de Serge Le Peron
A force de considérer Mai 68 comme une évidence, il est devenu une énigme. Une énigme qu'il appartient donc aux générations futures de décrypter. Aux descendants des enfants de Marx et Coca Cola de s'y coller. Avec les moyens du cinéma, pourquoi pas… C'est sur ce postulat ludique que se construit le film de JHR.
À propos du film : Code 68
La Raison du plus fort est un film étonnant et détonnant. Le film s'ouvre sur d'impeccables travellings parcourant les couloirs d'une usine récemment abandonnée : la voix du réalisateur surgit et s'interroge : « que sommes-nous en train de faire ? »
À propos du film : La Raison du plus fort
Entre deux termes il ne faudra pas confondre, s'il vous plaît : entre « irréconciliable » et « inconciliable », par exemple. Dans El Cantor, il est question de la « tristesse irréconciliable » de chants yiddish, ce chant des pères dont la voix s'est perdue et que seuls les microsillons grésillants dans une arrière-boutique du Havre raniment brièvement. Or El Cantor est drôle, le plus souvent.
À propos du film : El Cantor
de Oren Nataf
Dans Oublier Cheyenne, deux femmes qui continuent de s'aimer, tentent « à corps perdu » d'oublier leur relation passionnelle. L'une, contrainte par la réalité économique (suite à un chômage de trop longue durée) a fui hors de la ville, poussée par son dégoût de la société. L'autre, professeur de chimie, est en revanche bien ancrée dans le monde.
À propos du film : Oublier Cheyenne
L'enfance de l'art, quand je regarde les films de Pierre Creton ce sont les premiers mots qui me viennent à l'esprit. Je suis admirative, oui, tout paraît si simple « c'est l'enfance de l'art » ; je redécouvre pourquoi le cinéma est né : retranscrire, figurer l'autre, nous et l'autre.
À propos du film : Secteur 545
J'ai immédiatement aimé la manière simple, dépouillée avec laquelle Edgardo Cozarinsky nous attirait dans son film ! Ronde de nuit est une fascinante confrontation entre Victor, jeune prostitué et la ville de Buenos-Aires.
À propos du film : Ronde de nuit
de Alain Mazars
Le scénario est inspiré d'une nouvelle assez cruelle de l'auteur des VESTIGES DU JOUR, Kazuo Ishiguro. Isabella Rossellini joue ici le rôle d'une baronne de l'industrie de la bière, mutilée des jambes suite à un accident de voiture, par un médecin alcoolique raté devenu chauffeur de taxi. Elle apparaît pour la première fois en blonde à l'écran, pour incarner un personnage intemporel et sulfureux d'infirme, appartenant à la famille des monstres de foire comme la femme à barbe et le bébé à deux têtes.
À propos du film : The Saddest Music in the World
Un homme face à la mer, c'est le premier plan du film. C'est un plan large : un homme en contre-jour face à aux vagues. Maintenant, on voit la vague toute seule, une main apparaît devant l'objectif, cherchant à boucher la vue, c'est la main de l'homme, off, une voix féminine proteste en riant, c'est donc elle qui filme.
À propos du film : Le Filmeur
Odessa, Odessa. América, América. La caméra de Boganim nous embarque – avec un bel hommage à Kazan - pour l'Amérique. On débarque à New York dans le quartier de Little Odessa.
À propos du film : Odessa... Odessa !
Je me Brune, tu te Blonde, et on se dérobe à nos vies pour voir si peut-être mon voyage en vaut ta chandelle. Qui mange qui ? Je suis Blonde. J'ai été Blonde. J'ai enfilé la robe de Brune pour voir comment c'est d'être Brune. J'ai presque été Brune.
À propos du film : Blonde et Brune