Depuis quelques années, je tente de (ré) concilier mon regard à un monde qui se dérobe. Je m'oblige ainsi à une réflexion sur l'art en général, à ses devoirs sans droits et à ses tenants le plus souvent sans aboutissants immédiats. Je m'applique aussi dans quelques réunions associatives à ne pas trop imposer ni exposer ma présence sur des choix ou des partis pris que d'autres défendent mieux que moi.
À propos du film : L'Esquive
de Ali Akika
Il était une fois un monde et une époque où le moteur de nos rêves était l'espoir, un monde où les acteurs de l'Histoire avec un grand H avaient de la classe et du panache, un monde où les intellectuels fricotaient avec les dandys lesquels étaient fascinés par le milieu des malfrats et autres « mauvais garçons », un monde enfin où le cinéma était à la hauteur de son époque, sortant de l'hexagone pour aller embrasser la planète. Ainsi la mélancolie et la nostalgie suintent dans les lieux et à l'époque du film J'ai vu tuer Ben Barka, de Serge Le Péron coréalisé avec Saïd Smihi.
À propos du film : J'ai vu tuer Ben Barka
de Paul Verstraten
Drôle de film que celui de Michel Spinosa. A la fois classique, contemporain et romantique. Ca fait beaucoup trop ? Pas pour moi. Au contraire. L'histoire a, en quelque sorte déjà eu lieu avant que le film ne commence : une femme et un homme se retrouvent après tant d'années de séparation pour revivre leur passion.
À propos du film : Emmène-moi
Après La Petite amie d'Antonio, un film comme une invite discrète de l'auteur à venir boire un verre chez lui, à la campagne au coin du feu, loin des flons flons de la ville, avec ses potes, sa femme, son âne et ses chiens. Film de famille en quelque sorte.
À propos du film : ... À la campagne
Les Corps ouverts est un film envoûtant. Rien ne nous sera imposé, ni la sacro-sainte histoire, ni aucun jugement ou analyse. Il faut tout ouvrir comme disent les danseurs, s'ouvrir au film comme son jeune personnage s'ouvre au monde.
À propos du film : Les Corps ouverts
Naomi Kawase met en jeu un geste cinématographique qui est pour moi de la même nature que celui du théâtre Kabuki. Son film Shara montre en dissimulant, perçoit les chuchotements. Parce qu'elle cherche et trouve la grâce dans l'apparente banalité des jours qui passent, elle peut nous donner à voir et à entendre, l'air de rien, la violence des sentiments retenus.
À propos du film : Shara
Un immeuble qui sort de la matière au cinéma, une caméra qui tangue, de la pellicule qui ne serait ni noire ni blanche mais qui aurait choisi d'être trace du monde et mémoire du cinématographe.
À propos du film : Pages Cachées
de Pomme Meffre
C'est un film sur l'intégration, sur la possibilité de vivre ses deux cultures si différentes : l'une enracinée profondément à une histoire, à des coutumes, à un pays, l'Algérie, l'autre ancrée dans une réalité quotidienne en France. Mais c'est en particulier des femmes dont parle ce film.
À propos du film : Souviens-toi de moi
de Pascal Kané
En ce temps de bilan, parler de la Shoah aussi doucement, calmement, humoristiquement, a-t-on presque envie de dire, n'est pas sans déranger. Najman a su trouver la manière, ni documentaire, ni hagiographique, mais biographique et familiale.
À propos du film : La Mémoire est-elle soluble dans l'eau... ?
de Judith Cahen
Ce film m'a fait rire aux larmes. Il appartient à la veine des films que j'appellerais "films de grands adolescents attardés", comme on dit "films d'amour" ou "films de guerre" et dont le chef d'oeuvre classique du genre est, pour moi, les Vittelloni de Fellini.
À propos du film : Les Apprentis