Nous les Coyotes

Un film de Hanna Ladoul et Marco La Via

Nous les Coyotes

Un film de Hanna Ladoul et Marco La Via

France - 2018 - 87 min

Amanda et Jake ont la vingtaine et veulent commencer une nouvelle vie ensemble à Los Angeles. Rien ne se passe comme prévu pour le jeune couple. Leur première journée dans la cité des anges va les emmener de déconvenues en surprises d’un bout à l’autre de la ville.

Amanda and Jake are in love and want to start a new life in Los Angeles. Will they make the right decisions? The first 24 hours of their new life will take them all around the city, bringing them more surprises and frustrations than expected.

Avec :
Morgan Saylor , McCaul Lombardi , Betsy Brandt , Khleo Thomas , Lorelei Linklater , Cameron Crovetti , Nicholas Crovetti , Vivian Bang et Ravil Isyanov

EN SALLE

Sorti le 12 décembre 2018

En salle

A propos de Nous, les coyotes

Le rêve américain est notre pain quotidien. Happé par la puissance évocatrice de ce territoire à conquérir, Nous, les coyotes nous invite à suivre un jeune couple débarquant à Los Angeles pour y vivre son propre rêve. Leur désir d'émancipation, de réalisation de soi se confronte tout au long du film à la réalité brutale d'une société produisant autant d'illusions que de laissés-pour-compte. Alors comment continuer à y croire, comment continuer à s'aimer lorsque l'horizon s'obscurcit irrémédiablement ? C'est ici que le couple de cinéastes, comme en écho à leurs propres héros, par leur regard à la fois tendre et précis, nous offre peut-être la solution.  


Et si plutôt que d'entrer en guerre contre le monde, il s'agissait plutôt de se laisser dériver jusqu'à sa marge afin d'y trouver refuge et réconfort ? S'engager vers cette destination demande d'abandonner ses certitudes, de détourner le regard de ce qui brille, de porter attention au fragile scintillement de nos désirs enfouis. Dans un même mouvement, les cinéastes français offrent par leur mise en scène un regard renouvelé sur l'esthétique du cinéma indépendant américain dont ils s'inspirent. Tout en assumant la filiation, ils s'en libèrent par un récit qui évite le piège des clichés éculés. Portés par la justesse des acteurs, ils s'attachent à restituer la poésie souterraine du territoire qu'ils filment. Vivre le monde de l'intérieur, en connaître ses règles ne suffit pas pour en saisir sa véritable nature. Il faut, comme semble le suggérer Nous, les coyotes, en arpenter les abords, prendre de la hauteur. Pour le réinventer.


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We crave the American dream. We are haunted by the evocative power of this territory to conquer, We the Coyotes invites you to follow a young couple driving to Los Angeles to live their own dream. Their desire for emancipation and fullfilment is confronted throughout the film with the brutal reality of a society producing as many illusions as the price you pay for them. How can one continue to believe in it, how can one continue to love oneself when the horizon becomes irrevocably darkened? It is here that these filmmakers, as echoing their own heroes by their look both tender and stern, offers us perhaps, the solution.

And if rather than go to war against the world, its best to let yourself drift to the edge to find refuge and comfort? Committing to this destination requires abandoning one's certainty, turning one's gaze away from what shines, paying attention to the fragile flicker of our hidden desires. In the same movement, these French filmmakers offer us, by their mise en scène, a renewed look at the aesthetics of American independent cinema from which they took inspiration. While assuming their responsibilities, they free themselves by a story that avoids the trap of worn clichés. Driven by the accuracy of the actors, they strive to restore the underground poetry of the country they film. To live the world from the inside, to know its rules is not enough to grasp its true nature. It is necessary, as suggested by We The Coyotes, to walk the edges, to gain height. To reinvent it.

Idir Serghine

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Cinéaste


Paroles de cinéastes

A propos de Nous les Coyotes

24h dans la vie d'un jeune couple américain. 24h pour amorcer un nouveau départ. 24h pour se confronter au monde. Dans Nous les Coyotes, deux jeunes cinéastes français traversent l'Atlantique et proposent une variation sur la figure du rêve américain via le voyage à Los Angeles de deux jeunes amoureux. En écho à leur propre histoire, ce road trip superbement interprété par Morgan Saylor et McCaul Lombardi (vus dans Homeland pour l'une et dans American Honey pour l'autre), est un récit initiatique filmé au plus près des corps et des visages. En arrière-plan, floue et inquiétante, se devine une ville, Los Angeles. Cette usine à rêve et cité des stars se révèle brutale, produisant autant d'illusions que de laissés-pour-compte. L'horizon de la jeunesse y semble obstrué, la caméra délimitant un cadre serré laissant peu de place à l'échappée belle. Pourtant, tout au long de cette journée, les personnages y évoluent au gré de leurs désirs et de leurs combats, suivant la courbe de leurs espoirs et de leurs désillusions. Se jouant des archétypes, le récit surprend et le regard des cinéastes à la fois tendre et précis laisse affleurer la poésie souterraine du territoire qu'ils filment. Ce très beau premier film emprunte à l'esthétique du cinéma indépendant américain un goût certain pour la marge, l'intensité et la liberté. Le manque de moyens impose une mise en scène inventive et sur le qui-vive : la trajectoire incertaine des personnages est filmée dans le mouvement de la vie, portée par une bande-son originale qui se fait le reflet de leurs émotions mais aussi de la création musicale actuelle. La dimension d'auto-fiction du récit est d'emblée contrebalancée par le naturel des personnages de fiction, toujours justes et tendus vers un futur à construire, à inventer. Un futur où l'amour devra être au centre…

Sylvie Buscail

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Programmatrice


Ciné 32 Auch
Paroles de programmateurs

L'ACID dévoile sa programmation pour l'ACID Cannes 2018 !

Cliquez ici pour télécharger l'agenda des séances / Click here to download the agenda


Pour sa 26ème édition, les cinéastes de l'ACID auront le plaisir de présenter à Cannes un programme de 9 longs métrages dont 8 premiers longs, qui seront présentés et accompagnés par les cinéastes de l'association et les équipes des films. 11 cinéastes accueillis à l'ACID, dont 7 femmes.

Ce programme est enrichi d'une séance spéciale « ACID Patrimoine », d'un focus sur le cinéma portugais, l'ACID TRIP #2 Portugal -- et d'une séance spéciale « sortie prochaine » de Mirinda, Avant l'aurore de Nathan Nicholovitch.


« Ausculter le monde, trouver au fond de soi le geste le plus juste pour en témoigner, le rejeter, puis l'aimer encore et à nouveau. Le filmer en réinventant sans cesse le regard. Saisir ses névroses carabinées comme sa folie douce, discerner la force vitale, résistante et libre des êtres comme la fragilité imprévisible de leur destin et la vanité de leurs ambitions, mais toujours célébrer quelque part leur délicate et éphémère beauté de vivants. Ainsi font les cinéastes qui ont frappé à notre porte cette année, riches de la variété de chacune de leurs propositions formelles et de chacun de leurs récits. »

Les cinéastes programmateurs 2018

Aurélia Barbet, Laurent Bécue-Renard, Karim Bensalah, Marie Dumora, Alice Fargier, Philippe Fernandez, Jean-Louis Gonnet, Ilan Klipper, Mathieu Lis, Chloé Mahieu, Vladimir Perisic, Lila Pinell, Idir Serghine, Pierre Vinour.


LA PROGRAMMATION ACID CANNES 2018 :


L'ACID TRIP#2 PORTUGAL :


LES SÉANCES SPÉCIALES : 


La 26e édition de l'ACID Cannes se tiendra du mercredi 9 au vendredi 18 mai 2018.

Retrouvez toutes les informations ici

Article

We Can Work it Out - News #5

Le 16 avril 2020


C'est avec une immense tristesse que nous vous annoncions hier l'annulation de l'édition 2020 de l'ACID Cannes. Tous les films qui nous ont été proposés continuent d'être visionnés par les treize cinéastes programmateurs et au fil des jours, s'adaptant aux évolutions et aux annonces sanitaires, nous pensons ce que pourra être une autre façon cette année de labelliser, promouvoir, soutenir les films sur lesquels les cinéastes ont des coups de cœur.

Mais l'ACID n'est pas que Cannes.

Nous travaillons aussi tout au long de l'année pour programmer et accompagner le cinéma indépendant aux quatre coins de France et à l'international lors de rencontres entre cinéastes et équipes de films.

Quand les salles de cinéma rouvriront, nous aurons ainsi le plaisir d'accompagner les sorties des très beaux EVA EN AOÛT de Jonás Trueba, 143, RUE DU DESERT d'Hassen Ferhani, MAUDIT ! d'Emmanuel Parraud, TAKE ME SOMEWHERE NICE d'Ena Sendijarević.

Mais aussi les films dont l'élan a soudainement été été brisé par la fermeture des salles : DES HOMMES d'Alice Odiot et Jean-Robert Viallet et SI C'ETAIT DE L'AMOUR de Patric Chiha, dans un marché que nous espérons régulé au moins de manière exceptionnelle.

Aux côtés de tous nos partenaires, nous reprendrons également nos actions d'éducation populaire, que ce soit via l'organisation de rencontres scolaires, via l'ACID POP ou l'animation de nos réseaux de spectateurs et jeunes ambassadeurs.

En attendant de vous retrouver et vous embrasser de près, quelques mots de Clément Schneider, vice-président de l'ACID, pour oser imaginer la suite du monde.


Les cinéastes et l'équipe de l'ACID


PROPOSITIONS VOD : EN LUTTE

REPRISE de Hervé Le Roux


Le 10 juin 1968, des étudiants en cinéma filment la reprise du travail aux usines Wonder de Saint-Ouen. Une jeune ouvrière en larmes crie, dit qu'elle ne rentrera pas.

1997 : le réalisateur Hervé Le Roux part à la recherche de cette femme en rencontrant d'anciens ouvriers, militants et syndicalistes, en leur donnant la parole. Cette enquête amoureuse et cinématographique, quasi obsessionnelle, va dérouler un pan d'histoire enfoui.


Soutenu par l'ACID en 1997 ainsi qu'à sa ressortie en 2018 - A regarder en VOD sur Tënk


LA BATAILLE DE SOLFÉRINO de Justine Triet


6 mai 2012, Solférino. Laetitia, journaliste télé, couvre les présidentielles. Mais débarque Vincent, l'ex, pour voir leurs filles. Gamines déchaînées, baby-sitter submergé, amant vaguement incrust', avocat misanthrope, France coupée en deux : c'est dimanche, tout s'emmêle, rien ne va plus !


Soutenu par l'ACID en 2013 - Les options VOD


UN PEU DE LECTURE...


 « [...] Aujourd'hui, alors que l'épidémie et le confinement nous ont obligé à déserter les salles de cinéma, il est sans doute encore plus nécessaire de prendre le risque d'imaginer l'avenir. D'oser l'imaginer. Avec audace, avec fierté. Avec humilité, aussi. Nous ne jouerons pas les faux-prophètes : ceux-là planifient des bifurcations, qui se révèlent être parfois le trajet retour le plus direct vers le « toujours-déjà » des pragmatistes ou des fatalistes. Nous, plus modestement, ne savons pas où nous mèneront nos pas, mais nous savons que nous voulons arpenter des chemins de traverse.

Des chemins de désirs, d'idées et d'horizons ouverts ; des chemins suffisamment larges pour que nous y avancions de concert, refaisant l'expérience incommensurable de la joie d'être ensemble, dans un ici et maintenant habité par nos mots et nos regards, entre lesquels ne s'interposeront plus écrans d'ordinateurs, masques et filtres...

[...] C'est pour cela peut-être que, finalement, nous aurons besoin du cinéma et des cinéastes. Pour la suite du monde. Pas pour nous distraire, mais pour enraciner l'avenir dans le présent et continuer d'opposer aux puissances de morts qui nous assaillent et nous assailliront encore l'infatigable persistance de toutes les formes de vie que le cinéma – et les arts, en général – fait bruire vingt-quatre ou vingt-cinq fois par seconde.

Ouvrons ici, donc, un chemin de traverse : faisons l'expérience du partage de nos désirs, de nos rêves, de nos idées pour un après qui en vérité commence maintenant. Le possible n'est pas devant nous : il est dans le sol sur lequel nous marchons. Descendons de nos tribunes – les journaux en sont déjà pleins – et allons gratter un peu dans la terre. Car là encore, je veux y croire : nous ne serons pas seuls. »


Le cinéaste de l'ACID Clément Schneider

> Lire l'intégralité du texte ici <

« "Non, je me mettrai plus les pieds dans cette taule !". En ces temps de drames, de sacrifices, n'est-il pas nécessaire d'imaginer l'après pandémie afin que l'horizon soit moins bouché ?


[...] Au-delà du cinéma, à la fin de cette épidémie, on nous demandera de reprendre le cours de nos vies. Ou, plutôt, le cours de la vie économique qui nie le pluriel de nos existences. Certains voudront repartir comme avant. Relancer la machine sans réformer en profondeur. Or nous voilà face à une occasion historique pour changer de cap.


Parce que nous refusons d'aller droit dans le mur. Parce que nous savons, qu'en plus du Covid-19, les virus qui nous tuent s'appellent aussi Cac-40, Nasdaq-100, S&P-500. Parce que nous savons que nos gouvernants ont des boussoles faussées par la doxa ultra libérale. Parce que l'aveuglement mais aussi le zèle de ceux qui administrent dans l'esprit de ceux qui gouvernent est pesant. Parce que nous en avons marre du couplet "Ah, mais faut pas rêver, c'est pas possible!". Alors, à l'heure du déconfinement, il faudra dire : "Non, je mettrai plus les pieds dans cette taule!" et ne pas écouter les gardiens du temple qui seront nombreux à pousser à la reprise du travail dans l'idée que nous avons assez perdu de temps comme cela.


Cette épidémie nous fera-t-elle changer de paradigme ? A minima, elle devrait libérer la parole. N'ayons plus peur de nommer nos désirs, de penser le monde différemment. N'a-t-il pas été égrené, ces dernières semaines, que le monde d'hier ne sera plus celui de demain ? L'urgence est cette prise de conscience afin d'éviter le constat que faisait Daniel Defoe dans son livre sur la peste à Londres : "Toutes choses reprirent leur cours peu désirable, redevenant ce qu'elles étaient auparavant." »


Le cinéaste de l'ACID Alain Raoust

> Lire l'intégralité du texte ici <


D'autres prises de parole sont à venir dans les prochaines semaines.


...ET DE LA MUSIQUE

Morceau entendu dans NOUS LES COYOTES de Hanna Ladoul & Marco La Via


Et pour celles et ceux qui sont plutôt team podcasts ; on vous propose de réécouter la cinéaste Marta Bergman à propos de son film SEULE A MON MARIAGE dans Le réveil culturel, l'émission de Tewfik Hayem sur France Culture : « L'Europe de Pamela, jeune femme roumaine et rom, dans un film belge documenté ».


  • La Cinémathèque française lance sa plateforme de films rares et restaurés : Henri. Tous les soirs, un nouveau ou plutôt un ancien film en ligne.

  • Les cinémas de l'Hexagone continuent de se mobiliser pour proposer des films (notamment sur La Toile) et conserver le lien avec tous leurs publics.

    > Un bon exemple avec ce nouveau rendez-vous sur Zoom le dimanche 19 avril à 17h, pour une rencontre avec le cinéaste de l'ACID Sébastien Laudenbach (LA JEUNE FILLE SANS MAINS) sur « Les secrets de la fabrication d'un film d'animation » ; dans le cadre de La Baleine chez soi.

  • Pendant toute la durée du confinement, Brefcinema (l'offre de SVOD éditée par l'Agence du court métrage) propose chaque mercredi 3 nouveaux courts en accès libre pendant 7 jours. Également mise en place, une rubrique ludique et pédagogique dédiée aux plus petits.

  • Plein de films ACID à voir... entre autres, BEAU TRAVAIL de Claire Denis, visionnable gratuitement ici grâce à Visions du Réel ; THUNDER ROAD de Jim Cummings : sur OCS jusqu'au 30 juin ; et Télérama qui nous propose de nous replonger dans L'AMOUR DEBOUT de Michaël Dacheux.

  • Et bientôt en DVD : INDIANARA d'Aude Chevalier-Beaumel et Marcelo Barbosa (préventes disponibles ici) ainsi que MICKEY AND THE BEAR d'Annabelle Attanasio (prévenues avec une réduction de 10% ici).

  • Et l'article pour finir : Télérama, Le Figaro ou encore Première reprennent l'annonce de l'annulation des trois sections parallèles du Festival de Cannes.

Ça vous fait ça aussi les allocutions présidentielles ?

(images tirées de TWENTYNINE PALMS, Bruno Dumont - Soutenu par l'ACID en 2003)

> Contenu à retrouver également sur les sites de nos partenaires Mediapart et Télérama <


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