels sont les rapports de force, et comment y faire circuler les personnages ? Le décor principal de Rêves de jeunesse, une déchetterie de village, contient en lui-même une charge symbolique aussi puissante que contrastée. Espace clos mais à ciel ouvert, elle est hors du monde mais elle en reçoit la mémoire, chacun venant à tour de rôle y déposer des objets du passé. En cela elle devient le réceptacle de tous les possibles, et c'est sans doute pour cette raison que Salomé, en quête de nouvelles perspectives, a su investir cet endroit en y voyant autre chose qu'un espace de rebut et de ruine. Creuset au sein duquel vont se fondre les différentes énergies des personnages, la déchetterie forme la première étape d'une trajectoire émancipatrice, menant au territoire matériel et mental que sont les cabanes construites par Mathis : lieux de retrait plutôt que territoires de repli, où l'on choisit temporairement de prendre de la distance avec le monde, prendre du recul pour mieux le voir, et « s'organiser pour apprendre à s'aimer vraiment ».


Assumer l'optimisme. Et si une autre fin était possible ?

Tout en proposant un regard lucide sur la société contemporaine et la désespérance sociale qui la traverse, le film d'Alain Raoust s'inscrit volontairement du côté de ceux qui rêvent et qui ne perdent pas espoir. Peut-on encore envisager un épilogue heureux ? Le cinéaste prend le parti réjouissant de faire un pied de nez à toute logique narrative menant à la déploration. Dans une entorse vivifiante à la règle, il oppose un optimisme solaire teinté de romanesque, dont les accents lyriques n'ôtent en rien la portée politique du film. Il nous interroge sans détour sur notre rapport aux utopies. De quoi un mouvement de contestation est-il l'expression quand il s'achève ? Qu'est-ce qui va naître à partir de là ? De quoi, après la disparition d'une utopie, peut-on s'emparer de concret ? Salomé répond à la question. Une nouvelle utopie. Comme dans une course de relais...

Article

ACID Cannes 2019 : les Films d'ouverture et de clôture

FILMS D'OUVERTURE & DE CLÔTURE


Chaque jour qui passe apporte avec lui son lot de matraquage réel et médiatique. En France, en Europe et au-delà, des citoyen·ne·s, parce qu'ils osent mettre en branle leur puissance d'agir sur le monde, parce qu'ils entreprennent de se réapproprier des espaces communs, d'inventer des modes de vie réellement démocratiques, voient leurs initiatives souvent violemment réprimées.

A l'ACID, nous n'avons pas renoncé au cinéma en tant que mode d'action, d'intervention : l'action culturelle comme forme de résistance aux injonctions et aux rappels à l'ordre, l'art comme territoire où les oppositions peuvent librement s'exprimer, se réconcilier, se dépasser.

Ouvrir notre programmation ACID Cannes le 15 mai par les Rêves de jeunesse d'Alain Raoust, c'est la placer dans cette perspective de résistance, de lutte, pensée depuis et pour un espace concret, situable, éminemment réel et incarné. La fiction aussi, comme Zone À Défendre et comme une arme de plus dans notre arsenal pour réparer le réel par l'imaginaire.

Cette réparation des plaies du réel, c'est aussi celle qui anime l'Apôtre Médard, protagoniste du film de clôture Kongo (Hadrien La Vapeur et Corto Vaclav) le 23 mai. Avec ce film, la résistance à la globalisation du monde se prolonge dans des ramifications inattendues, jusqu'aux corps invisibles des sirènes qui viennent s'échouer sur les rives du fleuve Congo.  


Entre ces deux films, entre ces deux pôles, tout un monde de cinéastes qui refusent les états de fait et nous aident, par le truchement de leur regard, à reprendre confiance en notre capacité à agir. Alors, action !

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Reprises ACID Cannes 2019

À la rentrée, retrouvez l'ensemble de la programmation ACID Cannes 2019 en France et à l'International !

> En savoir plus ici

Actualité

Découvrez les films de l'ACID Cannes !

L'ACID est de retour de Cannes où la programmation de 9 long-métrages et d'un focus ACID TRIP #3 Argentine a connu un grand succès à la fois critique, professionnel et public avec une augmentation de fréquentation de 10%.

Merci à toutes les équipes de films et aux acteurs précieux de cette chaîne solidaire : cinéastes, spectateurs, producteurs, exploitants, distributeurs, vendeurs et partenaires, qui permettent aux films sans distributeurs de trouver le chemin des salles.

Ainsi,

Rêves de jeunesse sortira chez Shellac le 31 juillet

• Vif-Argent chez les Films du Losange le 28 août

L'Angle Mort chez Rouge le 16 octobre

Des Hommes chez Rezo

Indianara chez New Story

Kongo chez Pyramide

Et d'autres nouvelles à venir.


En attendant les sorties, les films débutent leur carrière dans les festivals du monde entier dès le mois de juin, à commencer par le Festival de La Rochelle, le Festival du Film de Cabourg, le Champs-Elysées Film Festival

Nous vous donnons également rendez-vous pour les reprises de l'intégralité de la programmation ACID Cannes 2019 : à Paris au Louxor du 13 au 15 sept., à Lyon au Comoedia & à Marseille (La Baleine / Gyptis) du 4 au 6 oct., à Ajaccio à l'Ellipse du 11 au 13 oct., et à l'international : Tanger, Belgrade, Lisbonne, Porto...


Au plaisir de vous y retrouver !

Édito

L'ACID dévoile sa programmation pour l'ACID Cannes 2019 !

Les cinéastes de l'ACID auront le plaisir de présenter à Cannes un programme de 9 longs-métrages dont 7 premiers longs, en présence des équipes de films et de leurs marraines et parrains de l'ACID. Sur les 5 fictions et 4 films documentaires présentés, 4 ont été réalisés ou co-réalisés par des femmes.

Ce programme est enrichi d'un focus sur le cinéma argentin, l'ACID TRIP #3 Argentine, en partenariat avec l'association de cinéastes PCI. 


« Face aux changements profonds du monde, la programmation 2019 fait la part belle aux lignes de fuite, à ces chemins par lesquels se construisent des destins, où les corps plutôt que de disparaitre ou se soumettre affirment leur présence comme point de départ d'une résistance à organiser. 

Récits fantastiques, fables émancipatrices, réalisme documentaire ? Le cinéma dont nous nous nourrissons se joue des catégories, articule des alliages esthétiques inédits ou revisités. Les personnages transcendent moins leur destin pour tendre à l'universel qu'ils ne l'incarnent dans leur singularité, leur intensité, nous offrant ainsi un accès privilégié à ce qui nous est étranger. Curieux paradoxe ? Bien plutôt le moyen, pour nous cinéastes, de mettre encore et encore le monde en partage. »

Les cinéastes programmateurs 2019

Sylvie Ballyot, Aurélia Barbet, Marta Bergman, Michaël Dacheux, Marina Déak, Delphine Deloget, Jean-Louis Gonnet, Diego Governatori, Hanna Ladoul, Marco La Via, Vladimir Perišić, Clément Schneider, Idir Serghine, Christian Sonderegger, Laure Vermeersch.


LA PROGRAMMATION ACID CANNES 2019 :


L'ACID TRIP#3 ARGENTINE :


La 27e édition de l'ACID Cannes se tiendra du mercredi 15 au vendredi 24 mai 2019.

> Retrouvez toutes les informations ici <


ACID filmmakers are thrilled to present this year in Cannes, a program of 9 feature-length films of which 7 are first time features. Films will be shown in the presence of the film crews and of their supporting filmmakers from ACID.

5 fictions and 4 documentaries, 4 of which were directed or codirected by women.

This program is enhanced by a focus on Argentinian cinema, ACID TRIP#3ARGENTINE, in partnership with Argentinian filmmakers of the PCI.


« As the world faces deep changes, this 2019 ACID program honors vanishing points and celebrates paths with which destinies are built, where bodies instead of disappearing or submitting, assert their presence, as a starting point for organized resistance.

Tales of fantasy, emancipatory fables, documentary realism? The cinema on which we thrive defies categories, articulates unseen or forgotten esthetical blends. Characters do not so much transcend their destiny to reach for the universal, rather they embody their destiny within their singularity and intensity. Granting us privileged access to what is strange, foreign. A curious paradox? Rather the means for us filmmakers, forever and again, to share the world. »

Programmers filmmakers 2019

Sylvie Ballyot, Aurélia Barbet, Marta Bergman, Michaël Dacheux, Marina Déak, Delphine Deloget, Jean-Louis Gonnet, Diego Governatori, Hanna Ladoul, Marco La Via, Vladimir Perišić, Clément Schneider, Idir Serghine, Christian Sonderegger, Laure Vermeersch.



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