de Pascal Kané
En ce temps de bilan, parler de la Shoah aussi doucement, calmement, humoristiquement, a-t-on presque envie de dire, n'est pas sans déranger. Najman a su trouver la manière, ni documentaire, ni hagiographique, mais biographique et familiale.
À propos du film : La Mémoire est-elle soluble dans l'eau... ?
de Henri Herré
Quand la violence est devenue le support obligatoire et irréfléchi du cinéma, son astuce grossière, voici un film qui la saisit loyalement à sa racine. Loin des constructions paranoïaques avec héros dressés contre le mal, Christine Carrière nous expose la vérité de la tragédie comme affleurement de notre part maudite – aussi souterraine que partagée.
À propos du film : Rosine
de Paul Verstraten
Drôle de film que celui de Michel Spinosa. A la fois classique, contemporain et romantique. Ca fait beaucoup trop ? Pas pour moi. Au contraire. L'histoire a, en quelque sorte déjà eu lieu avant que le film ne commence : une femme et un homme se retrouvent après tant d'années de séparation pour revivre leur passion.
À propos du film : Emmène-moi
Jusqu'où ? Le film de FINKIEL pose la question obsédante du devenir de l'homme dans une société qui accepte - sous la contrainte du produire plus pour consommer sans modération - son absence d'humanité.
À propos du film : Nulle part, terre promise
de Serge Le Peron
Si Le complexe de Toulon était un film psychologique, il raconterait l'histoire d'un personnage aux prises avec un avatar du fameux complexe oedipien : cela expliquerait peut-être pourquoi cet homme déteste le théâtre. Si c'était un film politique, cet acteur serait toulonnais et chercherait, sur les planches, à oublier la victoire dans sa ville de l'extrême droite aux dernières municipales.
À propos du film : Le Complexe de Toulon
de Pascal Deux
Uzak, un cœur en hiver. Il en est des films comme des cèpes. Le plaisir qu'on prend à les déguster est d'autant plus grand qu'on les a trouvés par hasard. En m'asseyant dans la salle juste au moment où le projectionniste envoyait la bobine, je ne savais rien de Nuri Bilge Ceylan, ni sa nationalité, ni s'il avait fait des films auparavant, et n'avais rien lu sur Uzak. Ce fut une chance formidable car c'est toujours un bonheur précieux de découvrir comme aurait dit Bresson, un metteur en scène de cinématographe.
À propos du film : Uzak
J'ai toujours trouvé que l'essence du cinéma - son bouleversement le plus profond - résidait dans cette faculté troublante à ressusciter les morts, à battre en brèche l'inexorable avancée de la mort : Vertigo, Allemagne année zéro, Pierrot le fou, Mouchette, etc... J'en sors chaque fois brassé et gorgé d'un désir absolu de vivre. Haut les cœurs ! est de ces films menant ce combat surhumain et inégal : un film comme un cri de vie, un hurlement, un éclat de rire formidable jeté à la face de la mort.
À propos du film : Haut les coeurs !
de Serge Le Peron
On est frappé d'emblée par la justesse de Chacun pour soi : des jeunes gens, le service militaire, le Nord... Le casting, les situations, les décors, les costumes, les dialogues... tout sonne juste, tout est vrai : les personnages, leurs désirs, leur tourments... Tout l'art de Bruno Bontzolakis consiste à faire fonctionner son récit, à activer sa fiction sans jamais perdre cette justesse quasi documentaire des corps qu'il filme, à ne céder à aucune des sirènes fictionnelles que les prémices du scénario auraient pu permettre.
À propos du film : Chacun pour soi
de Djamel Ouahab
Ma Caméra et moi est un film qui pourrait raconter l'histoire de nombreux réalisateurs. Celle de leurs premiers pas dans le monde du cinéma. Mais là n'est pas l'essentiel du film. Ce n'est qu'un point de départ, qui sait peut-être autobiographique, pour raconter l'histoire d'un homme qui va, coûte que coûte, produire des images par amour de la pellicule.
À propos du film : Ma Caméra et moi
Film admirable que celui de Jacques Kébadian, parce que vrai film de cinéaste : cet amour des gens, cet infini respect, cette fascination constante pour la multitude des petits gestes qui font la vie d'une famille (parmi tant d'autres) réfugiée dans cette arche de Noé de l'église St Bernard : je pense par exemple, à cette image d'un gamin s'évertuant à souffler la bougie que sa mère tente vainement de tenir allumée durant une veillée...
À propos du film : D'une brousse à l'autre